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L’Autriche confine toute sa population et impose la vaccination

Des personnes masquées marchent devant la cathédrale Saint-Étienne, à Vienne.

Les Autrichiens, qui sont au nombre de 8,9 millions, sont vaccinés à environ 66 %.

Photo : Associated Press / Michael Gruber

Agence France-Presse

L'Autriche va confiner dès lundi l'ensemble de sa population et a décidé de rendre la « vaccination obligatoire » à partir du 1er février, devenant ainsi le premier pays de l'Union européenne à prendre de telles mesures face à la résurgence des cas de COVID-19.

Il faut regarder la réalité en face, a déclaré le chancelier conservateur Alexander Schallenberg lors d'une conférence de presse dans le Tyrol, après des discussions avec l'ensemble des gouverneurs de régions.

Une semaine après avoir sévi contre les non-vaccinés, il a annoncé un confinement des 8,9 millions d'habitants jusqu'au 13 décembre, une décision qui n'a pas été facile à prendre.

Il a dit être conscient qu'on demandait énormément aux vaccinés, parce que trop de gens n'ont pas fait preuve de solidarité.

Malgré des mois de persuasion, nous n'avons pas réussi à convaincre suffisamment de gens à se faire vacciner, a-t-il souligné, déplorant la surcharge actuelle des unités de soins intensifs.

Le chancelier autrichien Alexander Schallenberg en point de presse.

Le chancelier autrichien Alexander Schallenberg est inquiet pour le système de santé de son pays.

Photo : Reuters / LEONHARD FOEGER

Augmenter durablement le taux de vaccination est le seul moyen de sortir de ce cercle vicieux, a estimé M. Schallenberg, selon qui la vaccination constitue le billet de sortie de la pandémie.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure.

Si un nombre croissant de pays imposent un certificat de vaccination pour certaines catégories, comme le personnel de santé, très peu dans le monde imposent la vaccination à toute leur population adulte.

C'est le cas de deux États autoritaires d'Asie centrale, le Tadjikistan et le Turkménistan, ainsi que le Vatican et l'Indonésie. Territoire français du Pacifique Sud disposant d'une large autonomie, la Nouvelle-Calédonie a également décidé d'imposer la vaccination à compter de la fin de décembre.

En Europe, la pandémie s'emballe et plusieurs pays ont annoncé un durcissement des restrictions ces derniers jours.

En Allemagne, où le plan d'action n'est plus suffisant selon l'autorité sanitaire, la Bavière a annulé vendredi les marchés de Noël, tandis que la Grèce interdisait aux non-vaccinés d'entrer dans les espaces fermés, à l'exception des lieux de restauration.

Les Pays-Bas ont réintroduit la semaine dernière un confinement partiel. Lors d'une manifestation contre cette mesure qui a tourné à l'émeute selon la police, plusieurs personnes ont été blessées par des tirs de sommation des forces de l'ordre, vendredi à Rotterdam.

Restrictions, vaccination... et contestation

Depuis lundi déjà, en Autriche, les deux millions de personnes non vaccinées n'avaient pas le droit de quitter leur domicile sauf pour faire leurs courses, du sport ou pour des soins médicaux.

Désormais, toute la population sera concernée par la mesure dans ce pays au taux de vaccination de 66 %, soit légèrement en deçà de la moyenne européenne, malgré l'instauration d'un passeport sanitaire dès le printemps.

Les magasins non essentiels, restaurants, salles de concert et cinémas seront fermés. Les écoles restent ouvertes pour l'instant, mais les parents sont encouragés à garder leurs enfants à la maison s'ils le peuvent. Le télétravail est fortement recommandé.

Le gouvernement avait commencé à durcir le ton au début de novembre, et les restrictions qui avaient alors été mises en place ont entraîné une nette hausse du nombre d'inscriptions dans les centres de vaccination.

Mais les cas continuent d'augmenter et se situe à des niveaux inédits depuis l'émergence de la pandémie : vendredi, près de 16 000 nouvelles contaminations ont été enregistrées.

Nous avons trop de forces politiques dans ce pays qui s'opposent avec véhémence à la vaccination, a dit le chancelier, qui a dénoncé un attentat contre notre système de santé.

Une manifestation soutenue par le parti d'extrême droite FPÖ est prévue pour samedi à Vienne, et des milliers de personnes sont attendues.

Son chef antivaccin, déclaré positif, ne pourra pas y assister. L'Autriche est maintenant une dictature!, a lancé Herbert Kickl vendredi face aux nouvelles mesures.

À Vienne, les artisans qui exposent dans les marchés de Noël de la capitale se préparaient à remballer leur marchandise, une semaine à peine après l'ouverture.

C'est injuste que les 70 % qui sont vaccinés doivent se confiner à cause de 30 % non vaccinés, témoignait Markus Horvath. Sonné, le vendeur, qui propose des bijoux en bois, a peu d'espoir de rouvrir à la mi-décembre et s'attend à ce que le confinement soit prolongé. Je réalise la moitié de mes revenus ici, confiait sur un autre étal Christian Edlmayr. Cela va être très, très dur.

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