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Une nouvelle troupe de théâtre francophone sur le point de se former à Calgary

Des sièges dans un théâtre.

Les sièges du théâtre de la Cité des Rocheuses de Calgary espèrent accueillir des spectateurs lors des prochaines représentations au printemps.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Vous vivez à Calgary et l'univers du théâtre dans la langue de Molière vous intéresse? La Cité des Rocheuses tente de faire revivre le sixième art en français dans la métropole.

Comme les activités culturelles reprennent doucement à la Cité des Rocheuses après de longs mois d'absence créés par la pandémie, l'association francophone souhaite relancer les activités théâtrales

Toute personne intéressée est invitée à une réunion mercredi à 18 h 30 à la Cité des Rocheuses.

Le but de ce projet modeste, comme le décrit Arnaud Favier, directeur adjoint de l'organisme, est de rassembler toutes les forces et les potentiels talents de la ville.

Le responsable du projet cherche aussi bien des acteurs, que des personnes qui seraient responsables des costumes, des décors ou des lumières. 

Une représentation en mai

On sera bien sûr encadré par quelques professionnels pour nous aider à mettre en place une première pièce qu'on espère montrer à la communauté au mois de mai, explique-t-il.

La nouvelle troupe jouera-t-elle une création originale ou un classique de la littérature? Il est encore trop tôt pour le dire. Le projet devrait s’étaler sur deux ans, notamment grâce à un financement de Patrimoine canadien, espère Arnaud Favier.

Arnaud Favier assis dans le théâtre de la Cité des Rocheuses de Calgary.

Arnaud Favier est directeur adjoint de La Cité des Rocheuses de Calgary.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

La Cité des Rocheuses veut donc devenir un lieu de création. Une initiative qui n'est pas nouvelle. De 1982 à 2007, la Société de théâtre de Calgary a offert des représentations en français. Elle a été suivie par le Théâtre à Pic de 2009 à 2019, dont la dissolution a créé un vide culturel dans la communauté.

Les projets théâtraux en français font toujours face à des défis, selon Sylvie Thériault, directrice générale du Regroupement artistique francophone de l'Alberta (RAFA), notamment celui de trouver des participants prêts à s'engager dans un projet communautaire et bénévole.

On sait qu'à Calgary, les gens bougent beaucoup, dit-elle. La situation économique de la ville joue aussi. On l’a vu avec l’assistance publique aux spectacles qui a baissé quand la situation économique n’était pas bonne.

Dispersion historique

Louise Forsyth, professeure de l'Université de Saskatchewan, résumait la complexité de la vie théâtrale francophone dans un article sorti en 2018.

La francophonie calgarienne se trouve sans quartier reconnaissable, sans centre socioculturel, disait-elle. Ses membres, dont les origines géographiques et ethniques sont diverses, sont éparpillés un peu partout. Cette dispersion historique crée des obstacles à la constitution d’un public théâtral francophone fidèle.

Deux acteurs sont sur une pièce de théâtre.

En juin 2003, les acteurs se produisent dans la pièce « Le temps des Lilas » de Marcel Dubé, organisée par la Société de théâtre de Calgary.

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Boissonneault

Cette professeure souligne aussi le petit nombre de spectateurs lors de représentations par le passé qu’elle explique par la diversité dialectale et aux fossés entre les connaissances et les expériences culturelles provenant de la pluralité des origines sociolinguistiques et ethniques de la population francophone.

Moins de francophones

En 2007, le Regroupement artistique francophone de l'Alberta publiait un plan de revitalisation du secteur, écrit par le consultant Jean-Claude Marcus.

Il expliquait, en partie, l’existence fort chaotique de la Société de théâtre de Calgary par la difficulté de rétention des artistes.

La communauté francophone est extrêmement minoritaire à Calgary contrairement à celle de Plamondon, Bonnyville ou même Edmonton, observait Jean-Claude Marcus à l’époque. 

Si, à Edmonton, les Franco-Albertains de souche représentent 47 % de la population francophone, à Calgary, ils ne sont qu’environ 18 %, disait M. Marcus. De telles réalités au plan démographique entraînent un morcellement identitaire d’où la difficulté de créer au départ un consensus social dont l’activité théâtrale a besoin pour s’épanouir.

Arnaud Favier et Sylvie Thériault, eux, ont bon espoir pour le nouveau projet à la Cité des Rocheuses puisqu’il a été lancé à la demande du public.

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