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Des Sudburois s’opposent aux logements de transition pour sans-abri dans leur quartier

Une clôture de métal sur un terrain vague et des maisons de l'autre côté de la rue.

Le terrain vague est situé en face de plusieurs immeubles d'appartements et maisons sur la rue Lorraine. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Alice Zanetta

Radio-Canada

Une dizaine de résidents de Sudbury ont dénoncé jeudi soir, lors d'une consultation publique virtuelle de la Ville, l'emplacement choisi pour le projet de logements de transition pour sans-abri.

Ce projet comprend la construction d'un immeuble de 41 logements pour des personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie ou de santé mentale.

La Ville prévoit déployer une équipe de services sociaux sur place pour encadrer le projet.

La rencontre publique devait remédier au fait que les résidents du quartier n'ont pas été initialement consultés quant au choix de l'emplacement sur la rue Lorraine, une petite rue non loin de l'intersection du boulevard Lasalle et la rue Notre-Dame.

Carte de l'endroit.

La Ville propose de construire les logements de transition près de l'intersection du boulevard Lasalle et de la rue Notre-Dame.

Photo : Ville du Grand Sudbury

Si les élus municipaux n'ont pas organisé de consultations publiques à ce sujet cet été, c'est qu'ils étaient pressés d'aller de l'avant afin de pouvoir obtenir le financement du gouvernement fédéral.

Ce financement est conditionnel à ce que les logements soient construits d'ici novembre 2022.

Les logements doivent être prêts dans la prochaine année, explique la directrice des services de logement de la Ville du Grand Sudbury, Cindi Briscoe.

Il y a peu d'endroits dans la ville où l'on peut commencer à construire rapidement, sans faire de travaux préliminaires, poursuit-elle. C'est très difficile de trouver un endroit qui respecte tous les critères.

Pourquoi pas le centre-ville?

Les résidents sont frustrés que le quartier ait été choisi au lieu du centre-ville.

À quoi est-ce qu'on doit s'attendre? s'indigne Gerry Martel, qui habite la rue Lorraine depuis plus de 40 ans. Nous sommes un quartier plus défavorisé, alors les élus pensent qu'ils peuvent nous imposer ça.

Pour sa voisine, Bobbi-Ann Santerre, l'enjeu réside plutôt dans le manque de services et le manque de communication de la part des élus.

Bobbi-Ann Santerre est dans son jardin.

Bobbi-Ann Santerre s'inquiète de la construction de logements de transition pour les sans-abri près de chez elle. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Au début, on parlait de logements de transition. Maintenant, on parle de logements abordables, le tout dans l'espoir de nous faire oublier qui va occuper ces logements, illustre-t-elle.

« Il n'y a pas d'épiceries, de dépanneurs ou de pharmacies à proximité de la rue Lorraine. Est-ce approprié pour des logements pour personnes vulnérables? »

— Une citation de  Bobbi-Ann Santerre, résidente du Nouveau Sudbury

D'autres résidents, comme l'entrepreneur Bhargav Patel, ont fait part de leur inquiétude pour la sécurité des jeunes et des enfants qui fréquentent les écoles situées à proximité du lieu proposé.

Je trouve des seringues usagées près de mon commerce quotidiennement. J'ai peur que la situation empire avec un projet comme celui-ci, confie-t-il.

Le centre-ville n'est pas une option, selon certains

Bien qu'elle ne réside pas dans le quartier concerné, la Sudburoise Carly Gasparini tenait tout de même à exprimer son point de vue formé à travers plusieurs années de travail social auprès de personnes itinérantes.

Il est absolument essentiel que ce projet ne soit pas au centre-ville, un endroit qui pourrait nuire à la désintoxication et à la guérison des individus concernés, explique Mme Gasparini.

Le directeur général du développement communautaire à la Ville du Grand Sudbury, Steve Jacques, abonde dans le même sens.

« Pour ceux qui tentent de se rétablir d'une dépendance aux drogues, vaut mieux éviter de se loger là où il pourrait y avoir le plus de tentations. »

— Une citation de  Steve Jacques, directeur général du développement communautaire à la Ville du Grand Sudbury

Le fait que la rue Lorraine n'ait pas de services à proximité est une bonne chose, selon le directeur général. L'objectif du projet est également de permettre aux individus d'apprendre à mieux gérer leur environnement.

Si un transport doit être organisé pour aller faire des courses, ça permettra aux individus de développer des compétences organisationnelles, conclut M. Jacques.

Le projet ira de l'avant, malgré l'opposition

Le conseil municipal a déjà approuvé le projet et attend la réponse de la demande de financement déposée auprès de la Société canadienne de l'hypothèque et du logement.

Pour que le conseil municipal change d'idée, il faudrait que les deux tiers des conseillers municipaux décident de changer l'emplacement.

Nous allons de l'avant avec le projet parce qu'il y a un besoin criant, explique M. Jacques. Ce n'est pas une option populaire, mais nous n'avons pas le choix.

L'objectif de l'assemblée publique était de fournir de l'information plus détaillée sur le projet et d'entendre les préoccupations des résidents.

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