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Vaccination des 5 à 11 ans : l’Outaouais, Ottawa et l’est ontarien se tiennent prêts

Gros plan sur l'épaule d'un garçon qui tient la manche de son chandail d'une main, et des mains d'un pédiatre qui tient une seringue.

Entrevue avec le Dr Paul Roumeliotis, médecin-hygiéniste, BSEO

Photo : getty images/istockphoto / Vadym Terelyuk

Radio-Canada

Santé Canada a approuvé, vendredi, l’administration du vaccin de Pfizer-BioNTech contre la COVID-19 aux enfants de 5 à 11 ans. Dans l’est ontarien comme en Outaouais et à Ottawa, les autorités de santé publique attendent désormais le feu vert de leurs provinces respectives et l'approvisionnement en doses de vaccin.

Le médecin hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) assure que ses équipes sont prêtes et les cliniques organisées. Ne manque plus que les doses du vaccin.

Ça fait un mois qu'on se prépare, a affirmé le Dr Paul Roumeliotis en entrevue au Téléjournal Ottawa-Gatineau. Nous avons appris que nous allons probablement recevoir le vaccin la semaine prochaine. Donc, on pourrait commencer [la vaccination] la semaine prochaine. Je ne peux pas vous dire quel jour. Ça va prendre la livraison, parce que le vaccin vient des États-Unis.

Santé publique Ottawa avait déjà dévoilé son plan de vaccination, jeudi. Les enfants pourront se faire vacciner dans des cliniques de quartier, communautaires ainsi que dans 73 cliniques de vaccination temporaires après les heures d’école.

Le Dr Roumeliotis a confirmé que les parents pourront prendre un rendez-vous pour leurs enfants par l’entremise du même système que celui utilisé en Ontario lorsqu’ils ont eux-mêmes reçu leur vaccin.

Le Dr Roumeliotis accorde une entrevue par visioconférence.

Le Dr Paul Roumeliotis est le médecin hygiéniste du Bureau de santé de l'est de l'Ontario (BSEO).

Photo : Radio-Canada

Du côté de l’Outaouais, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais ne livre pas encore beaucoup de détails, mais il assure également être sur la ligne de départ.

On attend l'avis du Comité sur l'immunisation du Québec (CIQ) avant de lancer la campagne. Le gouvernement du Québec va faire l'annonce du début de la campagne et ensuite, nous allons pouvoir donner plus d'informations sur [nos] opérations, soutient la Dre Brigitte Pinard, directrice de la santé publique au CISSS de l'Outaouais.

Pour l’heure, la Dre Pinard ne peut non plus avancer de chiffre quant au nombre de vaccins qui seront administrés chaque semaine, mais l'objectif est bien sûr de rapidement donner accès à l'ensemble des enfants de la région, insiste-t-elle.

Faire baisser les cas

La vaccination des plus jeunes devrait permettre de mieux contrôler la transmission communautaire.

On voit dans nos données, présentement, que le groupe des 5-11 ans est particulièrement touché par la quatrième vague. Dans la région, on a eu une légère hausse de cas depuis la semaine dernière. Quand on regarde nos données la semaine dernière, il y a plus de 40 % de nos cas qui étaient chez les 5-11 ans.

« La vaccination des 5-11 ans devrait nous permettre, dans les prochains mois, de mieux contrôler la transmission. »

— Une citation de  Dre Brigitte Pinard, directrice de la santé publique au CISSS de l'Outaouais

Même si les complications sont rares pour les enfants, toute éclosion a des conséquences fâcheuses sur leur quotidien.

Un des objectifs est bien sûr aussi de diminuer les conséquences de la gestion des éclosions dans le milieu scolaire, parce qu'on sait que lorsqu'on identifie un cas en milieu scolaire, on doit prendre les mesures nécessaires pour contrôler la situation. Avec un cas, on ne ferme pas une classe, mais du moment qu'on a un deuxième cas dans une classe, malheureusement, on doit mettre l'ensemble des enfants de la même classe en isolement préventif.

Une femme accorde une entrevue via vidéoconférence.

Dre Brigitte Pinard, directrice de la santé publique au CISSS de l’Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada

La présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO), Suzanne Tremblay, espère même que la vaccination signifiera la fin du masque dans les salles de classe au primaire, comme c’est le cas au secondaire.

Si les jeunes du primaire sont vaccinés dans une proportion aussi forte que celle du secondaire, on peut penser que si les choses vont bien dans les prochains mois, on pourra, là aussi, voir des mesures sanitaires qui vont devenir moins importantes, avance-t-elle.

En observant ce qui s’est passé après la vaccination de 12-17 ans, la Dre Pinard se montre optimiste.

Au niveau du secondaire, on voit très bien l'impact positif de la vaccination pendant la quatrième vague. On a très peu de cas, très peu d'éclosions et lorsqu'on regarde nos éclosions actives présentement, on en a cinq en milieu scolaire et les cinq sont au niveau primaire. Donc ça fonctionne.

Enseignants et parents se tiennent prêts

La présidente du SEO s’attend à ce que certains enseignants et autres membres du personnel scolaire soient mis à contribution.

On sait que ça va se faire selon différents modèles, précise la représentante syndicale. Il y a des endroits où la vaccination va se faire directement dans les écoles. D'autres écoles devront se rendre dans les centres de vaccination. Une troisième possibilité, c'est que les parents pourront eux-mêmes aller dans les centres de vaccination avec leurs enfants. Donc, quand ça va se passer dans les écoles, c'est certain que le personnel enseignant sera impliqué pour accompagner les élèves vers le local de vaccination.

Reste que certains pourraient être hésitants à faire vacciner leurs enfants. Optimiste, la Dre Pinard se fie aux chiffres des 12-17 ans. En Outaouais, plus de 76 % ont reçu deux doses de vaccin.

Dans les prochaines journées, on va avoir beaucoup d'informations pour les parents. On va avoir des informations sur la campagne, sur l'accès... [...] J'invite l'ensemble des parents à se tenir informés, à bien suivre les offres de vaccination et j'espère qu'ils pourront justement avoir le soutien nécessaire pour prendre leur décision quant à la vaccination de leurs enfants.

Même s’il dit comprendre les inquiétudes de certains parents, le Dr Roumeliotis tente de se faire rassurant.

Les petits sont différents. Ce n’est pas comme les grands adultes. La façon dont le système immunitaire fonctionne est un peu différente. Premièrement, la dose du vaccin, c'est un tiers de la dose qu'on donne aux adultes et deuxièmement, on n'a pas vu jusqu'à présent des effets importants, plus qu'on en voit avec les autres vaccins. Même dans les études qui étaient soumises à Santé Canada, on n’a eu aucune réaction sévère, dit-il. Donc, je pense que comme tous les vaccins, oui, il y aura des effets secondaires, mais la plupart sont légers, comme une douleur au bras, de la fièvre. Mais je pense que ça vaut la peine de le faire parce que les risques d'être infecté par la COVID-19 sont toujours plus élevés que le risque des effets secondaires du vaccin.

« Comme adulte, on va se faire vacciner, mais c'est toujours normal pour les parents d'avoir des questions pour leurs enfants relativement au type de médicaments ou de vaccins. »

— Une citation de  Dr Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste du BSEO

Sans avoir fait de sondage, mais s’appuyant sur les réseaux sociaux et des discussions lors de rencontres, la porte-parole de l’organisme Parents partenaires en éducation (PPE), Nathalie Lachance assure qu’en grande partie, les parents veulent faire vacciner leurs enfants.

En majeure partie, on voit qu’il y a une grande tendance à vouloir faire vacciner ses enfants. Par contre, on sait que c’est un sujet très émotionnellement chargé, dit-elle. Mais la majorité désire faire vacciner leurs enfants [...] parce qu'ils veulent retrouver une vie normale et qu'ils croient à la vaccination.

Mme Lachance dit que les parents sont épuisés et que le vaccin des plus jeunes représente peut-être un dernier effort pour en finir avec la pandémie.

Les parents sont épuisés par rapport à toute cette non-normalité-là et on a encore ce doute-là, mon enfant a des symptômes le matin, je ne peux pas aller travailler, mon enfant doit rester à la maison, c'est très difficile pour les familles de vivre ça constamment.

Avec les informations de Laurie Trudel

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