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Le CP aurait bloqué l’enquête criminelle sur un déraillement, selon une poursuite

Une locomotive et des wagons sont empilés les uns sur les autres dans un banc de neige, près d'une forêt.

Le déraillement mortel est survenu à Field, près de la frontière entre l'Alberta et la Colombie-Britannique, en 2019.

Photo : Radio-Canada / Genevieve Normand

Radio-Canada

Les familles de deux travailleurs du rail morts en 2019 dans un déraillement de train près de Field, en Colombie-Britannique, accusent le Bureau de la sécurité des transports de s'être entendu avec le Canadien Pacifique (CP) dans le but de bloquer une enquête criminelle sur l’événement.

Dans une poursuite déposée à Vancouver la semaine dernière, elles soutiennent que le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) aurait plié devant les menaces du CP, en plus de museler son enquêteur principal.

Il s’agirait, selon le document juridique, d’une stratégie élaborée et agressive du CP visant à empêcher la Gendarmerie royale du Canada d’enquêter sur le rôle de l’entreprise dans le déraillement.

Comme mère, ça me rend furieuse, insiste Pam Fraser, dont le fils, Dylan Paradis, est d'une des victimes de l’accident ferroviaire.

Les intérêts [des Canadiens] ne sont pas pris en considération. Ce qui se trame en arrière-scène est sale et sombre et ne tient pas compte de notre sécurité , estime-t-elle.

Défaillance des freins

Les familles des victimes accusent les fonctionnaires du BST de méfait dans l’exercice d’une charge publique pour avoir omis de signaler une preuve d'un crime potentiel à la police.

Elles déclarent avoir subi des traumatismes supplémentaires aggravant leur deuil, ce qui les a poussées à remettre en question le rôle et l'indépendance de l'agence de sécurité.

Montage photographique des portraits des trois hommes.

Les victimes de l'accident ferroviaire : le stagiaire Daniel Waldenberger-Bulmer (à gauche), le mécanicien Andrew Dockrell (au centre) et le conducteur Dylan Paradis (à droite).

Photo : Facebook

Le mécanicien Andrew Dockrell, 56 ans, le conducteur Dylan Paradis, 33 ans, et le stagiaire Daniel Waldenberger-Bulmer, 26 ans, sont morts lorsque les freins pneumatiques de leur train ont lâché, durant une froide nuit d'hiver, le 4 février 2019.

Cette situation a conduit leur train chargé de grains à dévaler une montagne et à dérailler. La locomotive s’est écrasée dans la rivière Kicking Horse.

La poursuite nomme également l'ancien ministre fédéral des Transports, Marc Garneau. Elle a été déposée le 10 novembre par les familles Dockrell et Paradis.

Durant cette année, les familles ont déposé une autre poursuite contre le CP. La compagnie ferroviaire a, selon elles, l'habitude de tenter de faire des économies aux dépens de ses travailleurs.

Le CP aurait aussi l’habitude d’utiliser ses propres services policiers pour se protéger contre des enquêtes pour négligence criminelle, selon cette poursuite.

Maintenant, les familles ciblent le BST

Des courriels internes de l’organisation indépendante obtenus à la suite d'une demande d’accès à l’information de CBC/Radio-Canada indiqueraient que le BST a retiré l’enquêteur principal de cette affaire en raison de menaces du CP après que celui-ci eut appelé publiquement des services de police extérieurs à examiner une possible négligence criminelle de la compagnie.

Aucune de ces allégations n’a été prouvée en cour et aucun document de défense n’y a encore été déposé.

Le BST rédige en ce moment la version finale de son rapport sur le déraillement, affirme-t-il dans une déclaration écrite. Il décline toute invitation à commenter l'affaire pendant que la poursuite suit son cours.

Le CP qualifie le caractère de la poursuite de trompeur et dit continuer de coopérer pleinement à toutes les enquêtes ou questions.

Avec les informations de Meghan Grant et Dave Seglins

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