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Elle avait versé un acompte pour un condo, le constructeur lui réclame 100 000 $ de plus

Le promoteur montre la pandémie du doigt.

Soraya Palma sur le site de construction du condominium qu'elle avait acheté.

Soraya Palma avait payé un acompte de 40 000 $ en 2020 pour un condominium. Mais le constructeur a décidé soudainement d'augmenter le prix de vente de 100 000 $.

Photo : CBC/Samantha Beattie

Radio-Canada

Les fondations de la maison en rangée que Soraya Palma a réservée en 2020 sont coulées. Mais voilà que le constructeur lui demande presque 20 % de plus.

Mme Palma avait pourtant versé un acompte de 40 000 $ pour le condo à Barrie, au nord de Toronto.

Le promoteur Pace Developments l'a toutefois informée la semaine dernière qu'en raison des coûts de construction qui ont bondi durant la pandémie, elle avait le choix entre récupérer son acompte et perdre son condominium ou payer 100 000 $ de plus.

C'est 19,5 % de plus que le prix d'achat initial de 512 000 $.

Elle devait emménager dans la résidence en avril prochain, mais dit maintenant qu'elle n'a pas assez d'argent pour garder l'unité.

« C'est ridicule. Je me sens complètement arnaquée. »

— Une citation de  Soraya Palma, acheteuse

Elle raconte que son conjoint et elle avaient entre autres reporté leur mariage et elle était retournée habiter chez ses parents après avoir été mise à pied à cause de la pandémie, tout cela afin d'avoir suffisamment d'argent pour sa nouvelle demeure.

Elle a depuis lancé sa propre entreprise.

100 000 $ de plus, ce n'est pas rien, lance-t-elle.

La faute de la pandémie?

Des dizaines d'autres acheteurs du projet appelé Urban North Townhomes qui avaient réservé une unité de 2018 à 2020 se trouvent dans la même situation.

Dans une lettre qui leur a été envoyée, le constructeur cite des circonstances hors de notre contrôle, affirmant qu'en raison de la COVID-19, il était impossible d'obtenir le financement pour le projet selon des termes acceptables, menant à l'annulation de l'accord de vente initial.

Ceux qui avaient acheté leur maison en rangée plus récemment à un prix plus élevé ne sont pas touchés.

La directrice générale du promoteur Pace, Yvonne Sciavilla, explique que les coûts des matériaux et de la main-d'œuvre ont augmenté de plus de 60 %. La situation touche les acheteurs de la première phase du projet, pour lesquels les travaux auraient dû être terminés il y a plus d'un an, dit-elle.

Elle affirme également que le projet a été retardé pendant plusieurs mois, accroissant les coûts, à cause de lenteurs dans l'approbation de permis de construction par la Ville de Barrie, une affirmation rejetée par la Municipalité.

Légal?

L'Office de la réglementation de la construction des logements de l'Ontario (ORCL) dit avoir reçu des plaintes de nombre d'acheteurs dans la même situation depuis sa création en février.

En fait, nous avons envoyé un avis aux constructeurs en avril à ce sujet, leur disant qu'on s'attendait à ce qu'ils traitent les acheteurs avec honnêteté et intégrité s'ils essaient de renégocier un contrat, dit la PDG de l'organisation, Wendy Acheson.

En cas d'inconduite, l'Office de la réglementation de la construction des logements peut donner un avertissement au promoteur. Dans le pire des cas, son permis peut être révoqué et le constructeur peut écoper d'une amende pouvant atteindre 25 000 $.

Les contrats de vente signés avant la construction contiennent généralement des clauses permettant aux constructeurs de renégocier le prix, s'ils font face à une augmentation de leurs coûts de construction, par exemple, note l'agent immobilier David Fleming.

Ce dernier a toujours dit à ses clients d'éviter d'acheter une propriété non construite. Je dis à mes clients que les promoteurs ont beaucoup plus d'argent et de meilleurs avocats qu'eux. Peu importe ce qu'il y a dans le contrat, la loi est une zone grise jusqu'à ce que vous ayez un jugement en cour, lance-t-il.

Avec des renseignements fournis par CBC News

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