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Ottawa peut réglementer la pêche chez les Autochtones, maintient la nouvelle ministre

Joyce Murray regarde fixement devant elle d'un air sérieux.

Joyce Murray, ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, le 18 novembre 2021 à Halifax en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

La nouvelle ministre des Pêches, Joyce Murray, a effectué la semaine dernière son premier voyage au Canada atlantique depuis sa nomination dans ce rôle. Elle a offert peu de réponses concrètes sur les questions relatives à l’industrie des pêches et aux droits des Premières Nations.

Députée de Vancouver Quadra, Mme Murray a été assermentée comme ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne (ministère des Pêches et des Océans du Canada) le 26 octobre, succédant à Bernardette Jordan, qui a perdu son siège en Nouvelle-Écosse aux dernières élections fédérales.

De passage jeudi à Halifax, en Nouvelle-Écosse, la nouvelle ministre a réaffirmé la position d’Ottawa selon laquelle le gouvernement fédéral a le pouvoir de réglementer la pêche de subsistance convenable effectuée par les Autochtones.

Des bateaux de pêche au quai, la plupart ayant hissé un drapeau d'une nation autochtone.

Les bateaux des pêcheurs mi'kmaw de Sipekne'katik, le 20 septembre 2020, à Saulnierville, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Mark O'Neill

L’arrêt Marshall de la Cour suprême du Canada (Nouvelle fenêtre) avait en 1999 affirmé le droit des Premières Nations, en vertu de traités, de faire la pêche, la chasse et la cueillette dans le but de s’assurer un moyen de subsistance convenable.

Lorsqu’on lui a demandé si la pêche de subsistance des communautés autochtones devait obligatoirement s’effectuer durant les saisons de pêche commerciale désignées par son ministère — la position de sa prédécesseure Bernadette Jordan —, la nouvelle ministre a éludé la question.

Vous parlez à une ministre en poste depuis seulement trois semaines, a dit Joyce Murray. Ce que je vous dirai est que nous sommes responsables de la viabilité de la pêche, et les saisons de pêche en sont une composante clé.

C’est notre responsabilité de voir à ce que les pêches soient gérées de façon durable et que les pêcheurs locaux puissent en vivre, a-t-elle déclaré.

L’ancienne ministre des Pêches, Bernadette Jordan, avait été raillée par ses adversaires après avoir admis qu’elle n’avait jamais lu la décision Marshall de la Cour suprême (Nouvelle fenêtre).

Interrogée deux fois pour savoir si elle avait lu ce jugement, Joyce Murray n’a pas répondu directement, se bornant à dire qu’elle était au courant des éléments clés qui le composent.

Les aires protégées, dossier délicat en Nouvelle-Écosse

La ministre Murray a par ailleurs promis que le gouvernement fédéral serait à l’écoute du point de vue des pêcheurs commerciaux de homard, qui s’opposent à ce que les îles de la côte est (Eastern Shore Islands) en Nouvelle-Écosse deviennent une aire marine protégée.

Joyce Murray, debout, s'adressant à la Chambre des communes.

Récemment nommée ministre fédérale des Pêches, Joyce Murray représente la circonscription de Vancouver Quadra depuis 2008 à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le dossier stagne depuis des années. Le projet d’en faire une aire protégée avait été suspendu juste avant les élections fédérales de 2019.

Les pêcheurs mettent en doute les affirmations du ministère des Pêches et des Océans du Canada, qui soutenait qu’ils pourraient continuer de pêcher si cette aire était protégée.

Enfin, sur la question des quotas de sébaste dans le golfe du Saint-Laurent, Joyce Murray a déclaré que son ministère n’allait pas précipiter les choses.

Des sébastes.

La ministre ne veut pas précipiter la relance de la pêche au sébaste.

Photo : Pêches et Océans Canada / Claude Nozères

Un conflit se dessine entre plusieurs provinces concernant la réouverture de cette pêche. Le Québec et la Nouvelle-Écosse détenaient la majorité du quota lorsqu’un moratoire a été imposé en 1995.

Des groupes représentant des acteurs de l’industrie de la pêche à Terre-Neuve-et-Labrador font pression sur le premier ministre provincial pour qu’il réclame d’Ottawa une grande part de cette manne.

Les stocks ont rebondi et il y aurait à présent 4 millions de sébastes dans les eaux du golfe du Saint-Laurent.

D’après un reportage de Paul Withers, de CBC

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