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La réforme municipale généralement bien accueillie au Nouveau-Brunswick

Le centre-ville de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Le découpage municipal du Nouveau-Brunswick subira des changements importants d’ici un an (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Au Nouveau-Brunswick, plusieurs voient d’un bon œil l'importante réforme de la gouvernance locale annoncée jeudi par le ministre Daniel Allain. Certains maires se disent toutefois surpris de constater l’ampleur des nouvelles entités municipales, mais ils admettent que l’augmentation de leur assiette fiscale sera un avantage.

Le paysage municipal de la province subira des changements importants. Le nombre d’entités municipales, comme les villages, les villes et les districts de services locaux, passera de 340 à 90.

Les maires des municipalités et les citoyens du Nouveau-Brunswick ont enfin pu prendre connaissance, jeudi, du très attendu livre blanc, soit le plan de réforme de la gouvernance locale.

Certains dirigeants municipaux se sont dits surpris de voir la taille des regroupements que formeront les nouvelles entités municipales de la province.

Gaétan Pelletier assis dans une salle de réunion.

Gaétan Pelletier, maire de Charlo.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

C'est le cas du maire de Charlo, Gaétan Pelletier. C’est surprenant, je suis un peu abasourdi du fait que ce sont des grandes régions qui seront une entité, ça commence à faire de la distance et des changements, lance-t-il.

Gaétan Pelletier souligne que son village a une gestion financière saine et offre de bons services. Je ne vois pas encore l’utilité d’amalgamer.

Le village de Charlo sera fusionné avec la ville de Dalhousie et certains Districts de services locaux. La région du Restigouche comprendra quatre entités municipales et un district rural.

L'union fait la force

À Campbellton, le maire Ian Comeau qualifie la réforme de bonnes nouvelles.

Depuis le tout début, on avait dit que le statu quo n’était pas acceptable, on voulait voir des changements, lance le maire Ian Comeau.

Ian Comeau.

Ian Comeau est maire de Campbellton.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

La nouvelle entité qui comprendra la ville de Campbellton verra sa population presque doubler, ce qui veut dire une augmentation de l'assiette fiscale. On pourra travailler ensemble encore plus et il y a des gens qui auront une voix à la table pour être représentés et pour faire avancer les choses, dit Ian Comeau.

Le maire se dit heureux pour sa ville et pour la région et espère que ces changements majeurs puissent faire avancer des dossiers régionaux.

Plusieurs interrogations

Dans la région Chaleur, le maire adjoint du village de Petit-Rocher, Réjean Guitard, est lui aussi surpris de la tournure des événements. Les trois villages de Pointe-Verte, Petit-Rocher et Nigadoo seront fusionnés avec la ville de Beresford et des Districts de services locaux environnants.

Réjean Guitard dans un bureau.

Réjean Guitard, maire adjoint de Petit-Rocher.

Photo : Radio-Canada / Maya Chebl

On pensait que le reste, nous autres, les petits villages côtiers, n'irait pas avec une ville. Qu’est-ce qui va arriver, c’est le temps qui va le dire, dit-il.

Le maire adjoint de Petit-Rocher trouve que le territoire sera grand et s’inquiète du dédoublement de services.

Il souligne que les infrastructures du village fonctionnaient bien, dans le modèle actuel. Il espère avoir plus de détails de la part du gouvernement et des comités de transition très bientôt, car les interrogations sont nombreuses.

Pour sa part, le maire de Pointe-Verte, Maxime Lejeune, accueille favorablement la réforme de la gouvernance locale dans sa région.

Au niveau fiscal, il va y avoir des avantages, c’est que l’assiette fiscale va augmenter substantiellement. Il faudra cependant voir à ne pas dédoubler des services comme ceux de la Gendarmerie royale du Canada et de la force policière BNPP, dit le maire de Pointe-Verte.

Maxime Lejeune dans un bureau.

Maxime Lejeune, maire de Pointe-Verte.

Photo : Radio-Canada / Maya Chebl

Maxime Lejeune se réjouit de voir que les intérêts des communautés ont été pris en compte pour la formation de la nouvelle entité. Une chose qui me plaît aussi, c’est les délimitations de la nouvelle entité, c’est assez homogène, au niveau de la langue et de la culture et ça c’est bien.

Le maire est conscient que la transition nécessitera beaucoup de discussions et de travail. Il y a plein de choses à faire, d’après ce que j’ai entendu, le ministre parle d'élections [municipales] au mois de novembre, c’est un peu vite, ça m'a un peu surpris, dit-il.

L’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick salue la réforme

L’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB) salue ce plan ambitieux. Elle se dit enthousiaste et souligne que la réforme propose un énorme pas de l’avant pour des communautés plus fortes et viables.

Beaucoup de travail reste à faire. La transition, comme tout changement d’ampleur comme celui-ci, sera un défi. Les gouvernements locaux auront besoin de soutien financier et technique dans les premières années de transition, selon Yvon Godin.

Yvon Godin, maire de Bertrand, N.-B.

Yvon Godin, maire de Bertrand, N.-B.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Je pense que le gouvernement est allé assez loin, mais je pense qu’il va peut-être aussi y avoir des adaptations dans un an ou deux ans. Des gens qui vont s’apercevoir qu'ils sont dans des communautés rurales et qui vont se dire peut-être que j’aurais dû rejoindre cette municipalité, lance Yvon Godin.

Il faudra faciliter la transition, dit l'opposition

L’opposition libérale à Fredericton est d’avis que la réforme présente des changements majeurs.

Le député de Tracadie-Sheila et porte-parole de l'opposition en matière de gouvernements locaux, Keith Chiasson, s’inquiète d’avoir peu de détails sur les outils fournis à l’équipe de transition qui aidera les nouvelles entrées dans le processus.

Je souhaite qu’ils soient outillés pour justement faire un bon accompagnement parce que c’est vraiment des changements majeurs qui sont annoncés, dit-il.

Keith Chiasson dénonce aussi que le gouvernement déverse certaines responsabilités sur le dos des municipalités, en parlant du développement économique et de la promotion du tourisme. Il craint que cela crée des inégalités entre les régions et un sentiment de compétition.

La réforme de la gouvernance locale en bref :

  • Entités totales : de 340 à 90

  • Gouvernements locaux : de 104 à 78

  • DSL : de 236 à 12

  • Entrée en vigueur des fusions : janvier 2023

  • Nombre de fusions : 74

  • Période de transition : 4 ans

Avec des informations de Pascal Raiche-Nogue et de Maya Chebl

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