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Incendie d’un refuge pour Autochtones : l’accusé est un ancien de l’armée

Michael Peter Belanger dans un jardin.

Michael Peter Belanger est propriétaire d'une maison à proximité du lieu pressenti pour devenir un refuge pour sans-abri.

Photo : Facebook

Radio-Canada

L'employé municipal accusé d'avoir incendié le pavillon d'un terrain de golf de London qui devait servir de refuge pour les sans-abri autochtones est un vétéran de l'armée canadienne, a appris CBC News.

De plus, il est propriétaire d'une maison voisine qui est actuellement à vendre. L'agent immobilier responsable de la vente est sa femme, toujours selon CBC News.

Michael Peter Belanger, 54 ans, fait face à un chef d'accusation d'incendie criminel.

Le ministère de la Défense nationale a confirmé mardi que M. Belanger s'est joint aux forces régulières en mai 1987 et a servi jusqu'en juin 1990. Il a ensuite été transféré dans la Réserve supplémentaire, d'où il a été libéré en avril 2004.

La Réserve supplémentaire est composée de membres des Forces armées canadiennes qui ont déjà servi dans la force régulière ou qui possèdent des compétences ou une expertise spéciales pour lesquelles il existe un besoin militaire, selon le ministère de la Défense.

M. Belanger était artilleur et avait atteint le grade de soldat, mais il n'a pas été envoyé sur le terrain, selon les responsables. Le ministère ne divulgue pas les raisons de libération.

Propriétaire d'une maison voisine

De plus, les registres fonciers montrent que M. Belanger est propriétaire de la maison située au 2255 River Road, à trois portes du pavillon du terrain de golf qui était prévu comme refuge pour Autochtones.

La maison en question a été mise en vente pour 1,8 million de dollars en septembre, mais retirée du marché quelques semaines plus tard. Puis, elle a été remise sur le marché le 1er octobre pour 1,6 million de dollars. Elle est toujours inscrite à ce prix.

De plus, l’agent immobilier inscrit pour la vente de la propriété est Susie Dietrich, l'épouse de M. Belanger.

Le pavillon sinistré après l'incendie.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'homme de 54 ans de London, en Ontario, fait face à une accusation d'incendie criminel en lien avec un incendie au pavillon du River Road Golf Course le 7 novembre.

Photo : CBC/James Chaarani

Des voisins furieux

Des voisins du terrain de golf ont écrit à la municipalité pour signifier leur opposition au projet de refuge.

C’est le cas de Joan Duckitt, qui habite à proximité du terrain de golf.

Je suis en train d'envisager de quitter la ville [mais je ne crois pas] pouvoir vendre ma maison en raison de ce projet. Je crains pour ma sécurité personnelle et celle de ma propriété à la perspective de ce [refuge]. Je ne me suis jamais sentie en danger. J’habite ici depuis 20 ans. Je vais maintenant devoir débourser de l'argent supplémentaire pour acheter des caméras et améliorer l'éclairage autour de ma maison afin d'apaiser mes angoisses. Je suis furieuse de devoir le faire, peut-on lire dans la lettre qu’elle a envoyée au conseil municipal.

Joe Hogg a lui aussi écrit une lettre.

Personne ne voudra acheter ma maison, maintenant. Où vais-je aller? Pourquoi dois-je déménager? Je suis ici depuis 16 ans, c'est la maison d'enfance de mes enfants. Qui va les protéger?, peut-on y lire. M. Hogg habite sur River Road.

Mentalité très coloniale

Raymond Deleary, directeur exécutif de l’organisme derrière le projet de refuge, Atlohsa Family Healing Services, affirme que la situation est un symptôme de du racisme manifeste et systémique des citoyens de la ville.

Le fait que l'auteur présumé soit un employé de la Ville de London montre à quel point la communauté londonienne doit aller plus loin dans ses efforts pour mettre fin au racisme anti-Autochtones.

« Il s'agit d'un acte de violence clair et intentionnel. Nous sortons d'une période de deux siècles de violence délibérée à notre égard. »

— Une citation de  Raymond Deleary, directeur exécutif de Atlohsa Family Healing Services

M. Deleary a déclaré que la nouvelle selon laquelle l'incendie aurait été déclenché délibérément constitue un revers important dans le processus de réconciliation entre les gouvernements locaux et les groupes des Premières Nations.

Des gens [...] ont une mentalité très coloniale lorsqu'il s'agit des peuples des Premières Nations.

Le maire de London Ed Holder a déclaré qu'il rencontrerait le personnel de l’organisme pour trouver un autre endroit où installer le refuge. La question est à l'ordre du jour de la réunion du conseil municipal de mardi.

Avec les informations de Kate Dubinski de CBC News

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