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Bitfarms veut regagner la confiance des Sherbrookois

Des employés de Bitfarms assis à une table en train de faire une présentation.

Les dirigeants de Bitfarms promettent une meilleure collaboration avec les résidents dans le futur.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Radio-Canada

Depuis l’implantation de Bitfarms en 2019, de nombreux Sherbrookois se sont plaints du bruit généré par l’usine de cryptomonnaie. L'entreprise va déménager en 2023, mais entre-temps, ses nouveaux dirigeants veulent rebâtir les ponts avec les résidents.

Les activités de l’entreprise dérangent en effet les riverains depuis quelques années, et ont même valu des plaintes au ministère de l’Environnement. Le nouveau président de l'entreprise cotée en bourse s'est cependant engagé à régler ce problème mercredi. Bitfarms a aussi présenté ses nouvelles politiques en matière de communication avec la communauté, consciente qu'elle fait face à un déficit de crédibilité.

« Nous comprenons vos demandes. C’est pour cette raison que nous avons créé un plan d’action. »

— Une citation de  Geoff Murphy, président de Bitfarms

Je pense qu’on a une nouvelle philosophie. On veut être à l’écoute, on veut être présent, on veut permettre aux citoyens de s’exprimer, et à terme, on veut être un excellent citoyen corporatif, assure quant à lui Stéphane Bertrand, porte-parole de Bitfarms.

L'entreprise dit notamment garder le cap après avoir signé une entente avec la Ville de Sherbrooke en septembre dernier. Cette dernière inclut une réduction du bruit à l’usine de la Pointe au plus tard le 31 mai 2022. Le site sera ensuite fermé et déménagé en février 2023. Deux autres emplacements dans le parc industriel de Sherbrooke sont déjà en chantier pour accueillir les nouvelles installations.

Des investissements d’environ 140 M $ seront versés dans le cadre de cette réinstallation, selon l’entreprise.

Pour que ce déménagement se déroule dans l'harmonie, Bitfarms a remanié son site internet pour le rendre plus interactif et pour permettre aux résidents d’envoyer des plaintes plus facilement. Une ligne téléphonique leur sera aussi consacrée, et un comité de citoyens sera formé pour suivre les étapes du projet de réaménagement.

Bitfarms s’engage également à créer une politique de dons et de commandites pour réinvestir dans la qualité de vie des Sherbrookois. On espère, à terme, redorer davantage notre image, souligne Stéphane Bertrand. 

Rencontre citoyenne

Une rencontre citoyenne a été organisée par Bitfarms mercredi en soirée pour réitérer ses résolutions à collaborer avec la population et répondre aux questions des résidents.

Je ne veux pas excuser le passé, mais depuis un an, beaucoup de choses ont changé [...] toute l’équipe a changé. Vous avez devant vous une nouvelle équipe, beaucoup plus sensible, indique Stéphane Bertrand.

Il admet aussi qu’avec l’expérience, l’entreprise ne se serait pas installée sur la rue de la Pointe.

L’usine Bitfarms sur la rue Lapointe est un cas particulier. Aujourd’hui, si on avait à refaire, ce n’est pas le genre d’usine qu’on aurait achetée. [...] Elle est dans une cuvette, et il y a un effet important sur le son , souligne M. Bertrand. Selon le porte-parole, l’entreprise a appris de ses erreurs et aménage aujourd'hui beaucoup mieux ses installations. Des études sonores complètes ont d’ailleurs été réalisées sur ses nouveaux sites, selon l’entreprise.

Des résidents se sont cependant montrés dubitatifs devant les explications et les promesses de Bitfarms.

Moi, je considère qu’aussitôt qu’on a vu le problème, ça aurait dû être déménagé tout de suite, déplore Paul André Goulet, un riverain. Là, ça a pris deux ans, et ça va prendre encore une année, voire une année et demie. C’est une très belle campagne de relations publiques, c’est clair, très bien fait, très professionnel, très habile. [...] Je ne dirais pas que c’est trop peu, trop tard, mais c’est très tard. C’est décevant de voir comment il a fallu que ça prenne de mobilisation citoyenne pour arriver à déménager ça. 

Je suis content dans le sens que j’aime mieux entendre ce discours-là que se faire claquer la porte au nez comme ça a été le cas avant. En même temps, c’est beaucoup de dépenses. Ces dépenses-là de relations publiques, si ça avait été placé au début, ça aurait peut-être été plus constructif, ajoute M. Goulet.

Micheline Delorme, une autre résidente dérangée par les bruits générés par Bitfarms, indique que le lien de confiance avec l’entreprise n’est pas fort Ils veulent faire plaisir aux gens, mais je n’ai pas senti une grosse volonté d’amélioration. Ils vont déménager dans trois sites, donc je me questionne. Est-ce qu’ils vont incommoder encore plus de gens? Est-ce qu’ils vont vraiment améliorer pour la peine? J’ai un doute.

Le résident Benjamin Côté indique qu'il va croire l'entreprise quand il arrêtera de l'entendre. On voit que c’est une opération charme qu’ils font, ils essaient de regagner la confiance des citoyens, ce qui est une bonne chose en soi, parce que ça faisait un bout que notre confiance était brimée. Par contre, est-ce qu’ils ont atteint l’objectif? Ça reste à confirmer avec les citoyens. Moi, je pense qu’ils arrivent un peu trop tard dans le processus, car l’entente est déjà signée avec la Ville.

Bitfarms invite les Sherbrookois à une journée portes ouvertes le 20 novembre à l'Hôtel Delta. L'entreprise indique que ce sera l'occasion pour les résidents d'en apprendre plus sur l'industrie de la cryptomonnaie.

Le dossier de Bitfarms sera par ailleurs à l'ordre du jour du prochain conseil municipal le 22 novembre.

Avec les informations de Guylaine Charette et d’Emy Lafortune

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