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Le combat pour l’usine de fabrication d’anodes d’Elysis

Des homme devant l'unité de démonstration industrielle d'Elysis à Alma.

L'emplacement de l'usine d'Elysis est toujours inconnu.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Alors que des centaines d’emplois sont menacés par la technologie Elysis au Saguenay–Lac-Saint-Jean, la coentreprise entreprendra en 2022 les études d’ingénierie qui pourront mener au choix de l’emplacement de sa future usine de fabrication d’anodes.

Le choix de l’emplacement de cette usine résultera d’une décision des deux principaux partenaires dans Elysis, soit Rio Tinto et Alcoa.

La coentreprise formée par les deux multinationales de l’aluminium développe une technologie visant une production sans émission de gaz à effet de serre. Le procédé utilise des anodes inertes, beaucoup moins polluantes que les actuelles en carbone. Comme elles sont 30 fois plus durables que la technologie actuelle, les nouvelles anodes demanderont moins de main-d'œuvre.

Arvida, tu as peut-être 100, 150 personnes qui travaillent pour produire les cathodes. Tu en as autant à Alma, tu en as à l'usine Grande-Baie. C'est des centaines de jobs que tu perds demain matin, a illustré d’entrée de jeu le conseiller municipal à Saguenay et ancien conseiller syndical, Jean-Marc Crevier.

L'entrée d'une usine avec l'inscription Élysis.

Les locaux du centre de recherche et de développement d'Elysis au Complexe Jonquière de Rio Tinto, à Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Pour l'instant, les anodes sont fabriquées à Pittsburgh, aux États-Unis, où se trouve le Centre technique d’Alcoa qui supporte Elysis dans la fabrication de matériaux spécifiques pour les nouvelles anodes et cathodes qui sont essentielles dans le procédé d’Elysis, peut-on lire sur le site Internet d’Alcoa. C’est là aussi que se trouve le siège social d’Alcoa. Le site Internet d'Elysis précise aussi que la technologie a été testée et éprouvée à cet endroit où elle est utilisée avec succès pour produire de l’aluminium à différentes échelles depuis 2009.

Ici, une unité de démonstration est en construction à l’aluminerie d’Alma, où se trouveront trois cuves industrielles qui commenceront leur production en 2023.

Cette unité est située à l’extrémité d’une des trois demi-salles de cuves actuelles, à l’endroit même qui est planifié depuis sa construction pour porter cette usine à deux salles de cuves complètes.

Un calendrier

Le président-directeur général d’Elysis, Vincent Christ, explique que l’étude qui sera lancée l’an prochain permettra entre autres d’établir un calendrier réaliste pour la suite des choses.

Bien que les élus du Saguenay–Lac-Saint-Jean souhaitent que la future usine soit basée sur le territoire régional où Rio Tinto est bien implantée, le pdg affirme que plusieurs facteurs doivent être considérés. Bien sûr, l’hydroélectricité est un atout pour la région, mais l’entreprise a aussi d’autres préoccupations.

Ce n’est pas juste l’emplacement qui est important, il y a toute la chaîne d’approvisionnement qui entre dans cette décision, a exposé Vincent Christ.

En plus d’être présente dans neuf pays, Alcoa possède trois alumineries au Québec, soit à Baie-Comeau, Deschambault et Bécancour.

Des installations industrielles

Alcoa possède trois alumineries au Québec, dont celle de Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Comme Elysis s’attend à avoir des clients partout dans le monde et à remplir ses carnets de commandes, elle doit s’assurer d’avoir ce dont elle a besoin en quantité suffisante pour sa production. Évidemment, le transport et l’accès aux marchés extérieurs sont aussi des enjeux.

Aux partenaires de décider, dit Fitzgibbon

Le gouvernement du Québec a financé plus du tiers du projet Elysis, mais il ne possède que 3,5 % de l'entreprise, loin derrière Rio Tinto et Alcoa. Et ce sont ces deux entreprises qui doivent décider d'ici la fin du premier trimestre de 2022 de l'avenir de cette technologie.

Est-ce commercialisable? Les indications semblent très favorables. Maintenant, c'est aux partenaires de décider comment ils vont déployer cette technologie-là. Donc moi, comme ministre de l'Économie et de l'Innovation, je suis un peu en recul, mais pas loin, a indiqué le ministre québécois de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

Pierre Fitzgibbon parle derrière un lutrin.

Le ministre québécois de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a dévoilé les détails de la Stratégie de développement de l'aluminium lors de son passage à Saguenay.

Photo : Radio-Canada

Ce dernier était présent dans la région cette semaine pour notamment participer à l’annonce de Rio Tinto de la construction de 16 cuves AP60 au Complexe Jonquière. D’ailleurs, même si c’est à cet endroit que se trouve le centre de recherche d’Elysis, la technologie est d’abord adaptée pour des cuves AP40, comme celles qui se trouvent à l’Usine Alma. La technologie Elysis telle que développée actuellement sera donc incompatible avec les nouvelles cuves annoncées, quoique Rio Tinto avance qu’elles ont également une plus faible empreinte carbone.

Une décision rapide, espère Gaudreault

Le député du Parti québécois (PQ) dans Jonquière, Sylvain Gaudreault, est l’un de ceux qui espèrent une décision rapide, surtout que la technologie semble promise à un bel avenir.

Il ne faut pas juste que ce soit une technologie où on va vendre des permis qui seront appliqués au Moyen-Orient, en Chine et en Russie. Il faut que ce soit déployé et fabriqué à partir de chez nous, a plaidé Sylvain Gaudreault. [...] Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est prêt à recevoir [cette usine], le Québec est prêt à embarquer et la main-d’œuvre aussi, mais encore faut-il qu’il y ait ces investissements.

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