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Profession : rédactrice publique

Montage photo d'une loupe appuyée sur une pile de papiers et de documents et d'une photo d'une femme avec un masque aux côtés de rayons de livres dans une bibliothèque.

Clara Gossmann prête sa plume à ceux et celles qui éprouvent de la difficulté en lecture et en écriture en français.

Photo : Radio-Canada / Photos : artisteer / Avec la gracieuseté de Clara Gossmann

Radio-Canada

Tous les mardis, depuis septembre 2021, Clara Gossmann occupe le poste de « rédactrice publique » à la bibliothèque Lucien-Lalonde de Gatineau. Son travail? Prêter sa plume à ceux et celles qui éprouvent de la difficulté en lecture et en écriture en français, notamment les nouveaux arrivants au pays. Gros plan sur une profession d’un autre temps, mais qui répond à un besoin bien actuel.

En retrait dans la salle, bien installée à son bureau, Clara Gossmann ne se fait pas tout de suite remarquer. La tête penchée sur un clavier d’ordinateur, elle a plutôt l’air d’une universitaire venue profiter des services de la bibliothèque. Et pourtant.

« Mon rôle, c'est d’aider les gens à remplir des formulaires ou à écrire des curriculum vitae et des lettres de présentation. »

— Une citation de  Clara Grossmann

Ce projet-pilote pour lequel Clara Gossmann donne de son temps est une initiative de la bibliothèque Lucien-Lalonde, mise en place à la demande des usagers.

Si elle vient en aide à un large éventail de citoyens - sa clientèle est composée de personnes âgées en perte d’autonomie, d’adultes analphabètes et d’étudiants pour qui la rédaction n’est pas le point fort - les immigrants demeurent de loin ceux qui font le plus souvent appel aux services de la rédactrice. Il s’agit surtout de personnes nouvellement arrivées au Québec qui ne maîtrisent aucune des deux langues officielles.

Une fois reçus, ces nouveaux arrivants ont besoin d’un emploi, d’obtenir une carte d’assurance-maladie, ou d’inscrire leurs enfants à l’école. Ils ont donc de nombreux formulaires à remplir et, au grand désarroi de certains, presque tout se passe en ligne.

C’est pour aplanir ces difficultés que Clara Gossmann a été recrutée.

Un énorme besoin

Le directeur général de Accueil Parrainage Outaouais (APO), Bato Redzovic, est bien placé pour comprendre ce besoin. Entre 700 et 800 nouveaux arrivants font appel aux services de son organisme, chaque année. Les aider à remplir des formulaires est ce qui occupe une majorité du temps de ses employés.

« Nous avons deux employés à temps plein en interprétariat qui font [presque juste] ça. [Ils remplissent] entre 2000 et 2500 formulaires de demande par an. »

— Une citation de  Bato Redzovic, directeur général de Accueil Parrainage Outaouais (APO)

M. Redzovic voit le travail de Clara Gossmann à la bibliothèque Lucien-Lalonde d’un bon œil. Il salue l’initiative, mais devant l’ampleur des besoins, il demeure perplexe.

Est-ce que ça va donner des résultats? Beaucoup, pas beaucoup?, il ne saurait le dire. Chose certaine, conclut-il, ce n’est pas juste à l’Accueil Parrainage Outaouais de s'occuper des nouveaux arrivants. C’est aussi le devoir de la société d’accueil.

Une satisfaction d’avoir aidé

De retour à la bibliothèque Lucien-Lalonde, Clara Gossmann fait la liste des obstacles qu’elle rencontre dans son travail. Elle admet que c’est une tâche de longue haleine.

La plupart des nouveaux arrivants connaissent à peine le français et [le défi est de réussir à] se faire comprendre , explique la rédactrice. Il y a aussi une barrière culturelle. On ne rédige pas un document de la même manière partout. Le Québec a ses propres règles et manières de faire.

« Aider les gens en général a toujours été un petit but pour moi. »

— Une citation de  Clara Gossmann

Malgré tout, Clara Grossman aime son travail de rédactrice publique. Étant la fille d’une immigrante qui s’est établie en Allemagne, il semble qu'elle ait appris à naviguer à travers la paperasse toute sa vie.

Depuis que j’ai 15 ans, je devais déjà traduire des documents officiels pour ma mère de l’allemand vers le français. Dès mon plus jeune âge, j'étais appelée à expliquer la bureaucratie allemande à une personne immigrante , raconte la rédactrice.

J’ai toujours été à l’aise avec cet aspect-là, ça fait longtemps que je le fais. C’est de là, je crois, que je tiens ma patience!

Le service de rédaction de la bibliothèque Lucien-Lalonde est offert de 18 h à 20 h, tous les mardis, jusqu’à la fin du mois de novembre.

Avec les informations de Marie-Lou St-Onge

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