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Un discours rassembleur pour l’assermentation du conseil municipal de Gatineau

France Bélisle derrière un lutrin s'adresse au public dans une salle.

La nouvelle mairesse de Gatineau, France Bélisle, lors de son discours à la cérémonie d'assermentation du nouveau conseil municipal.

Photo : Radio-Canada / Rosalie Sinclair

Radio-Canada
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Unité et collaboration ont été les maîtres mots de la cérémonie d’assermentation du nouveau conseil municipal de Gatineau, qui s’est déroulée, mardi soir, à la Maison du citoyen.

Dans son discours, la nouvelle - et première - mairesse de Gatineau, France Bélisle a lancé un appel à la collaboration. Pour l’ancienne présidente-directrice générale de Tourisme Outaouais, le choix est clair.

En politique, on peut choisir de mettre l’accent sur nos différences [...] à l’opposé, nous pouvons choisir d’apprécier nos différences. La politique, c’est l’art du compromis, a-t-elle déclaré dans un discours qui se voulait rassembleur.

Des gens sur une estrade face à du public.

La cérémonie d'assermentation du nouveau conseil municipal de Gatineau s'est tenue mardi 16 novembre.

Photo : Radio-Canada / Rosalie Sinclair

En entrevue, plus tard dans la soirée, elle a précisé sa pensée, assurant que son message ne s’adressait pas spécifiquement aux membres d’Action Gatineau.

Cela s’adressait à tous. C’est vrai pour les membres du conseil, mais aussi dans les relations entre les membres du conseil et l’administration. J’arrive ici avec un discours de collégialité. [...] J’ai demandé à l’administration qu’on se regarde dans le blanc des yeux, qu’on se dise clairement ce qui marche, ce qui ne marche pas, ce qui doit changer sous ce mandat et qu’on ait le courage de se dire les vraies affaires de façon constructive pour qu’on prenne les meilleures décisions pour le bien des gens de Gatineau, mais aussi pour les employés municipaux, a-t-elle expliqué.

Un discours qui a semble-t-il fait mouche chez plusieurs élus. Et notamment chez les nouveaux conseillers, qui seront 12 sur 19 autour de la table.

Le représentant du district de Masson-Angers, Mario Aubé, a adhéré à ce message.

Il y a un parti et les autres, on est tous indépendants. Notre but, c’est de collaborer, on se l’est dit la première journée. [...] On a tous des forces, on vient tous de milieux différents. Oui, il y a des façons de voir les choses, mais je pense qu’[on peut] travailler en faisant grandir notre ville, peu importe les allégeances politiques.

Une personne assise derrière un bureau signe un document devant du public.

La cérémonie d'assermentation du nouveau conseil municipal de Gatineau s'est tenue mardi 16 novembre.

Photo : Radio-Canada / Rosalie Sinclair

Son collègue du district de Buckingham, Edmond Leclerc ne disait pas le contraire.

Il faut d’abord faire preuve de beaucoup d’ouverture, d’un côté comme de l’autre, et c’est ce que je ressens tant du côté des indépendants que d’Action Gatineau.

« Je pense qu’on a un conseil qui est vraiment à l’image des Gatinois qui nous ont élus et j’ai vraiment espoir qu’on va accomplir de grandes choses au courant des prochaines années. »

— Une citation de  Edmond Leclerc, conseiller du district de Buckingham

Même si elle a été élue sous la bannière du parti, Tiffany-Lee Norris Parent, conseillère du district de Touraine, a insisté sur sa volonté de travailler en équipe, préférant voir Action Gatineau moins comme une opposition que comme un cabinet de propositions.

Vétéran du conseil municipal, Daniel Champagne, du district du Versant, se montrait assez confiant.

Ce soir, je vois vraiment un conseil municipal qui est motivé à faire avancer Gatineau, peu importe les allégeances politiques.

Action Gatineau attend des actes

Mercredi, sa collègue, Caroline Murray, conseillère du District de Deschênes pour Action Gatineau, abondait dans le même sens.

Une femme se laisse prendre en photo à l'extérieur.

Caroline Murray-Daignault, conseillère du district Deschênes (archives)

Photo : crédit:Facebook

Le discours d’hier s’adressait vraiment à tous les élus, je l’ai très bien perçu, a-t-elle souligné en entrevue avec ICI Ottawa-Gatineau. Lors de notre rencontre [individuelle], je trouve que Mme Bélisle était très ouverte. Reste à voir, la balle est dans son camp. Mais nous, on est ouverts, on veut travailler avec tout le monde, on n’a jamais parlé de cabinet d’opposition en tant que tel. Action Gatineau a toujours voté en fonction de bons projets, peu importe de qui ça venait et ça, ça va continuer, peu importe si on n’est plus à la mairie. Action Gatineau a été minoritaire pendant huit ans et il y a plein de projets qui ont avancé. Donc, ça démontre un bel effort de travailler en équipe et ça va continuer pour nous.

« Je pense qu’elle voit que c’est dans l’intérêt de tous de mettre tout le monde à contribution parce que du travail, il y en a beaucoup. »

— Une citation de  Isabelle N. Miron, conseillère du District de l'Orée-du-Parc

Plus expérimentée à la table du conseil, la conseillère du District de l'Orée-du-Parc, Isabelle N. Miron veut laisser la chance au coureur.

Je suis optimiste. J’ai envie de croire Mme Bélisle avec son discours de main tendue, de travailler ensemble. [...] Si on n'a aucune commission, c’est la preuve que tout ça n’était qu’un discours. [...] Les collègues et moi, on a envie de contribuer. Le fait qu’on ait un cabinet de propositions, c’est parce qu’on pense qu’on pourrait avoir des propositions intéressantes à soumettre. La loi nous octroie le droit d’avoir ces quelques employés qui pourraient travailler avec nous. Tout ça peut se faire dans un esprit de collaboration, ajoute-t-elle pour justifier le fait qu'Action Gatineau pourrait s'octroyer une partie du budget du cabinet de la mairesse.

Place à la jeunesse

Tiffany-Lee Norris Parent s’est notamment positionnée pour siéger sur la Commission jeunesse. Une jeunesse sur laquelle Mme Bélisle compte s’appuyer, elle qui avait demandé que son discours soit précédé par une allocution de Camille Guindon-Gagnon, co-présidente de la Commission jeunesse de la Ville de Gatineau, une école de participation citoyenne.

La jeune femme de 15 ans s’est adressée aux élus en leur demandant ce qu’ils allaient faire pour les jeunes. Elle a aussi souligné que son organisation avait comme mission de stimuler l’implication citoyenne en politique, mais aussi de mettre de l’avant des enjeux qui leur tiennent à cœur, comme la protection de l’environnement.

France Bélisle, assise devant un bureau avec un stylo à la main, sourit.

La nouvelle mairesse de Gatineau, France Bélisle, lors de la cérémonie d'assermentation, le 16 novembre.

Photo : Radio-Canada / Rosalie Sinclair

J’étais contente qu’elle parle d’équipe qui était aussi mon message de ce soir. [...] Je trouve ça aussi formidable qu’elle interpelle le conseil en leur demandant de leur faire de la place, a commenté Mme Bélisle.

Manque d’expérience politique

Alors que la majorité des conseillers assermentés mardi soir sont des néophytes en politique, le président sortant du conseil municipal a balayé du revers de la main de potentielles inquiétudes face à un conseil moins expérimenté.

Ça n'existe pas moins d'expérience en politique. Les gens arrivent avec des compétences, avec des forces, avec des expériences. Ceux qui se qualifient de compétents en politique, c'est parce qu'ils se donnent des rôles qui n'existaient pas. Moi, j'ai confiance dans ce nouveau conseil, a assuré M. Champagne.

Et la mairesse de reprendre la balle au bond.

La question de l'expérience, je trouve que c'est un faux discours. Je n'ai jamais autant entendu parler d'expérience ou d'inexpérience dans cette campagne, alors que je n'ai jamais entendu personne se questionner sur un [nouveau] député provincial qui devient ministre de la Famille. À un moment donné, il faut voir en perspective les expériences.

« L'inexpérience du conseil peut être comblée par une expérience de vie ou une expérience professionnelle autre. Capitalisons là-dessus. »

— Une citation de  France Bélisle, mairesse de Gatineau

La mairesse a d’ailleurs promis de s’appuyer sur cette diversité et ces expériences pour faire ses prochains choix, notamment pour composer les différentes commissions.

Je pense que c’est la variété qui fait la force. Ce sont les expériences, le bagage différent, qui amènent des couleurs au conseil municipal. [...] À l’heure actuelle, je regarde les talents des gens. [...] Je maintiens le discours du travail en équipe et du talent pour mes décisions actuelles.

Voici les 19 conseillers municipaux de la Ville de Gatineau (par district) :

  1. Steven Boivin, Aylmer

  2. Gilles Chagnon, Lucerne

  3. Caroline Murray, Deschênes

  4. Bettyna Belizaire, Plateau

  5. Anik Des Marais, Mitigomijokan

  6. Jocelyn Blondin, Manoir-des-Trembles–Val-Tétreau

  7. Steve Moran, Hull–Wright

  8. Louise Boudrias, Parc-de-la-Montagne–Saint-Raymond

  9. Isabelle N. Miron, L'Orée-du-Parc

  10. Louis Sabourin, Limbour

  11. Tiffany-Lee Norris-Parent, Touraine

  12. Mike Duggan, Pointe-Gatineau

  13. Olive Kamanyana, Carrefour-de-l'Hôpital

  14. Daniel Champagne, Versant

  15. Alicia Lacasse-Brunet, Bellevue

  16. Denis Girouard, Lac-Beauchamp

  17. Jean Lessard, Rivière-Blanche

  18. Mario Aubé, Masson-Angers

  19. Edmond Leclerc, Buckingham

Un syndicat apprécie la main tendue

Il n'y a pas que chez les élus que son discours résonne bien. Geneviève Carrier, présidente du Syndicat des cols blancs de Gatineau (SCBG), a apprécié d'avoir été invitée à la cérémonie d'assermentation.

N’ayant pas encore eu de discussions avec les nouveaux élus, je trouvais très important qu’on puisse y être. Ça démontrait un signe de vouloir inclure tout le monde [...] pour le nouveau conseil et la nouvelle mairesse.

Après le départ de Marie-Hélène Lajoie, les membres de son syndicat ont besoin de clarté, dit-elle, soulignant l’absentéisme, l’invalidité et la surcharge de services dans certains services.

J’ai hâte de savoir qui occupera le poste à la direction générale et quels enlignements ça donnera sur l’administration parce qu’au final, tout part de là pour nos relations de travail. [...] Ça pourra teinter notre quotidien , explique-t-elle. Ça prend, selon moi, quelqu’un [...] qui est à l‘écoute des employés toutes catégories confondues, qui sait faire preuve de compromis de rassembler les gens. [...] Les relations de travail ça ne peut pas être que de la confrontation.

La présidente du Syndicat des cols blancs de Gatineau ne veut pas faire trop de cas des allégations de harcèlement qui sont sorties contre la nouvelle mairesse de Gatineau pendant la campagne.

Ça nous donne le réflexe d’être vigilants, dit-elle. Le harcèlement est déjà un sujet auquel on accorde énormément d’importance, on le sera toujours et on va continuer de l’être, mais on peut espérer que ça se passe bien avec le nouveau conseil.

Avec les informations de Rosalie Sinclair

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