•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LivresGG 2021 : Mishka Lavigne et Tania Langlais couronnées

Montage photo de Tania Langlais et Mishka Lavigne.

Les autrices gatinoises Mishka Lavigne et Tania Langlais ont chacune remporté un Prix littéraire du Gouverneur général mercredi.

Photo : Radio-Canada / Photos : Facebook/Tania Langlais / Marianne Duval

Les autrices gatinoises Mishka Lavigne et Tania Langlais ont chacune remporté un Prix littéraire du Gouverneur général mercredi.

Mishka Lavigne, couronnée cette fois pour sa pièce Copeaux, récolte ainsi un deuxième honneur en trois ans. Lorsqu’elle a remporté ce même prix en 2019, pour Havre, la Franco-Canadienne de cœur était alors devenue la première dramaturge hors Québec en 15 ans à décrocher un Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie théâtre.

« Ça montre la vitalité du théâtre francophone hors Québec ou, si on peut dire, le théâtre des régions du Québec, aussi, à l’extérieur de Montréal. »

— Une citation de  Mishka Lavigne, lauréate du Prix littéraire du Gouverneur général en théâtre

Cette dernière se réjouit d'autant plus que, parmi les cinq finalistes de cette année, trois autres étaient des femmes (Émilie Monnet, Emma Haché et Rébecca Déraspe).

Les paroles féminines commencent, disons, à faire des petits, à en inspirer d’autres. [Elles] deviennent vraiment importantes sur les scènes, note Mishka Lavigne. C’est sûr qu’on n’a pas encore la parité et ça serait vraiment le fun de l’avoir, mais de voir à quel point les choses ont peut-être commencé à bouger plus de ce côté-là dans les 5 à 10 dernières années, je crois que c’est représentatif de ça.

Copeaux résultant d’un long processus collaboratif de création d’écriture de plateau, son texte a toutefois bien failli ne jamais prendre la forme d'un livre.

C’est un texte sur lequel j’ai travaillé par le biais d’improvisations, par le biais de travail de corps avec les comédiens et le metteur en scène Éric Perron. [...] C’est un texte qui s’inspire aussi de l’univers de l’artiste visuel Stefan Thompson. Donc, c’est un texte qui est né par le biais d’un travail d’équipe, rappelle Mishka Lavigne. Copeaux, c’est donc un texte que j’ai eu, au départ, un peu de difficulté à dissocier de son spectacle. Je ne pensais même pas le faire publier. C’est Suzanne Richard, aux Éditions L’Interligne, qui m’a convaincue de le publier, et j’en suis très contente!

Cette reconnaissance, elle la reçoit comme un baume, confie-t-elle. Un baume qui donne des ailes à celle qui planche déjà sur plusieurs nouveaux projets de création et de traduction.

Un point d’orgue pour Tania Langlais

Pour Tania Langlais, sacrée dans la catégorie poésie pour son recueil Pendant que Perceval tombait, il s’agit d’un point d’orgue soulignant de manière éclatante son retour dans le milieu littéraire.

C’est une grande, grande, grande fierté. C’est un prix qui est prestigieux, qui est espéré dans une carrière littéraire, souligne la lauréate. Je suis évidemment extrêmement contente, émue, ravie. De voir le chemin que ce livre-là a fait, après 12 ans de silence, ça me réjouit au plus haut point!

« C’est comme une façon de me dire que, oui, ça valait la peine que je revienne à l’écriture [...], que ça valait la peine de sortir ce livre-là. Qu’il méritait d’exister, d’être lu, qu’il a sa place dans le monde. »

— Une citation de  Tania Langlais, lauréate du Prix littéraire du Gouverneur général en poésie

La Gatinoise d’adoption a récemment remporté le prix Alain-Grandbois pour ce titre, son quatrième en carrière, qui lui avait aussi valu des nominations pour le prix Louise-Labé 2020 et pour le Prix des libraires 2021.

Par-delà les honneurs, Tania Langlais est enchantée que ses mots aient touché le public, de sentir que des personnes réelles la lisent encore, 20 ans après la publication de son premier recueil.

La poésie, depuis la pandémie, est devenue plus populaire, fait-elle valoir. C’est la solitude qui a ouvert cet espace-là, poétique, cet espace de l’intériorité. Les gens étaient confinés, mais les gens étaient confinés en eux-mêmes, aussi. Il y a donc tout ce rapport à l’autre, ce rapport au travail du langage, à l’insolite, à l’incongru, qu’on ne retrouve pas nécessairement dans le narratif, qui a pu, peut-être, interpeller les gens dans cette période-là d’isolement profond. C’est là où la poésie surgit. Elle surgit de partout, mais elle surgit notamment dans les situations de huis clos, dans les situations d’isolement. Ça peut expliquer un peu cet attrait-là pour la poésie.

Tania Langlais répète en riant que, pour elle, écrire, c’est l’océan, mais ça sort au compte-gouttes. Portée par ce prix, elle a toutefois envie de plonger dans un nouveau projet.

Ce qui va surgir, et comment ça va se présenter? [...] J’écris et je ne sais pas, et ça se construit à mesure que j’écris. C’est peut-être parce que c’est de la poésie que je fais, et que c’est ma façon à moi de travailler, mentionne-t-elle.

Elle avoue du même souffle admirer énormément les gens capables d'écrire quotidiennement pendant des heures, ayant un plan, une routine et une discipline, ce que, moi, je n’ai pas du tout, reconnaît-elle sans gêne. Si elle n'attendra pas 10 ans avant de publier de nouveau, elle conclut que ce qui me semble réaliste, ce serait un horizon de 4 ans.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !