•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Jason Kenney se dit prêt à faire face à un vote de confiance au printemps

Une motion visant à rendre plus difficile le déclenchement précoce d’un vote de confiance a été défaite vendredi soir.

Jason Kenney salue ses partisans de la main.

Jason Kenney s'est adressé aux membres de son parti, samedi, aprés qu'une motion visant à prévenir un vote de confiance précoce à son endroit ait été défaite.

Photo : Radio-Canada

Le premier ministre albertain, Jason Kenney, dit qu’il « accueillera avec plaisir » le vote de confiance auquel il fera face au printemps. Dans un discours aux membres du Parti conservateur uni (PCU) tenu lors de l’assemblée générale annuelle, il a toutefois prié les délégués de « concentrer [leurs] efforts et [leur attention] sur les problèmes du peuple » d’ici là.

Jason Kenney a insisté sur les bons coups de son gouvernement devant les membres de son parti, samedi. 

Des salves d’applaudissements et quelques ovations ont salué ses mentions de la bataille albertaine contre la taxe carbone fédérale et des embellies économiques du secteur pétrolier.

Il était toutefois impossible, pour le premier ministre, d’ignorer l’évidence : Nous savons tous qu’il y aura un examen du leadership du parti au printemps et je veux que vous sachiez que je l’accueillerai avec plaisir. Je me réjouis de cette occasion de reddition de comptes, a-t-il affirmé.

Il a cependant enchaîné en faisant une seule requête aux membres : se concentrer sur les priorités du public d’ici là.

Traitons et résolvons nos différences internes à l’interne, car le public veut voir des partis et un gouvernement préoccupés non par leurs propres différences internes, mais par les priorités du public.

Le vote de confiance est prévu le 8 et 9 avril, mais 22 associations de circonscription demandent à ce qu’il soit devancé.

La menace d’un vote précoce plane encore

Une motion qui aurait haussé le nombre d’associations de circonscriptions nécessaires pour déclencher un vote de confiance précoce a été rejetée par les membres vendredi.

Elle suggérait de faire passer de 22 à 29 le nombre minimal d’associations de circonscription proposant une résolution identique pour forcer le parti à agir sur cette résolution.

Elle a été ajoutée à l’ordre du jour peu après que 22 associations de circonscription ont déclaré avoir adopté une résolution réclamant que le vote de confiance sur le leadership de Jason Kenney soit supervisé par une firme indépendante et qu’il se tienne avant le 2 mars.

La motion a été appuyée par 57 % des membres qui ont voté. Comme il s’agissait d’une motion spéciale qui modifierait les statuts et règlements du parti, elle avait cependant besoin de 75 % des voies pour être adoptée.

C’est l’association de circonscription d’Edmonton Nord-Ouest qui a proposé la motion.

Des membres lèvent des cartons de vote.

Une motion qui aurait rendu plus difficile la tenue d'un vote de confiance précoce à l'endroit de Jason Kenney a été défaite lors de l'assemblée générale du Parti conservateur uni.

Photo : CBC / Elise Von Scheel

L’examen du leadership d’un parti est un processus légitime, mais nous croyons que la barre à atteindre pour le déclencher doit être d’au moins un tiers [des associations], a expliqué un des représentants de cette association de circonscription.

Selon les règles en vigueur, un quart des associations de circonscription suffit.

Un parti divisé au sujet des restrictions sanitaires

Dès le début de son discours, Jason Kenney a reconnu que la pandémie avait causé beaucoup de dommages, y compris à notre gouvernement et notre parti­.

Nous avons commis des erreurs en cours de route et, en tant que premier ministre, j’en prends la responsabilité, a-t-il affirmé, ajoutant toutefois qu’il a toujours cherché une approche équilibrée.

Il a également défendu les restrictions imposées par son gouvernement, même s’il a reconnu qu’elles suscitaient la colère de plusieurs membres du Parti conservateur uni.

Il a précisé qu’au pire de la crise, il était à quelques jours de devoir mettre en place un protocole de triage dans la province. Des patients auraient dû être débranchés de respirateurs artificiels et privés de soins qui leur auraient sauvé la vie, a-t-il rappelé.

Des réactions partagées

Miguel Racin, un des membres présents à l’assemblée, se dit rassuré par les mots de Jason Kenney.

Nous avions besoin d’avoir le premier ministre devant nous, pour entendre exactement ce qu’il a à dire en personne, dit-il.

Il remarque que les applaudissements se sont faits plus chaleureux au fil du discours du premier ministre et il en ressort revigoré.

Ross Slyger, un autre membre qui était sur place, ne nie pas que des différences d’opinions subsistent au sein du parti, même quant au leadership de Jason Kenney, mais il croit que l’assemblée générale démontre que les membres peuvent encore s’unir lorsqu’il le faut.

La chambre était complètement levée pour monsieur Kenney. Ce n’était pas une ou deux personnes, c’était toute la chambre et c’est ça, le message qu’on montre, dit-il.

Brian Jean, l’ex-chef du Wild Rose qui conteste ouvertement le leadership de Jason Kenney, affirme toutefois que cet enthousiasme ne reflète pas réellement les sentiments de la base conservatrice.

Si vous allez dans des villes ordinaires, sur le terrain [...], vous verrez que les gens n’ont pas la même opinion de Jason Kenney. Ils n’ont plus confiance en lui et ils veulent qu’il parte, soutient-il.

Il accuse le premier ministre de confondre le fait d’être un très bon orateur avec sa capacité à prendre de bonnes décisions.

Débats sur les politiques du parti

Les participants de l’assemblée générale annuelle sont par ailleurs appelés à voter sur plusieurs motions concernant les politiques du parti, samedi.

Ils ont notamment adopté une résolution visant à protéger la liberté de conscience des travailleurs de la santé. Celle-ci prévoit le renforcement du droit des médecins à ne pas prodiguer de soins qui sont contraires à leurs valeurs ou croyances personnelles, incluant, par exemple, de l’aide médicale à mourir ou l’avortement.

Un projet de loi semblable avait été mis de l’avant par le député Dan Williams, en 2019, mais il avait échoué.

Avec des informations d'Audrey Neveu et Michelle Bellefontaine

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !