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Charlevoix propose une solution aux ruptures de services dans les urgences du Québec

L'urgence de Baie-Saint-Paul.

L'urgence de Baie-Saint-Paul

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Aux prises avec un manque de personnel, les urgences des hôpitaux de Baie-Saint-Paul et de La Malbaie n’ont pourtant pas eu à être fermées partiellement comme dans d'autres régions du Québec au cours des derniers mois. La solution passe par des infirmières qui gèrent elles-mêmes leurs horaires.

Comme rapporté d’abord par Le Devoir, la majorité des infirmières des urgences de Charlevoix et de La Malbaie ont accepté au début de l’été un mode de gestion atypique dans le cadre d’un projet-pilote.

De façon volontaire, elles effectuent pendant une semaine complète, donc sept jours, des quarts de travail de 12 heures et obtiennent ensuite une semaine complète de congé.

Résultat? Les absences, les heures supplémentaires obligatoires ainsi que les quarts non pourvus ont diminué considérablement.

Un simple changement d’horaire qui pourrait sembler banal, mais qui a pourtant permis d’éviter la fermeture partielle de l’urgence de l’Hôpital de Baie-Saint-Paul, annoncée en juin.

Une infirmière dans une salle d'opération.

Au Québec, certains membres du personnel en soins infirmiers quittent le réseau de la santé en raison des conditions de travail.

Photo : Getty Images / gpointstudio

Avoir le choix change la donne

Selon l’un des concepteurs du projet, le personnel des établissements aime dans l'ensemble la simple notion d'avoir le choix, avec laquelle on écarte les heures supplémentaires obligatoires.

Ça se peut que tu fasses plus de nuits, plus de soirs, plus de fins de semaine, mais si tu as le choix de qu’est-ce que tu fais là-dedans, probablement que ça a un attrait vraiment important, estime le Dr Richard Fleet, en entrevue à l’émission Première heure.

Le titulaire de la Chaire de recherche et d’innovation en médecine d’urgence à l’Université Laval croit que les gestionnaires du réseau de la santé devraient miser davantage sur l’écoute de leurs troupes.

« Si on donne le choix à l’employé, une certaine flexibilité, c’est toujours apprécié et c’est ce qui fonctionne. »

— Une citation de  Richard Fleet, médecin et professeur à l'Université Laval

Pour préparer le projet, des étudiants en médecine de l’Université Laval ont essentiellement demandé aux infirmières des urgences pourquoi elles faisaient leur travail et quelles étaient leurs idées de solutions, sans aucune restriction.

L'hôpital de Baie-Saint-Paul est un bâtiment moderne, fait de briques de verre et de métal.

L’hôpital de Baie-Saint-Paul

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Le moment d’innover dans le réseau de la santé

Le Dr Fleet soutient que les défis actuels du système de santé québécois devraient être perçus comme une occasion de réinventer les façons de faire.

Il faut parler d’une gestion décentralisée. Il faut avoir l’audace, comme les gestionnaires de Charlevoix. C’est le temps d’essayer des choses nouvelles, d’innover dans le système de santé, souligne le responsable du projet Living Lab Charlevoix.

« Les quarts de 12 heures, c’est une solution, mais il y a probablement des dizaines de solutions qui existent. »

— Une citation de  Richard Fleet, médecin et professeur à l'Université Laval

Six mois après son implantation, l’initiative a été reconduite pour un autre six mois.

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