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Les gestionnaires de cas des anciens combattants sont sur le point de craquer

Lawrence MacAulay intervient à la Chambre des communes.

Le ministre des Anciens Combattants, Lawrence MacAulay

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

La cheffe du syndicat représentant les gestionnaires de cas pour Anciens Combattants Canada prévient ses membres qu'ils sont près de leur « point de rupture » en raison de la quantité excessive de travail et du manque de soutien de leurs supérieurs.

Virginia Vaillancourt, du Syndicat des employé(e)s des Anciens Combattants, est également sceptique quant aux promesses du gouvernement de s'attaquer au problème après ce qu'elle décrit comme six années de solutions de fortune sous les libéraux.

Le gouvernement doit joindre le geste à la parole et régler la situation, a affirmé Mme Vaillancourt en entrevue. Cela fait six ans qu'ils en parlent, et ils n'ont rien fait, à mon avis, à part mettre des pansements temporaires.

Les commentaires de Mme Vaillancourt surviennent quelques jours après qu'une ancienne gestionnaire de cas pour Anciens Combattants Canada a déclaré à La Presse canadienne que les anciens combattants invalides sont mis à risques parce que les gestionnaires de cas débordés essaient de jongler avec des dizaines de dossiers avant de s'épuiser et de s'en aller.

La décision de Lucy Hirayama de prendre la parole survient après une série d'articles portant sur certains des défis les plus pressants auxquels sont soumis les anciens combattants aujourd'hui, notamment le grand nombre d'anciens membres des Forces armées ayant des besoins complexes qui sont confiés à des gestionnaires de cas individuels.

Les gestionnaires de cas aident les anciens combattants ayant des besoins complexes à créer des plans pour réussir leur retour à la vie civile après avoir quitté l'armée pour des raisons médicales. Ils sont chargés de coordonner les différentes ressources médicales et financières nécessaires à cette transition.

La promesse libérale non tenue, selon les syndicats

Lors des élections fédérales de 2015, reconnaissant leur importance, le gouvernement libéral a promis de réduire le nombre d'anciens combattants affectés à des gestionnaires de cas individuels à une moyenne de 25 pour 1, après que ce nombre eut atteint 40 pour 1 sous les conservateurs.

Pourtant, Anciens Combattants Canada affirme que le gestionnaire de cas moyen au Canada a 33 anciens combattants qui lui sont assignés, tandis que le syndicat qui représente les gestionnaires de cas affirme qu'une enquête menée auprès de ses membres au cours de l'été a révélé que la majorité d'entre eux étaient responsables de plus de 35 dossiers et même parfois plus de 50 pour certains.

Mme Vaillancourt attribue l'écart à la façon dont le ministère fait suivre la charge de travail des gestionnaires de cas qui partent en congé prolongé ou en congé de maladie, en disant que d'autres gestionnaires de cas finissent par prendre la relève, même si les dossiers restent techniquement entre les mains du membre du personnel absent.

C'est pourquoi les chiffres ne sont pas exacts [...] parce qu'ils ne tiennent pas de registres précis, a-t-elle indiqué, ajoutant que le ministère a refusé de dire combien de ses gestionnaires de cas sont en congé de maladie pour épuisement.

L’épineuse question de l’embauche

Le ministre des Anciens Combattants, Lawrence MacAulay, a affirmé que le gouvernement tiendrait sa promesse faite lors de la récente campagne électorale, soit celle d'embaucher davantage de gestionnaires de cas et d'autres employés pour le ministère. Or, le ministre n'a pas encore fourni de détails.

Entre-temps, Anciens Combattants Canada affirme que son budget prévoit 476 gestionnaires de cas et que ces postes sont pourvus par 426 employés permanents et 50 employés temporaires. Interrogé sur le respect du ratio de 25 pour 1, le ministère répond qu'il s'efforce d'alléger le fardeau administratif des gestionnaires de cas.

Si le gouvernement voulait vraiment aider les anciens combattants, Mme Vaillancourt estime qu'il aurait déjà inscrit sur la liste des employés permanents du ministère les gestionnaires de cas temporaires ainsi que plus de 560 autres employés contractuels embauchés pour aider à résorber l'arriéré des demandes de prestations d'invalidité.

Le financement de ces employés temporaires doit expirer en mars et, bien que le ministère ait déclaré que certains d'entre eux seront conservés, il n'a pas précisé combien ni quand ils sauront que leur emploi est assuré.

« S'ils embauchent plus de gestionnaires de cas, pourquoi laissent-ils partir le personnel temporaire actuel qui a été embauché en mars 2022, alors qu'il est déjà formé et à jour? Ils devraient émettre des lettres pour les prolonger ou les rendre permanents. »

— Une citation de  Virginia Vaillancourt, du Syndicat des employé(e)s des Anciens Combattants

Pendant ce temps, un document de planification déposé à la Chambre des communes plus tôt cette année a montré que l'effectif global d'Anciens Combattants devrait passer d'environ 3600 cette année à 2900 l'année prochaine si le personnel temporaire partait.

Budget en baisse

Des anciens combattants portant des médailles, dont l'un en fauteuil roulant, font le salut militaire.

Quelques anciens combattants à une cérémonie à Québec. Parmi eux (de gauche à droite), Pascal Denis, Gabriel Larouche, Éric Dupuis et Paul Giroux.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le budget des services internes du ministère, qui couvre les salaires et d'autres dépenses de fonctionnement, devrait également chuter à 80 millions de dollars l'an prochain, contre 100 millions en 2019-2020, en raison de l'expiration du financement temporaire de ces employés.

Ces baisses surviennent en dépit du fait que le gouvernement prévoit une augmentation continue du nombre d'anciens combattants malades et blessés qui demanderont une aide financière et médicale au cours des prochaines années, et dont beaucoup auront également besoin d'un gestionnaire de cas.

Depuis que Mme Hirayama a fait part de son expérience au ministère des Anciens Combattants, Mme Vaillancourt a reçu des informations provenant d'autres gestionnaires de cas qui travaillent encore au ministère et qui ont salué sa décision de s'exprimer et ont fait valoir en privé les mêmes préoccupations.

C'est le cas dans tout le pays, a dit Mme Vaillancourt. Il ne s'agit pas seulement d'un bureau respectif ou d'une région respective. Ce sont toutes les régions qui sont surchargées et frustrées [...] Aucune d'entre elles ne veut voir un autre ancien combattant passer entre les mailles du filet.

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