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Justin Trudeau et Joe Biden, assis dans le bureau ovale, se serrent la main.

Le premier ministre Justin Trudeau a serré la main du président américain Joe Biden jeudi, lors de sa visite à la Maison-Blanche.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Les événements d’affaires et le travail au bureau reprennent progressivement au Québec. Les poignées de main qui viennent avec aussi. Mais le geste suscite parfois un malaise chez ceux qui continuent de privilégier le coup de coude, pandémie oblige.

Ruth Vachon, du Réseau des femmes d’affaires du Québec, ne s’en cache pas; elle est de nature chaleureuse. Moi, j’ai recommencé à donner la main, affirme-t-elle sans broncher. Ici, on est justement en rencontre et c’est une quinzaine de PDG qui sont là. On est toutes contentes du retour, et tout le monde, ou à peu près, s’est fait la bise en arrivant.

Mme Vachon ne sent pas que la traditionnelle poignée de main est revenue en bonne et due forme, mais qu’elle le sera très prochainement. Seule différence, c’est que les gens se regardent et se demandent la permission.

« Je pense que ceux qui avaient l'habitude d'être chaleureux continueront de l’être et ceux qui n'en avaient pas l'habitude et qui serraient la main un peu par dépit vont pouvoir s'abstenir dans le futur. La situation permet aux gens de faire ce qu’ils ont envie de faire. »

— Une citation de  Ruth Vachon, présidente-directrice générale du Réseau des femmes d’affaires du Québec

La Fédération des chambres de commerce du Québec a tenu cette semaine son premier événement en présentiel depuis le printemps 2020. Son PDG, Charles Milliard, dit observer autant de gens qui ne veulent pas donner la poignée de main que ceux qui veulent la donner.

Dans le doute, pour le moment, le dénominateur commun, dans un contexte d’affaires, devrait être de donner un coup de coude, et j'espère qu'à terme on va pouvoir reprendre la poignée de main, ajoute-t-il. M. Milliard soutient que beaucoup de gens demeurent mal à l’aise et qu’il vaut mieux attendre encore quelques mois et que la situation s’améliore.

« Ce qui est surtout crucial aujourd’hui, c’est que les rencontres d’affaires reprennent le plus possible. »

— Une citation de  Charles Milliard, président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec

Le dirigeant espère pour sa part que la pandémie aura été une occasion de réfléchir au besoin de s’embrasser avant de faire des négociations, par exemple, sachant que la bise rend mal à l’aise de nombreuses personnes, hommes et femmes confondus, depuis longtemps.

Que dit l’étiquette?

La consultante en étiquette et protocole des affaires Danielle Roberge insiste d’abord et avant tout sur l’importance d’exprimer un malaise de façon courtoise si une main tendue rend inconfortable, puis de présenter le coude.

Juste de tendre le coude, c’est comme si vous disiez : "Franchement!" L’idée, explique-t-elle, c’est seulement de ne pas rejeter la personne en n’exprimant pas sa voix. Un non-dit pourrait très bien vous faire passer pour quelqu’un de mysophobe, c'est-à-dire qui a peur des microbes et de la saleté, avertit-elle.

Que dire? Désolé, j’ai promis que je ferais attention, ou encore Je veux continuer à faire mon petit geste, ou enfin Mes enfants sont malades.

Mme Roberge souligne qu’il s’agit maintenant d’une question qui se pose chaque fois qu’il y a des rencontres d’affaires. Elle évoque deux catégories de personnes, soit celles centrées sur l’humain et celles centrées sur la tâche, plus susceptibles de refuser la poignée de main.

« La beauté, c’est que chacun pourra garder sa façon d’être. Ceux qui détestent la poignée de main vont enfin pouvoir se justifier sans se faire juger. »

— Une citation de  Danielle Roberge, Parlons étiquette et service client

« Une certaine nuance est de mise », selon l’INSPQ

À l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la Dre Chantal Sauvageau estime que nous sommes rendus à une étape où une certaine nuance est de mise au sujet de la poignée de main. Il importe de garder à l’esprit que le risque principal de transmission réside dans le rapprochement de deux personnes pendant de longues minutes.

« J’ai l’impression qu’on est resté avec certains gestes qu’on se dit importants. On va être assis très proche de l’autre personne pendant une heure, mais on évite, par exemple, la poignée de main. »

— Une citation de  Dre Chantal Sauvageau, médecin spécialiste à l’Institut national de santé publique du Québec

La Dre Sauvageau avance qu’il importe avant tout de respecter le souhait d’autrui. La poignée de main est encore proscrite en vertu des recommandations de la santé publique. Reste qu’un simple lavage des mains permet de casser la chaîne de transmission du SRAS-CoV-2, un virus respiratoire.

Tout compte fait, éviter de donner la poignée de main vous permettrait surtout d’éloigner d’autres microbes à l’origine d’une gastro-entérite ou d’un rhume, par exemple.

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