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COVID-19 liée à un rassemblement religieux : le pasteur évoque la volonté divine

Robert Smith dans l'église.

Un rassemblement organisé à la fin d’octobre à l’église baptiste Gospel Light à Amherst en Nouvelle-Écosse est lié à la mort de trois personnes atteintes de la COVID-19. Ci-dessus, le pasteur de cette église, Robert Smith, a prononcé un sermon le 14 novembre.

Photo : Facebook/Gospel Light Baptist Church

Radio-Canada

Le pasteur d’une église en Nouvelle-Écosse qui a organisé une activité liée à une montée en flèche du nombre de cas de COVID-19 et à la mort de trois personnes atteintes a dit aux fidèles cette semaine que c’était malheureux, mais que c’était la volonté de Dieu.

Robert Smith, le pasteur de l’église baptiste Gospel Light à Amherst a organisé dimanche un premier service religieux en présentiel depuis trois semaines. Son sermon a été diffusé sur Facebook. L’enregistrement du sermon a été retiré du média social par la suite.

L’église du pasteur Smith a accueilli à la fin d’octobre un rassemblement de groupes confessionnels provenant des quatre coins de la province. Selon la santé publique, plus d’une centaine de personnes étaient présentes et nul ne leur a demandé une preuve de vaccination contre la COVID-19, ce qui contrevient aux règles en vigueur.

Durant son sermon, Robert Smith a déclaré qu’il a respecté la volonté de Dieu et que les participants ont eu une bonne semaine de réunion. Une jeune dame a été sauvée, a-t-il ajouté.

Trois personnes sont mortes de la COVID-19 en Nouvelle-Écosse la semaine dernière. L’une d’elles vivait dans un foyer de groupe à Amherst, les deux autres dans un foyer de soins à Pugwash. La santé publique a lié leur cas respectif à l’activité organisée par l’église Gospel Light.

La contagion communautaire dans les secteurs sanitaires du nord et de l’ouest est principalement associée à cette activité, selon les autorités provinciales.

Hausse des hospitalisations

Le nombre de personnes atteintes de la COVID-19 hospitalisées a soudainement augmenté en Nouvelle-Écosse ces derniers jours. Le premier ministre Tim Houston a déclaré, lundi, qu’il était bouleversé et inquiet.

Robert Smith compare le traitement subi par son église à de la persécution. Durant son sermon qui a duré une demi-heure, il a répété plusieurs fois que des personnes tentent d'attribuer la faute à sa communauté. Il a recommandé aux fidèles de résister au sentiment de honte. Il a déclaré que c’est le diable qui tente d’entraîner la communauté.

Le pasteur a ajouté que selon la Bible, toute chose concourt au bien et que ce principe s’applique aussi aux membres de la communauté qui sont hospitalisés.

Robert Smith n’a pas répondu à plusieurs demandes d’entrevue.

La façade de l'église.

L'église baptiste Gospel Light à Amherst, en Nouvelle-Écosse, en novembre 2021.

Photo : CBC / Robert Guertin

La santé publique de la Nouvelle-Écosse a récemment indiqué qu’environ 70 % des personnes qui ont assisté au rassemblement étaient complètement vaccinées contre la COVID-19 et que la communauté coopérait avec elle aux fins des tests de dépistage et de la recherche des contacts.

Une preuve de vaccination n’est pas exigée lors d’un service religieux ordinaire comme celui qui s’est déroulé dimanche dans l’église Gospel Light, mais elle est obligatoire lors de toute autre activité accueillie par des groupes confessionnels, comme c’était le cas durant la semaine de réunions de l’église Gospel Light.

Le port du masque est obligatoire durant les services religieux.

La police municipale d’Amherst n’avait toujours pas porté d’accusation à ce sujet contre qui que ce soit en date de lundi.

Le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, Robert Strang, a annoncé la contagion liée à cet événement il y a environ deux semaines. Il a dit à ce moment qu’il comptait communiquer avec les chefs religieux de la province pour s’assurer qu’il comprennent les règles sur la vaccination et le port du masque.

Ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient, selon un autre pasteur

Une vingtaine de fidèles de l’église baptiste Amazing Grace à Bridgetown ont participé à l’événement organisé à l’église Gospel Light, selon le pasteur Brandon Lake.

Brandon Lake affirme que le pasteur et l’église qui ont organisé l’événement ont fait tout ce qu’ils pouvaient. Selon lui, ils suivaient les lignes directrices transmises au public.

Le pasteur Lake soutient que la santé publique n’a clairement établi les règles sur la preuve de vaccination qu’après le rassemblement. Il affirme que rien n’indiquait sur le site web du gouvernement qu’il fallait une preuve de vaccination pour assister à un événement de ce genre.

Brandon Lake ne fait pas de commentaire au sujet de son statut vaccinal ni au sujet du statut vaccinal de sa communauté.

Selon les règles de santé publique, la preuve de vaccination n’est pas nécessaire pour les services religieux, mais elle l’est pour les festivals à l’intérieur et à l’extérieur, les événements spéciaux et les événements artistiques ou culturels, comme c’était le cas pour le rassemblement à l’église Gospel Light.

Brandon Lake estime que les groupes religieux sont injustement ciblés dans les médias comme ayant contribué à la propagation de la COVID-19. Selon lui, il n’y a jamais eu plus d’une centaine de personnes au rassemblement.

Il dit être au courant de la mort des trois patients, mais il écarte tout lien avec le rassemblement.

Je ne crois pas qu’il est juste de dire que c’est le résultat du rassemblement religieux, c’est plutôt le résultat de la plus grande liberté accordée aux personnes complètement vaccinées qui peuvent toujours être porteuses du virus, affirme Brandon Lake.

D’après un reportage de Taryn Grant, de CBC

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