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Plante promet de « mettre tout en œuvre » pour élucider la mort de Thomas Trudel

Valérie Plante penchée au-dessus d'un mémorial improvisé.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s'est recueillie mardi là où Thomas Trudel a perdu la vie dimanche soir.

Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry

La police de Montréal poursuit son enquête afin de retrouver l'auteur du meurtre qui a coûté la vie à un adolescent de 16 ans, dimanche soir, dans le nord-est de la ville.

En point de presse mardi après-midi dans un parc situé non loin des lieux du crime, la mairesse Valérie Plante a promis de mettre tout en œuvre pour que soit élucidée la mort du jeune Thomas Trudel.

« Tous les efforts sont déployés pour trouver le ou les coupables. »

— Une citation de  Valérie Plante, mairesse de Montréal

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, qui se trouvait à ses côtés, a indiqué pour sa part que l'enquête se déroule très bien, sans toutefois donner plus de détails.

Au contraire, le chef Caron a appelé tous ceux qui pourraient détenir de l'information sur le meurtre à communiquer avec le 911 ou à utiliser la ligne Info-Crime. Ça peut prendre du temps, mais toutes les informations qui nous sont acheminées sont vérifiées, a-t-il assuré.

M. Caron s'est dit sans mot devant une situation qu'il a qualifiée d'inacceptable et d'incompréhensible. Vous savez, les enquêteurs sont aussi touchés que moi ici aujourd'hui, parce qu'on est tous parents d'enfants, a-t-il souligné.

Tant Valérie Plante que Sylvain Caron ont tenu à rappeler qu'outre cette affaire, il fallait continuer à lutter contre le problème à la source. À ce sujet, ils ont fait savoir que le SPVM avait saisi pas moins de 567 armes à feu depuis le début de l'année.

En entrevue un peu plus tard au Téléjournal 18 h, la mairesse a rappelé – comme elle l'avait fait en campagne électorale – que Montréal demeurait, selon elle, une ville sécuritaire, malgré la recrudescence des fusillades.

Il faut que les armes n'arrivent pas dans les mains des jeunes

Plus tôt, la ministre québécoise de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, s'est dite elle aussi bouleversée et choquée par la mort de Thomas Trudel.

Je comprends très bien l'inquiétude et l'angoisse que ça peut susciter dans la communauté, a-t-elle déclaré en entrevue à ICI RDI, en insistant sur le fait que son gouvernement était très, très, très actif pour lutter contre la violence à Montréal.

Il faut que les armes n'arrivent pas dans les mains des jeunes, et pour que les armes ne se rendent pas dans les mains des jeunes, il faut qu'ils aient des alternatives, et la possibilité d'avoir des choix de vie constructifs et de faire autrement que de joindre des bandes criminalisées, a expliqué la ministre.

Et là, on touche toutes sortes de choses : on touche la façon d'organiser la vie familiale, on touche l'accès, la volonté d'aller à l'école, de rester à l'école, la capacité aussi d'avoir un sentiment d'appartenance dans la communauté, a-t-elle exposé.

En septembre dernier, la ministre Guilbault avait annoncé que son gouvernement investirait plus de 90 millions de dollars en fonds destinés à lutter contre le trafic d'armes à feu.

Un extrait de 24|60.

Est-il trop facile de mettre la main sur une arme à feu? Doit-on resserrer le contrôle? Pour en parler, Francis Langlois, de la Chaire Raoul-Dandurand, et Nathalie Provost, de PolySeSouvient.

Photo : Radio-Canada

De passage à l'émission 24•60, mardi soir, Nathalie Provost, survivante de la fusillade de Polytechnique et porte-parole de PolySeSouvient, ainsi que Francis Langlois, enseignant au Cégep de Trois-Rivières et membre associé à la Chaire Raoul-Dandurand, se sont mis d'accord sur le fait qu'Ottawa devait aussi resserrer le contrôle des armes.

Mme Provost a invité le gouvernement Trudeau à adopter une législation fédérale pour avoir un réel contrôle des armes de poing et à [respecter] sa promesse électorale [...] de rendre obligatoire le rachat des armes de style d'assaut.

Quant à M. Langlois, il a souligné le contrôle inadéquat de la frontière canado-américaine et a rappelé que 80 % des armes en circulation au Canada provenaient des États-Unis.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, n'a pas accordé à l'émission d'Anne-Marie Dussault l'entrevue qu'elle avait sollicitée. Mais dans une déclaration transmise à Radio-Canada, son cabinet a assuré que la protection de la sécurité des Canadiens était la première priorité du gouvernement Trudeau.

Nous réintroduirons des projets de loi pour cibler les activités criminelles, [...] introduire des restrictions strictes sur les armes de poing et compléter l'interdiction des armes de style militaire en la rendant obligatoire, a garanti le directeur des communications du ministre, James Cudmore.

Un meurtre vraisemblablement gratuit

Thomas Trudel a été tué en pleine rue, vers 21 h dimanche soir, dans le quartier Saint-Michel, alors qu'il rentrait à pied chez lui après avoir passé du temps avec des amis.

L'adolescent de 16 ans aurait été interpellé par un individu avec qui il aurait échangé quelques mots avant d'être atteint d'un coup de feu à la tête. On ne lui connaissait pourtant aucun lien avec des gangs de rue ni quelque activité criminelle que ce soit.

Plusieurs caméras de surveillance se trouvaient dans le secteur où l'agression a eu lieu, mais, mardi, le chef Caron n'a pas pu donner l'assurance qu'elles étaient bel et bien en fonction le soir du meurtre.

C'est le troisième meurtre d'adolescent cette année à Montréal, le deuxième dans le nord-est de la ville. Le Forum jeunesse de Saint-Michel organise d'ailleurs une marche samedi à la mémoire des victimes d'armes à feu.

Actuellement, on est dans un sentiment de peur, de colère, de questionnement, parce qu'on ne comprend pas ce qui se passe, a déclaré mardi le coordonnateur du Forum, Mohamed Noredine Mimoun.

Selon lui, les choses ne se sont pas améliorées, malheureusement, depuis la mort de Meriem Bendaoui, une adolescente de 15 ans tuée par balles en février dernier alors qu'elle se trouvait dans une voiture garée près de l'intersection des rues Valdombre et Jean-Talon, dans le quartier Saint-Léonard.

Le mois dernier, un autre jeune de 16 ans, Jannai Dopwell-Bailey, a aussi été poignardé à mort dans le stationnement d'une école secondaire de l'arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Un autre mineur a été arrêté dans cette affaire.

Un adolescent attachant, brillant et apprécié

En entrevue à Tout un matin mardi, l'un des anciens enseignants de Thomas Trudel a décrit celui-ci comme un jeune homme super attachant et très brillant, une boule d'énergie contagieuse.

Il était apprécié de ses camarades de classe et de ses professeurs, a assuré Fred Lebel, qui a connu le principal intéressé à l'époque où il fréquentait l'École Léonard-De Vinci avant de faire le saut à l'École secondaire Joseph-François-Perrault.

L'enseignant s’explique mal comment un geste aussi gratuit a pu se produire – tout comme le frère cadet de la victime, qui encaisse difficilement le choc, selon M. Lebel.

Des intervenants psychosociaux et une équipe de soutien ont été envoyés à l'École Joseph-François-Perrault, a fait savoir Alain Perron, porte-parole du Centre de services scolaire de Montréal.

Nous désirons exprimer nos sympathies aux membres de la famille, aux amis ainsi qu’à la communauté éducative de l’école, a-t-il déclaré dans un courriel transmis à Radio-Canada.

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