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Celui qui aurait tué un médecin de Red Deer dit avoir voulu se venger d’une castration

Deng Mabiour et un policier en civil dans une petite salle d'interrogatoire.

Deng Mabiour lors de son interrogatoire par les policiers de la Gendarmerie royale du Canada.

Photo : Pièce à conviction de la GRC

Radio-Canada

L’homme accusé du meurtre au premier degré d’un médecin de Red Deer, en Alberta, l’année dernière, l'aurait tué pour se venger, car il le tenait responsable d'une castration chimique qui se serait passée des années auparavant.

Une transcription envoyée à CBC/Radio-Canada par la Cour du banc de la Reine de l’Alberta relate un interrogatoire de l'accusé, Deng Mabiour, effectué par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le document de 184 pages présente la version des faits de l’accusé quelques heures après son attaque au marteau et à la machette sur le médecin Walter Reynolds.

La Couronne prévoyait utiliser l’entrevue pour le procès de Deng Mabiour après que le juge Paul Belzil l'eut déclaré recevable, mais l’homme de 54 ans est mort en détention au début du mois, une vingtaine de jours avant la date prévue pour le début de son procès.

Les causes de son décès n'ont pas été officiellement déclarées. Néanmoins, il a été mentionné en Cour qu’il subissait des traitements pour un cancer.

C’est une revanche

Au cours de son interrogatoire, Deng Mabiour a raconté aux policiers de manière décousue que, en 2012, il souffrait du lymphome de Hodgkin, un type du cancer du système lymphatique. Les résultats de ses tests auraient été envoyés au Dr Willem Grabe, à la clinique sans rendez-vous Village Mall, où travaillait également la victime.

Deng Mabiour a alors affirmé que le Dr Grabe avait pris rendez-vous pour lui à l’Hôpital de Red Deer. Ce rendez-vous était pour la castration, pour me castrer, a-t-il dit aux agents de la Gendarmerie royale du Canada.

Le médecin lui avait alors assuré que c’était pour traiter son cancer, selon Deng Mabiour.

L’accusé serait retourné à la clinique le lendemain, car il disait souffrir d'une douleur extrême et de gonflements. La victime, le Dr Walter Reynolds, lui aurait donné des pilules pour traiter sa douleur, mais celles-ci étaient inefficaces, selon l’accusé.

Walter Reynolds souriant et coiffé d'une casquette.

Walter Reynolds, 45 ans, a été tué le 10 août 2020 dans la clinique de Red Deer où il pratiquait en tant que médecin de famille.

Photo : Anelia Reynolds

Deng Mabiour aurait déposé une plainte au Collège des médecins et chirurgiens de l'Alberta (CPSA) une fois ses traitements à l’hôpital terminés. Il croyait avoir été castré en raison de la couleur de sa peau.

Le Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta aurait enquêté sur cette plainte avant de la rejeter, a dit M. Mabiour aux policiers. Selon lui, Walter Reynolds avait été interrogé par le Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta à ce sujet.

Il a également déclaré qu'il avait écrit à son député, au gouvernement de l'Alberta et à la Commission des droits de la personne de l'Alberta, mais qu'aucune de ces démarches n'avait abouti.

Le gouvernement de l’Alberta et le gouvernement fédéral sont responsables du crime que j’ai commis, a-t-il dit aux policiers. C’est une revanche.

« Le blesser ou le tuer, c'est la même chose »

Deng Mabiour s’est réveillé le jour des événements en ayant un plan. Il s’est débarrassé de ses médicaments dans l'idée de ne jamais retourner dans son appartement.

Deng Mabiour voulait mourir sous les balles de policiers, mais il a changé d’avis rapidement.

Quand les policiers lui ont demandé s’il prévoyait de tuer le Dr Walter Reynolds le 10 août 2020, Deng Mabiour a déclaré : Le blesser ou le tuer, c’est la même chose.

Un policier tient l'accusé menotté dans le dos, quelques instants avant de l'asseoir dans une camionnette de la GRC.

Deng Mabiour, 54 ans, a été arrêté à l'extérieur de la clinique de Red Deer quelque temps après le meurtre du médecin Walter Reynolds.

Photo : Facebook

Il a par contre précisé qu'il aurait attaqué le Dr Grabe s'il était tombé sur lui à la place de la victime cette journée-là.

Il n’a jamais fait preuve de remords pour ses actes durant l’interrogatoire.

Avec les informations de Janice Johnston

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