•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

11 millions de tests rapides pour les élèves ontariens lors du congé des Fêtes

Test antigénique.

L'Ontario dit que l'utilisation régulière des tests antigéniques lors des vacances permettra de donner de la « tranquillité d'esprit » aux parents.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Radio-Canada

Redoutant une augmentation des « contacts étroits » entre les personnes, l’Ontario dévoile une stratégie de dépistage pour l’hiver à venir qui inclut la distribution 11 millions de tests antigéniques pour les élèves, l’offre de tests PCR pour les personnes symptomatiques dans jusqu’à 1300 pharmacies et une campagne de dépistage intensive qui vise les gens qui magasinent en prévision des Fêtes.

Les écoles financées par des fonds publics recevront, d’ici la mi-décembre, des trousses de tests antigéniques rapides pour les élèves. Chaque élève de ces écoles et des écoles des Premières Nations participantes qui le souhaitent recevra une boîte de cinq tests afin de procéder à un test d’autodépistage les lundis et jeudis lors des vacances scolaires.

Retrouvez l'intégralité du plan de dépistage au bas de ce texte.

En cas de résultat positif, l’élève devra s’isoler et aller passer un test de dépistage PCR, dont les résultats sont plus fiables, dès que possible afin de vérifier une éventuelle contamination.

Ce choix a été guidé par la prudence pour assurer le retour des enfants à l'école en janvier et aussi pour réduire toute anxiété des parents pendant la période de Noël, selon les dires du ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, en conférence de presse jeudi après-midi.

La province dit avoir payé 50 millions de dollars à l’entreprise BTNX pour ces tests.

Bien que les tests soient normalement fournis par le gouvernement fédéral, les fonctionnaires provinciaux disent qu'ils avaient besoin d'un volume plus important pour les élèves et se sont tournés vers l'un des fournisseurs approuvés par le gouvernement fédéral.

Comme annoncé fin octobre, des trousses tests de dépistage PCR sont aussi désormais envoyées dans l’ensemble des écoles publiques de la province pour que les élèves et le personnel puissent les emporter et les utiliser à la maison s’ils sont symptomatiques ou ont été en contact avec des personnes qui ont la COVID-19. Les écoles privées et celles des Premières Nations peuvent aussi en faire la demande.

Les personnes avec symptômes peuvent subir un test de dépistage dans les pharmacies

Par ailleurs, près de 600 pharmacies se préparent à commencer le dépistage symptomatique dans les prochains jours, selon un breffage technique de la province pour les médias, en amont de la conférence de presse tenue jeudi pour parler de cette stratégie de dépistage accru. Au total, jusqu'à 1300 pharmacies se sont manifestées pour participer à ce programme.

Le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr Kieran Moore, a assuré devant les médias qu'en établissant les meilleures pratiques pour ce déploiement, la province s'appuie sur l'expérience de plus d'un an et demi d'administration de tests. Nous pensons que nous pouvons le faire de manière très sûre, a-t-il affirmé.

Trois options distinctes pourraient être proposées, selon les capacités des pharmacies participantes :

  • Test PCR en magasin sur rendez-vous uniquement.
  • Trousse d'autodépistage à effectuer à la maison sans prise de rendez-vous nécessaire.
  • Tests antigéniques rapides en magasin sur rendez-vous uniquement, avec des résultats traités sur place dans les 30 minutes. Cette option sera initialement axée sur le Nord de l'Ontario.

Les établissements concernés devront respecter plusieurs conditions pour offrir les tests PCR, comme assurer la distanciation physique, la désinfection, le port du masque et la création un espace consacré à ces tests.

Mais sur ce dernier point, les responsables de la santé publique n'ont pas pu fournir de réponse claire lorsqu'on leur a demandé s'il s'agissait d'une pièce séparée ou simplement d'un espace divisé par des barrières en plexiglas, par exemple. Selon eux, cela dépendra de chaque pharmacie; certaines pourront par exemple offrir le dépistage en service au volant.

Photo de consommateurs qui marchent dans le quartier de la Distillerie lors du marché de Noël.

Des tests de dépistage seront disponibles dans des endroits où les personnes vaccinées et non vaccinées peuvent se retrouver parmi la foule, comme les marchés de Noël ou les centres commerciaux, selon la province.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Enfin, l'Ontario entreprendra également une campagne éclair de dépistage pendant les vacances, selon des responsables en amont de la conférence de presse de jeudi. Des unités de dépistage mobiles seront déployées dans des lieux tels que les espaces publics, les centres commerciaux et les marchés de Noël. Les emplacements sont toujours en cours d'identification et le seront dans les semaines à venir.

Des craintes autour des pharmacies

Le dépistage de la COVID-19 auprès de personnes qui ont des symptômes dans les pharmacies fait déjà l'objet de critiques, alors que des experts et l'opposition néo-démocrate disent que cela représente un risque pour les clients de ces établissements.

Les critiques soulignent que des aînés et des personnes immunodéprimées pourraient ainsi être exposés au coronavirus en se rendant chercher une ordonnance à la pharmacie.

Le Dr Michael Warner, directeur médical des soins d'urgence à l'Hôpital Michael Garron, à Toronto, affirme que les pharmacies n'ont peut-être pas un système de ventilation aussi avancé que celui des centres de dépistage des hôpitaux. Il se demande également si les pharmacies seront aussi strictes que les hôpitaux quant au port d'équipement de protection contre les infections.

À l'heure actuelle, les pharmacies peuvent offrir des tests de dépistage seulement pour les personnes asymptomatiques.

« Les individus symptomatiques ne peuvent pas aller au travail, à l'école ou rendre visite à quelqu'un à l'hôpital, mais ils pourraient côtoyer des clients vulnérables, certains non vaccinés, au Shoppers Drug Mart. Sans ventilation supérieure, masque N95 et le traçage de tous les clients, ce n'est pas sécuritaire. »

— Une citation de  Le Dr Michael Warner, Hôpital Michael Garron

Il se demande également si ça pourrait dissuader certaines personnes de se faire vacciner contre la grippe en pharmacie.

Le gouvernement Ford se défend

La ministre de la Santé, Christine Elliott, insiste pour dire que le plan de son gouvernement est sécuritaire et a reçu l'aval du médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr Kieran Moore.

L'attachée de presse de la ministre, Alexandra Hilkene, note également que les trois quarts des Ontariens sont en faveur de l'idée, selon un récent sondage de la firme Pollara commandé par le gouvernement. Le sondage a été mené en ligne du 29 octobre au 3 novembre auprès de 600 Ontariens de 18 ans et plus. Sa marge d'erreur est de 4 %.

Le premier ministre Doug Ford se faisait rassurant lui aussi plus tôt cette semaine. Des protocoles seront en place; nous serons très attentifs. Je suis convaincu que [les pharmacies] feront du bon travail, a affirmé M. Ford mardi.

Tests PCR gratuits

Selon le plan provincial, les pharmacies qui le désirent pourraient offrir des tests PCR par écouvillon gratuitement (couverts par le gouvernement) aux personnes présentant des symptômes et à celles qui ont eu un contact à haut risque avec des personnes atteintes de la COVID-19.

Des trousses de dépistage à la maison seraient aussi proposées en pharmacie. Les pharmacies pourraient servir de point de chute pour les tests à domicile, dont l'analyse serait ensuite faite en laboratoire.

Pour être admissibles, les pharmacies devraient disposer d'un local désigné, qui permettra la distanciation physique. Elles devraient aussi prévoir une période de nettoyage entre chaque test et mettre en place une signalisation pour indiquer que l'établissement offre des tests aux personnes symptomatiques.

Pour sa part, le NPD a demandé au gouvernement de mettre son plan en veilleuse au moins jusqu'à ce que les procédures de prévention des infections soient clarifiées. Envoyer des gens symptomatiques soupçonnés d'avoir la COVID dans les pharmacies va causer de la peur et de l'anxiété, dit la chef néo-démocrate, Andrea Horwath. Sans parler du risque que des personnes vulnérables contractent la COVID.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !