•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les jeunes Chiliens, mobilisés dans la rue, désabusés face aux urnes

Un homme devant un signe du service des élections du Chili.

Les candidats à la présidentielle chilienne de dimanche n'inspirent peu ou pas les jeunes électeurs du pays.

Photo : AFP / ERNESTO BENAVIDES

Agence France-Presse

« Je vais voter, mais de manière assez désabusée », confie à l'AFP Danilo Panes, 26 ans, qui a participé à la révolte sociale fin 2019 au Chili. Selon lui, aucun des candidats à la présidentielle de dimanche n'apporte de réponses aux demandes de la rue.

En octobre 2019, comme des dizaines de milliers d'autres Chiliens, le jeune sociologue est descendu dans la rue aux cris de Le Chili s'est réveillé pour réclamer une société plus égalitaire, un meilleur accès à la santé et à l'éducation, une réforme des retraites ainsi qu'un rôle accru de l'État dans les services publics.

En 2011, il avait déjà participé aux protestations massives menées par les lycéens contre le premier gouvernement du président sortant Sebastian Piñera (2010-2014) en faveur d'une éducation publique, gratuite et de qualité dans un pays où l'éducation gratuite n'existait pas.

Dans le pays sud-américain, les lycéens et les étudiants ont été les protagonistes de manifestations sociales majeures ces dernières années. En 2006, les lycéens s'étaient largement mobilisés pour protester contre une loi éducative héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Mais face aux urnes, l'espoir a laissé la place à la désillusion. Pour Danilo, aucun des sept candidats en lice dimanche pour le premier tour de la présidentielle n'a réussi à exprimer une autre solution conforme à ce que le peuple a demandé en octobre.

Selon les sondages les plus récents, à deux semaines du scrutin, environ 50 % des 15 millions d'électeurs appelés à voter sont encore indécis sur leur participation ou sur leur choix.

Pour Débora Pinto, une psychologue de 27 ans qui participe avec Danilo au Mouvement Minga, une organisation de jeunes qui réalise des activités culturelles à San Miguel, une banlieue de Santiago, les jeunes devraient aller voter.

D'autant que la jeunesse a été longtemps absente de la politique notamment parce que nous les jeunes sommes déçus de ce qu'a été le modèle politique jusqu'à présent, dit-elle à l'AFP.

Parmi les revendications fortes de la rue figurait un changement de Constitution pour solder définitivement l'héritage du régime militaire, alors que le texte en vigueur était accusé d'entraver toute réforme sociale de fonds.

Le vote des jeunes en question

Après un accord historique au Parlement pour l'organisation d'un referendum sur le sujet, les Chiliens ont plébiscité en octobre 2020 un changement de Constitution (79 %). Parmi eux, de nombreux jeunes qui ont vu dans ce scrutin puis dans l'élection des membres de l'Assemblée constituante la possibilité de faire évoluer en profondeur le modèle socioéconomique chilien.

Mais voter pour un président ou des parlementaires est moins sexy pour les jeunes. On ne sait pas si les 1,2 million de jeunes qui ont voté pour la première fois lors du referendum iront à nouveau voter dimanche, explique à l'AFP Axel Callis, analyste et directeur de l'Institut de sondage TuInfluyes.com.

Une partie de la foule a escaladé une statue, tandis que les autres sont au sol.

Des manifestants tiennent des bannières sur lesquelles est écrit « Le Chili s'est réveillé », au centre-ville de Santiago, le 22 octobre 2019.

Photo : Getty Images / Claudio Santana

Si les propositions ne visent pas à générer un changement et une transformation du système économique et politique, elles ne vont pas attirer beaucoup de jeunes, estime Rodrigo Hidalgo, un enseignant de 28 ans.

Parmi les sept prétendants à La Moneda, Gabriel Boric, député de gauche de 35 ans, l'âge minimum pour se présenter à l'élection présidence, est sans surprise celui qui suscite le plus de soutien chez les jeunes.

Ancien leader étudiant, le millénarial a abandonné son image de révolté pour une posture plus consensuelle et fait désormais partie des favoris du premier tour.

C'est un candidat qui a de nouvelles propositions susceptibles d'intéresser les jeunes, comme le féminisme et les changements environnementaux, estime auprès de l'AFP Francesca Santoro, une comédienne rencontrée sur la Plaza Italia.

Sur cette place du centre de Santiago, épicentre des manifestations de 2019, des mobilisations de jeunes Chiliens, à bien moindre échelle, ont lieu encore tous les vendredis en fin d'après-midi.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !