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Les exportations agricoles perturbées par les inondations en C.-B.

Des semi-remorques et des débris sur la route en bordure.

Des véhicules abandonnés et des débris sur la route 1 après l'inondation à Abbotsford, en Colombie-Britannique, le mercredi 17 novembre 2021.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms / CBC

Les dégâts subis par les infrastructures routières et ferroviaires dans le sud de la Colombie-Britannique en raison d’inondations causent des problèmes aux agriculteurs ainsi qu'à l’industrie du transport au Manitoba. Toutefois, ils auront peu d'effets sur les consommateurs manitobains.

Gérant des opérations à Horizon international, une firme de camionnage de Winnipeg, Luc Dubé dit n’avoir jamais vécu de situation semblable. Tant les liaisons ferroviaires que les routes sont impraticables en même temps, en raison d’une catastrophe naturelle.

Il y a toujours eu une façon de faire un détour quelconque. Je n’ai jamais vu ça, le chemin coupé complètement comme ça. Chaque route qu’on peut prendre de Calgary pour monter à Vancouver est fermée, soit à cause d’un glissement de boue ou des inondations. La route Transcanadienne est la pire, relate M. Dubé à Radio-Canada.

Il s’estime chanceux d’avoir un seul camion coincé en Alberta. Un de ses collègues manitobains a un chargement de 40 camions transportant des produits du porc. Destinés à l’Asie en partance de Vancouver, ces poids lourds sont coincés à Calgary.

Il est à la recherche de n’importe quelle solution à ce point-ci. Il fait des démarches avec le gouvernement américain pour avoir les permis afin de se rendre dans l’État de Washington pour, par la suite, rejoindre le port de Vancouver, raconte-t-il.

L’économiste et directeur principal du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie Sylvain Charlebois affirme que ces blocages auront des conséquences sur la qualité de certains produits.

Il y a certains produits qui requièrent de la réfrigération. Par exemple, pour la viande, s’il y a une brèche, ça peut compromettre la qualité du produit à destination de l’Asie ou des États-Unis, explique-t-il.

Sylvain Charlebois accorde une entrevue de façon virtuelle à Radio-Canada.

L'économiste Sylvain Charlebois, durant une entrevue avec Radio-Canada

Photo : Radio-Canada

C’est problématique pour les producteurs manitobains, dit-il, parce que l’Asie est pour eux un marché important pour l’exportation.

Impact pour l’industrie des grains

Pour les producteurs de grains, les contrecoups de cette catastrophe naturelle en Colombie-Britannique sont moindres que s’ils avaient connu une meilleure saison de production.

Chez Richardson International, une firme de Winnipeg spécialisée dans l'agroalimentaire, le vice-président des affaires commerciales, Jean-Marc Ruest, explique que la sécheresse a fait baisser le rendement, et qu'il y a donc moins de grains à transporter par voie ferroviaire.

On va être en moyen de se rétablir plus rapidement, dit-il, justement parce que les volumes de grains habituels ne sont pas en place dans l’Ouest en raison de la sécheresse. Il n’en demeure pas moins que c’est un dur coup pour nos producteurs, qui voient encore une entrave vers nos marchés d’exportation.

Pas de pénurie à prévoir dans les épiceries

Pour les consommateurs qui font leur épicerie, ces problèmes de transport ne devraient pas être trop visibles, estime Sylvain Charlebois.

On s’attend peut-être à des pénuries là-bas en Colombie-Britannique. Au Manitoba, on s’attend comme n’importe quoi à moins de choix, qu’il y ait des trous ici et là. Les viandes, les produits laitiers, je ne vois pas de problème. Les problèmes pourraient plutôt être dans les produits transformés, dit-il.

Il ajoute qu’il était déjà possible d’apercevoir partout au pays ces rationalisations de produits et de marques dans les magasins, bien avant les événements des derniers jours.

Jean-Marc Ruest.

Jean-Marc Ruest, vice-président des affaires commerciales à Richardson International, une firme spécialisée dans l’agroalimentaire.

Photo : Radio-Canada

M. Ruest et M. Charlebois soutiennent que la chaîne de transport au Canada est fragile, ce que les imprévus mettent en évidence.

Les événements en Colombie-Britannique nous démontrent que les chaînes d’approvisionnement sont très vulnérables. On le savait, ça, depuis fort longtemps, et c'est autant à l’est qu’à l’ouest, déclare M. Charlebois.

On doit se pencher là-dessus, sur cette fréquence d’interruption de notre capacité d’exporter. On a eu quatre ou cinq interruptions importantes dans les 18 derniers mois en raison d’événements naturels, de manifestations ou de grèves, renchérit M. Ruest.

Il précise qu’à long terme la réputation du Canada, connu pour la fiabilité de son système d’exportation de grains, notamment pour le marché asiatique, pourrait être compromise.

Avec les informations de Thibault Jourdan, Christian Riou et Zoé Clin

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