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Deux annexes retirées du rapport de l’Université d’Ottawa sur la liberté académique

Affiche sur laquelle il est écrit "uOttawa".

Le rapport, publié au début novembre, se positionne en désaccord avec l’exclusion de termes, d’ouvrages ou d’idées dans un contexte universitaire et dans une optique pédagogique (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-André Hamelin

Radio-Canada

Le Comité sur la liberté académique de l'Université d'Ottawa a retiré du web deux annexes de son rapport récemment publié en raison d’erreurs techniques, de fautes de formulation et de traduction ainsi que de problèmes concernant « la confection des catégories et le choix des passages ».

Le comité, mis sur pied par l’établissement universitaire afin de tirer des leçons de la controverse entourant le mot en n, a fait l’annonce de ce retrait, jeudi après-midi, par communiqué.

Très rapidement après la publication du rapport, nous avons découvert quelques erreurs techniques, par exemple l’oubli de changer le nom d’un auteur spécialiste alors qu’on avait changé la note de bas de page, et la non-concordance de la traduction à un endroit, a-t-on expliqué.

On précise que ces erreurs ont été corrigées, mais que des questions ont ensuite été soulevées sur d’autres problèmes, comme le fait qu’il pourrait être possible que des personnes puissent être identifiées en raison d’informations de contexte fournies dans les annexes.

Le Comité s’est donc réuni pour voir s’il pouvait faire des vérifications et apporter des corrections. L’exercice a été fait, mais on a vite constaté qu’il était impossible de reconnaître ou de corriger tout ce qui posait des problèmes, a ajouté le comité présidé par l’ex-juge à la Cour suprême Michel Bastarache.

Marc-François Bernier, professeur de journalisme à l’Université d’Ottawa, estime qu’une autre avenue que le retrait des annexes aurait dû être prise.

Je trouve cela inquiétant et révélateur sur l’état de la liberté académique à l’Université d’Ottawa, a-t-il commenté lorsque joint par ICI Ottawa-Gatineau

Selon lui, il aurait été possible de plutôt anonymiser des passages. C’est facile de rendre confidentielles des annexes. Moi-même, par exemple, dans le cadre de mon travail en sciences sociales, j’ai rendu confidentiels des passages de centaines de journalistes, a-t-il dit.

Les deux annexes avaient pour but de résumer les différents mémoires, lettres et interventions reçus et entendus au sein de la communauté universitaire. Il s’agissait d’illustrer qu’il n’y avait pas de consensus eu égard à la réponse à donner aux questions soumises par l’administration, et que plusieurs exprimaient des craintes, des colères, des attentes aussi concernant le climat sur le campus, a souligné le comité.

Lundi dernier, un professeur de l’Université d’Ottawa et membre du Comité sur la liberté académique, Jude Mary Cénat, a annoncé dans une publication Twitter qu’il se distanciait de l’annexe B.

Cette annexe, en plus de contenir des erreurs factuelles sur les mémoires reçus par la commission, en présente un point de vue partiel et partial, a-t-il décrié.

Jeudi, une porte-parole de l'Université d'Ottawa, Isabelle Mailloux, a assuré que la direction de l'établissement n'a « interfér[é] d’aucune façon » dans les discussions du comité ayant mené au retrait d'annexes.

Dans son rapport rendu public au début de novembre, le comité recommande que l’Université d’Ottawa affirme la nécessité de protéger la liberté d'enseignement et la liberté d'expression pour assurer la réalisation de son mandat d’enseignement et de recherche. Le rapport se positionne en désaccord avec l’exclusion de termes, d’ouvrages ou d’idées dans un contexte universitaire et dans une optique pédagogique.

Avec des informations de Samuel Blais Gauthier

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