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L’asclépiade comme isolant des produits de Bilodeau Canada

Des follicules d'asclépiade

Le producteur, Sabin Tremblay, a mis au point différents outils afin d'extraire la fibre d'asclépiade.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

Une plante autrefois considérée comme de la mauvaise herbe est désormais utilisée dans la confection de certains produits de l'entreprise Bilodeau Canada. La fibre d’asclépiade cultivée et transformée au Lac-Saint-Jean sert d'isolant naturel.

Bilodeau Canada lance une collection de produits isolés avec cette matière totalement naturelle. Les créations sont doublées avec de la fibre d'asclépiade également connue sous le nom de soie d’Amérique. Des mitaines sont déjà disponibles alors que des manteaux et des chapeaux s'ajouteront sous peu à la collection.

Une mitaine repose à côté d'une doublure.

Avec l'utilisation de l'asclépiade, l'entreprise Bilodeau Canada promet des produits plus légers.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

C'est plus léger, c'est mieux, c'est plus confortable. C'est moins épais, mais la chaleur est là quand même. On a testé l'isolant dans des mitaines l'hiver dernier. Même en motoneige, les résultats ont été très bons. Ça a été très concluant, affirme le président de Bilodeau Canada, Mario Bilodeau.

Les équipes de l'entreprise ont accepté de se prêter au jeu en testant les mitaines. Elles ont été utilisées, lavées et même découpées afin d'en vérifier l'état. M. Bilodeau porte, pour sa part, une veste qui n'est pas encore en vente.

Depuis des années, l'entreprise de Normandin, au Lac-Saint-Jean, tend à utiliser moins de fibres synthétiques. Le fait de recourir à l'asclépiade répond à cette volonté.

On veut mettre ça le plus écologique possible. On veut faire notre part. Depuis les 15 dernières années, on travaille énormément sur toutes sortes de produits. Présentement, c'est une autre recherche qu'on est en train de faire sur l'asclépiade, souligne Mario Bilodeau.

Des fibres d'asclépiade se trouvent dans une main.

Plusieurs étapes sont nécessaires afin d'extraire la fibre du follicule d'asclépiade.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

S'il est aujourd'hui charmé par cette fibre aux nombreuses qualités, le fondateur de Bilodeau Canada avait tout à apprendre il y a à peine quelques années. C'est un producteur du Lac-Saint-Jean qui l'a invité à visiter ses cultures. Sabin Tremblay qui s'est lancé dans l'aventure de l'asclépiade, en 2016, lui a fait découvrir les différents avantages de la plante vivace indigène. Il est maintenant responsable d'approvisionner l'entreprise.

Un homme se trouve devant un champ.

Sabin Tremblay s'est lancé dans la production de l'asclépiade en 2016.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

Après avoir cultivé et récolté les follicules d'asclépiade, M. Tremblay les transforme dans ses installations. Un procédé gardé secret permet d'en extraire les fibres.

Le producteur de L'Ascension-de-Notre-Seigneur livre des feuilles de fibres d'asclépiade à Bilodeau Canada. Les fibres végétales sont placées entre deux morceaux de tissu. L'isolant naturel est ensuite utilisé dans la fabrication de mitaines et d'autres accessoires.

Dans le champ et au plan de la production, ce sont des défis qui ont été relevés. Par la suite, on parle de l'extraction qui est un défi en soi. On parle aussi de la mise en forme pour être capable d'offrir à Bilodeau Canada un produit qui peut être utilisé dans la confection. La tenue physique est d'une importance capitale pour être capable d'avoir un produit qui est durable, explique Sabin Tremblay.

Des sacs d'asclépiade reposent les uns sur les autres.

Les récoltes d'asclépiade doivent sécher pendant plusieurs mois avant d'être transformées.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

La collaboration entre Bilodeau Canada et la Ferme Sabin Tremblay dure depuis trois ans. Force est d'admettre que les recherches ont porté leurs fruits. Elles ont permis d'en arriver à un isolant composé à 100 % d'asclépiade. Ce résultat unique fait le bonheur de Mario Bilodeau et de Sabin Tremblay.

On n'utilise pas d'agent liant en plastique. Chez les compétiteurs, on retrouve plus de biocomposites. Au plan de mon produit, je me situe vraiment du côté totalement écologique. Ce n'est que de la fibre d'asclépiade. La tenue physique est excellente même s'il n'y a pas de liant plastique, précise M. Tremblay.

De la fibre d'asclépiade est prête à être utilisée.

Un procédé gardé secret permet d'amalgamer la fibre. Bilodeau Canada la place ensuite entre deux morceaux de tissu.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

Si plusieurs entreprises ont échoué à implanter cette innovation textile, les partenaires jeannois ont bon espoir d'y arriver. Mario Bilodeau juge que la collaboration directe avec un producteur local d'asclépiade facilitera les choses. On marche ensemble pour être en mesure de fabriquer la fibre. Quand on n'en a plus, on n'en a plus, explique M. Bilodeau.

Le producteur Sabin Tremblay abonde dans le même sens que lui. À son avis, le modèle du circuit court permettra à leur duo de gagner son pari.

Un bac d'asclépiade a été déposé par terre.

Plusieurs étapes de transformation permettent d'extraire la fibre d'asclépiade.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

Le travail de recherche et de développement avec l'asclépiade se poursuit toujours. L'entreprise Bilodeau Canada espère être en mesure d’offrir des bottes de fourrure avec des chaussons isolés avec cette fibre dès l’an prochain.

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