•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des Autochtones déçus de ne pas être représentés dans le comité pour la relance du hockey

Le premier ministre du Québec, en veston, parle pendant une conférence de presse, devant un podium avec les mots «Le hockey, notre fierté».

François Legault a annoncé la création d'un comité pour la relance et le développement du hockey.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le nouveau comité pour la relance et le développement du hockey dévoilé jeudi fait l’objet de critiques au sein des communautés innues de la Côte-Nord. Des acteurs issus de ces communautés déplorent le manque de voix autochtones dans le comité présenté par le premier ministre du Québec, François Legault.

Si le mandat de ce comité de relance du hockey est d’améliorer l’accessibilité du sport auprès des jeunes Québécois, certains se sentent tout de même laissés de côté.

L’ancien joueur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (Ligue de hockey junior majeur du Québec), Napessis André, déplore notamment le manque de représentants autochtones au sein du comité.

« Je pense qu'ils peuvent apprendre de nous, comme on peut apprendre d'eux. »

— Une citation de  Napessis André, ancien joueur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec

Le nouveau comité sera composé d’une quinzaine de personnalités du monde du hockey comme Guillaume Latendresse et Kim St-Pierre. Il sera présidé par l’analyste à RDS et ancien gardien de but de la Ligue nationale de hockey (Ligue nationale de hockey), Marc Denis.

André Napessis est dans un aréna et se tient debout face à la caméra.

L’ancien joueur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), Napessis André

Photo : Radio-Canada / Lambert Gagné-Coulombe

Napessis André a fondé une école de hockey pour les jeunes des communautés innues de la Côte-Nord avec deux partenaires, Adam Jourdain et Yoan Pinette. En mettant sur pied ce camp de hockey, les trois hommes originaires de la communauté de Uashat mak Mani utenam avaient pour objectif de démocratiser le sport qui est trop souvent hors d'atteinte pour les jeunes.

Dans les communautés particulièrement, des fois c'est des milieux moins favorables. C'est difficile à développer rendu à un certain niveau pour les jeunes. Le coût est assez élevé, que ce soit pour la location d'heures de glace ou pour l'équipement de hockey aussi, qui est très dispendieux, explique M. André en entrevue.

Une occasion manquée d'inclure une tranche de la population trop souvent négligée, selon le chef du conseil de bande de Uashat mak Mani utenam, Mike McKenzie, qui demande d’inclure un représentant innu dans le comité.

Ce qu'il manque souvent, c'est les modèles. On existe, les Premières Nations, on est là, on a des arénas, on est régi par Hockey Québec. L'ensemble des chefs est du même avis que moi, mais j'aimerais un expert autochtone dans ce comité, demande-t-il.

Des jeunes participent à une formation au hockey.

Les jeunes de Uashat et Mani utenam ont participé à une école de hockey au mois d'août.

Photo : Radio-Canada / Marie Kirouac

Comme ailleurs au Québec, le hockey occupe une place importante dans le quotidien des Innus.

C'est une religion! Auprès des communautés, le hockey a toujours été un sport autour duquel la plupart du monde, nos jeunes gravitent, soulève Mike Mckenzie.

Michèle Audette, répondant aux questions des journalistes.

La sénatrice Michèle Audette

Photo : Radio-Canada

Pour sa part, la sénatrice innue Michèle Audette ne comprend pas comment le gouvernement québécois a pu passer à côté d'une belle occasion de tendre la main aux communautés autochtones.

Un autre rendez-vous manqué! Je remerciais le chef d'avoir dit les vraies choses, parce qu'on aurait tellement eu de plaisir à collaborer et à participer, parce que c'est des endroits où il y a du racisme, mais c'est des endroits aussi où il y a une belle réconciliation, réagit-elle.

Joé Juneau ouvre la porte de la patinoire de l'aréna de Uashat Mani-Utenan

Joé Juneau

Photo : Radio-Canada / Luc Robida

L’ancien joueur des Canadiens de Montréal, Joé Juneau, est au fait de la passion des Autochtones pour le hockey. Il œuvre depuis quinze ans à la mise sur pied d’écoles de hockey chez les Premières Nations du nord du Québec.

« On entend beaucoup dire qu'il y a depuis longtemps un racisme systémique, et puis en voilà une autre preuve. C'est tout simplement ça. »

— Une citation de  Joé Juneau, ancien joueur des Canadiens de Montréal

Le premier ministre se veut rassurant

Le premier ministre du Québec, François Legault, tente de rassurer les communautés autochtones.

François Legault assure que la quinzaine d'experts composant le comité consultera toutes les personnes qui ont quelque chose à ajouter, incluant les communautés autochtones.

Ce qui était important pour nous, explique le premier ministre, c'était d'avoir des gens qui connaissaient le hockey mineur, qui étaient capables d'avoir déjà été coachs, de connaître la ligue junior majeur, de connaître les contraintes qu'on peut avoir quand on parle du midget AAA, quand on parle des ligues deux lettres, trois lettres. Donc, on a pris ces personnes-là, mais elles vont aller consulter ailleurs, incluant les communautés autochtones.

Le groupe devra présenter un rapport et des recommandations à la ministre déléguée à l'Éducation et responsable des Sports et des Loisirs, Isabelle Charest, le 1er avril 2022. Plusieurs points seront analysés par le comité, notamment les coûts reliés à la pratique du sport et certaines mentalités à changer. Le premier ministre a souligné la diminution du nombre de participants et le manque d’arbitres et d’entraîneurs.

François Legault a mis sur pied ce comité parce que son gouvernement estime que trop peu de joueurs québécois figurent parmi les professionnels des ligues majeures. Une bonne stratégie à adopter selon lui serait de favoriser l'accès au sport national dès un jeune âge.

Avec les informations de Lambert Gagné-Coulombe.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !