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Le retour aux sources de Manon Massé

Manon Massé, debout, parle au micro.

Manon Massé lors d'une assemblée publique contre le 3e lien.

Photo : Radio-Canada / Frederic Vigeant

Mardi soir, dans un centre communautaire du quartier Limoilou à Québec, des opposants au troisième lien font la file pour participer à une assemblée citoyenne organisée par Québec solidaire (QS). Dans un coin de la scène, Manon Massé sourit, heureuse de voir l'assemblée prendre forme. Le bourdonnement des discussions sonne comme une douce musique à ses oreilles.

Toute ma vie a été de mettre ensemble des gens pour faire advenir quelque chose de plus grand, alors c'est sûr que pour moi, d'être assise devant des politiciens où, quand on pose une question, on n'a pas de réponse, ça m'use, raconte-t-elle.

La doyenne de la députation de QS à l'Assemblée nationale a cédé sa place de cheffe parlementaire en juin dernier à son co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois. Je suis dans un rôle qui m'éteint, avait-elle dit pour expliquer sa décision. Depuis, elle est revenue aux sources, sur le terrain, avec les militants.

À 58 ans, l'organisatrice communautaire de carrière n'allait pas laisser la flamme s'éteindre. C'est en passant le flambeau qu'elle garde l'étincelle.

Passer le flambeau à l'autre génération, ça me donne espoir, et je pense que c'est ça qui me rend de bonne humeur, répond-elle lorsqu'on l'interroge sur son choix de laisser sa place à Gabriel Nadeau-Dubois. Pour Manon Massé, c'est tout simplement la suite logique des choses.

Je savais, il y a 15 ans, quand on a fondé Québec solidaire, qu'il fallait mettre sur pied un véhicule politique qui allait permettre à la génération qui est là présentement de prendre le relais, et c'est ça que j'ai fait. Gabriel représente cette génération-là, alors je lui passe le relais tout en continuant de courir à côté de lui, explique-t-elle.

« Je vois Gabriel [Nadeau-Dubois] qui apprend à identifier le carré de sable dans lequel il joue, et ça, ça me plaît. »

— Une citation de  Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Un changement qui donne un nouveau style au parti au Salon bleu. Sous le règne de Manon Massé, le premier ministre parlait de QS comme d'un parti prêt à dépenser sans compter. Aujourd'hui, François Legault qualifie plutôt Gabriel Nadeau-Dubois de woke.

On a deux manières très différentes de s'exprimer, mais M. Legault, lui, utilise toujours des étiquettes quand il n'a pas plus d'arguments. Il en a utilisé avec moi et il en utilise avec Gabriel, analyse Manon Massé, qui croit que QS fait de plus en plus peur à ses adversaires.

À ce chapitre, elle évoque les racines écologistes de Québec solidaire. Quand je vois tous les autres partis courir derrière nous et dire que l'environnement, c'est important, je me dis : tous ces beaux gens là me traitaient de bozo, il y a une couple d'années, dit la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques.

Elle donne l'exemple de la récente décision de la CAQ de mettre fin à l'exploitation des hydrocarbures. Il y a tout un buzz actuellement autour de la question des hydrocarbures. Nous, on le dit depuis 15 ans, on est sur la même ligne, sur la même voie, depuis 15 ans, insiste-t-elle.

L'avenir, un mandat à la fois

Manon Massé sera vraisemblablement réélue comme porte-parole féminine de sa formation politique pour un autre mandat. Les militants doivent se prononcer samedi lors du congrès du parti, mais comme il n'y a aucune autre candidature en lice, la voie est libre.

Un autre mandat de co-porte-parole, d'autres élections provinciales, et après? Moi, avec qui je veux parler? C'est avec les jeunes. Ce sont les jeunes qui vont vivre la réalité des décisions qu'on prend aujourd'hui, souligne-t-elle.

Pour le moment, elle ne veut pas se projeter plus loin. Un mandat à la fois, dit celle qui se sent fière du rôle qu'elle a joué lors du dernier scrutin qui a amené un nombre record de 10 députés solidaires à l'Assemblée nationale.

En attendant, elle se préoccupe de l'avenir de la nouvelle génération de militants. C'est eux autres qui me donnent de l'espoir que ce pourquoi je lutte depuis 35 ans va se réaliser. Ça prend du courage pour porter la vision de QS, conclut-elle.

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