•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un surplus de 89 millions $ au Nouveau-Brunswick

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Ernie Steeves, en conférence de presse.

Le ministre des Finances, Ernie Steeves, prévoit un surplus budgétaire de 89 millions de dollars pour l'année en cours.

Photo : CBC/Jose Burgos

Le Nouveau-Brunswick sort du lot pour une deuxième année de suite et prévoit un surplus, alors que la plupart des provinces prévoient un déficit.

Le ministre des Finances, Ernie Steeves, a présenté les états financiers de la province au deuxième trimestre 2021-2022. Pour ce trimestre seulement, le ministre prévoit un surplus de 248 millions de dollars. Au premier trimestre, le surplus était de 158 millions de dollars.

L'édifice de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement conservateur de Blaine Higgs accumule les surplus budgétaires, malgré la pandémie de COVID-19, qui a entraîné des déficits partout ailleurs.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Toutefois, pour l’année financière complète, le ministre prévoit que la situation financière de la province ne poursuivra pas sur sa lancée. Le surplus à la fin de l’année devrait donc être de 89 millions de dollars.

« Nous devons rester prudents, puisque les facteurs temporaires qui influencent notre croissance de revenus ne devraient pas se maintenir. »

— Une citation de  Ernie Steeves, ministre des Finances du Nouveau-Brunswick

Cette diminution du surplus prévue à la fin de l’année financière s’explique, selon le ministre Steeves, par des dépenses qui surviendront dans les deux prochains trimestres. Il a aussi évoqué les coûts liés aux nouveaux contrats de travail conclus avec le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Toutefois, d’importants montants étaient déjà prévus dans le budget pour faire face à ces coûts, ce qui devrait limiter l’impact sur les finances publiques.

Des prévisions qui varient beaucoup

En novembre 2020, le gouvernement prévoyait un déficit de 183 millions de dollars, mais à la fin de l’exercice financier, c’est plutôt un surplus de 408 millions qui a été enregistré.

Le ministre Steeves s'adresse aux journalistes.

Lors de la présentation de son dernier budget, le ministre des Finances Ernie Steeves avait prévu un déficit de 245 millions de dollars.

Photo : Radio-Canada / Mike Heenan

Les évaluations présentées par le gouvernement Higgs ont eu tendance à sous-estimer l’importance des surplus budgétaires. Le ministre Steeves signale qu’à cause de la pandémie, il a été, et il est encore, difficile de prévoir exactement les dépenses du gouvernement. Aussi, le gouvernement a eu tendance à présenter des prévisions très prudentes.

Ainsi, lors du dépôt du budget provincial, on prévoyait un déficit de 245 millions de dollars, et dès le premier trimestre 2021-2022, la tendance s’est complètement renversée. On prévoyait alors un surplus pour l’année de 38 millions de dollars, soit une différence de plus de 280 millions.

Moins de dépenses, plus de revenus

Les recettes enregistrées par la province devraient dépasser de 487,2 millions de dollars les prévisions budgétaires.

Cette somme s’explique par une réduction des dépenses et une augmentation des revenus.

Les dépenses ont diminué dans plusieurs ministères, dont l'Éducation postsecondaire, le Développement social et la Justice. Ainsi, le nombre de demandes à l’aide sociale a diminué grâce à l’aide qui a été offerte aux individus par le gouvernement fédéral.

Justin Trudeau, debout devant un lutrin, à la Chambre des communes

Pour une deuxième année de suite, l'aide du gouvernement fédéral pour faire face à la pandémie a permis au Nouveau-Brunswick de dégager un surplus budgétaire.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

L’augmentation des revenus est attribuable à une augmentation des transferts fédéraux, destinés à soutenir les efforts de la province dans la pandémie, mais aussi à une augmentation des revenus tirés des impôts sur le revenu des particuliers et des sociétés. Cette augmentation est directement liée à une croissance soutenue de l’économie, qui devrait se poursuivre cette année.

Des prévisions financières plus réalistes

L’économiste Richard Saillant estime que le ministre des Finances a présenté des états financiers beaucoup plus réalistes que ceux présentés pour le premier trimestre. Selon lui, les conservateurs avaient sous-estimé le surplus budgétaire, à cause des négociations dans le secteur public.

C’est un geste hautement répréhensible dans une démocratie, estime l'économiste.

« Le gouvernement avait délibérément sous-estimé ses revenus, sans doute pour essayer de gérer les attentes dans le cadre des négociations collectives. »

— Une citation de  Richard Saillant, économiste de Moncton
L'économiste Richard Saillant.

L'économiste Richard Saillant déplore ce qu'il considère comme une manipulation de chiffres de la part du gouvernement.

Photo : Radio-Canada

Ainsi, lors du premier trimestre, les revenus autonomes du gouvernement étaient évalués à 6 milliards 165 millions de dollars. Au second trimestre, elles sont maintenant évaluées à 6 milliards 403 millions de dollars.

Comme par surprise, maintenant que les négociations avec le Syndicat canadien de la fonction publique sont terminées, le gouvernement identifie tout d’un coup, à l’intérieur d’à peine cinq semaines, presque 250 millions de dollars supplémentaires en revenus alors qu’il n’y a pas eu d’amélioration fondamentale au niveau de l’économie, remarque l’économiste Richard Saillant.

Selon l’économiste, si le gouvernement avait continué d’évaluer de la même façon ses revenus et ses dépenses, c’est plutôt un déficit qu’il aurait dû annoncer. Si on n'avait pas fait cet ajustement-là, en nous disant la vérité, on se retrouverait avec un de 150 millions, ce que bien sûr le gouvernement ne veut pas annoncer, souligne-t-il.

Investir dans les services publics

À Fredericton, libéraux et verts pressent le gouvernement conservateur d’utiliser les surplus budgétaires pour mieux financer les services publics, à commencer par la santé. Il faut faire face aux problèmes auxquels les Néo-Brunswickois font face, que ce soit en santé, en soins de longue durée, ou bien le logement abordable ou la santé mentale, soutient Robert McKee, député libéral de Moncton-Centre.

« On n'a jamais eu autant besoin de nos services publics, et d’investir dans le bien commun. »

— Une citation de  Kevin Arseneau, député du Parti vert de Kent-Nord

Même son de cloche au Parti vert, où l'on déplore l’approche du gouvernement conservateur. Très peu d’investissements présentement pour s’attaquer aux changements climatiques, très peu d’investissements pour s’attaquer aux problèmes de pauvreté, la pénurie de main-d'œuvre en santé, souligne Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord.

Kevin Arseneau en mêlée de presse.

Kevin Arseneau, député du Parti vert du Nouveau-Brunswick dans Kent-Nord, croit que le gouvernement a les moyens pour investir davantage dans les domaines prioritaires.

Photo : Radio-Canada

Toutefois, pour ce qui est de la santé, le ministre des Finances, Ernie Steeves, estime que des investissements supplémentaires ne sont pas nécessaires. La situation financière en matière de santé n'est pas une préoccupation en ce moment, ce dont ils ont besoin, ils l'obtiennent, assure le ministre.

« On ne peut pas faire confiance aux chiffres que le gouvernement nous donne, il manipule les chiffres pour leur propre bénéfice. »

— Une citation de  Robert McKee, député libéral de Moncton-Centre
Rob McKee donne un point de presse

Le député libéral de Moncton Centre, Rob McKee, accuse le gouvernement conservateur de manipuler les chiffres présentés dans les états financiers.

Photo : CBC

Le député McKee reproche au gouvernement de laisser entendre que le surplus sera moins élevé cette année, à cause de l’entente conclue avec les syndiqués du secteur public, et qui doit encore être acceptée par les membres.

Ils essaient aussi, aujourd’hui, de s’en prendre aux travailleurs du secteur public avec leur accord salarial en estimant 200 millions de dollars de plus en gouvernement général, mais selon moi, les fonds étaient dans le budget cette année, estime Robert McKee.

Selon lui, depuis trois ans, le gouvernement a mis 500 millions de dollars de côté pour la conclusion d’ententes avec les employés du secteur public.

Du côté du gouvernement, on précise que 203 millions de dollars ont été mis de côté pour financer non seulement les entente avec les différents groupes d'employés du Syndicat canadien de la fonction publique, mais aussi avec trois autres unités de négociations qui ont déjà conclu des ententes, ainsi qu'avec d'autres groupes qui n'ont pas encore conclu d'entente, comme les infirmières. Pour ce qui est des employés d'Alcool NB, l'entente sera financée à même les revenus de la société d'État.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !