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La sécurité des élus demeure un enjeu à Ottawa

Une caméra de sécurité devant le parlement.

Le parlement d'Ottawa est entouré de caméras de sécurité.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À une semaine du retour des députés à Ottawa, la question de la sécurité est toujours une priorité pour certains élus, alors qu'on assiste à une hausse des manifestations de violence politique.

En octobre 2020, le Bureau de régie interne de la Chambre des communes a approuvé le financement de plusieurs initiatives afin de protéger les députés, par exemple en évaluant la sécurité de leur résidence personnelle ou en fournissant des boutons d'alerte.

Alors que certains députés disent que les mesures ont aidé, tous ne se sentent pas aussi rassurés.

Ces initiatives sont intervenues après que les services de sécurité du Parlement eurent intensifié leur présence sur la Colline à la suite d'informations faisant état de harcèlement contre des politiciens.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh avait ainsi été pourchassé sur une rue d'Ottawa par un homme qui voulait procéder à une « arrestation citoyenne ». Le même homme a aussi poursuivi avec insistance le correspondant parlementaire de Radio-Canada Daniel Thibeault, qu'il avait confondu avec le député bloquiste Mario Beaulieu. Les deux incidents avaient été filmés par des complices.

Mme Kwan devant le centre culturel chinois de Vancouver.

La députée néo-démocrate Jenny Kwan s'inquiète de la montée de la violence envers les politiciens.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Jenny Kwan, députée néo-démocrate de Vancouver-Est, a déclaré qu'elle avait opté pour une évaluation de la sécurité de sa maison par un expert et qu'elle se sentait plus en sécurité en sachant que les mesures sont à la hauteur non seulement pour elle-même, mais aussi pour sa famille.

Pour moi, c'est particulièrement important, parce que lors d'occasions précédentes, des gens sont venus chez moi et ont menacé ma famille, y compris mes enfants, a révélé Mme Kwan.

Michelle Rempel Garner, députée conservatrice de Calgary Nose Hill, soutient qu'elle n'est même pas à l'aise de préciser les mesures de sécurité spécifiques qu'elle a prises.

Mme Rempel Garner a été la cible de harcèlement lors de la dernière campagne électorale fédérale, ayant notamment été menacée de mort et prise à partie alors qu'elle était assise dans un restaurant.

Maintenir l'accessibilité aux élus

Rachel Bendayan, députée libérale d'Outremont, dont des pancartes électorales ont été vandalisées avec des graffitis antisémites pendant la campagne, a déclaré qu'elle convient qu'il faut lutter contre le harcèlement.

Mais elle se méfie également des mesures qui restreindraient l'accès des électeurs à leurs députés, a dit Mme Bendayan dans une déclaration écrite.

La confiance dans notre démocratie dépend du fait que les élus restent accessibles et disponibles pour les personnes qu'ils représentent, estime-t-elle.

Heather Bradley, directrice des communications du bureau du président de la Chambre des communes, a affirmé dans une déclaration écrite qu'en reconnaissance de sa responsabilité de fournir un environnement de travail sûr aux députés, des mesures ont été prises pour répondre aux besoins de sécurité des députés à l'extérieur de l'enceinte parlementaire.

Mme Bradley n'a pas précisé combien de députés ont profité des nouvelles mesures, mais a déclaré que des informations spécifiques sur les programmes ne sont pas communiquées publiquement pour des raisons de sécurité.

Donner l'exemple

Mme Rempel Garner a dit croire que des mesures devaient être prises pour lutter contre le harcèlement non seulement en dehors de la colline du Parlement, mais également auprès des députés.

Je pense qu'il est culturellement acceptable de fermer les yeux si une personne en harcèle une autre d'un autre camp politique. Nous avons des députés qui s'y adonnent, a-t-elle soutenu. Il incombe à tous ceux qui occupent une position de leader dans ce pays, que ce soit en politique, dans l'industrie ou dans la société civile, d'aider à corriger ces lacunes.

Depuis que ces investissements dans la sécurité des députés ont été faits, la menace de violence politique a augmenté. La campagne électorale fédérale a vu des actes de vandalisme contre des candidats et des manifestations au vitriol, y compris un incident au cours duquel des manifestants ont jeté du gravier vers le chef libéral Justin Trudeau.

Le récent meurtre du député britannique David Amess, qui rencontrait des électeurs à ce moment, a alimenté les discussions sur la question de savoir si les politiciens sont correctement protégés dans leur rôle.

Un mémorial improvisé en hommage à David Amess.

La mort violente du député britannique David Amess a causé la commotion au Royaume-Uni, le mois dernier.

Photo : Reuters / HENRY NICHOLLS

Mme Rempel Garner a déclaré qu'une façon de résoudre ce problème pourrait être que les élus donnent l'exemple.

Il doit y avoir une certaine autosurveillance parmi les gens, dans le grand public et les politiciens inclus, a-t-elle fait valoir. Le harcèlement contre quelqu'un qui fait partie de l'équipe adverse ne devrait pas être acceptable. Si vous voyez clairement du harcèlement, signalez-le.

La whip du NPD, Rachel Blaney, a déclaré qu'elle pensait qu'il était important que tous les députés réfléchissent à la culture politique.

Nous avons certainement observé de la colère et de la frustration envers les politiciens à travers le Canada, mais aussi très franchement dans le monde entier et nous avons vu des choses effrayantes se produire, a déclaré Mme Blaney.

Mme Kwan a souligné qu'il y avait absolument un facteur de stress supplémentaire de devoir penser aux menaces, non seulement pour elle, mais pour son personnel et sa famille.

« C'est quelque chose que personne ne devrait avoir à gérer, mais c'est pourtant notre réalité. »

— Une citation de  Jenny Kwan, députée néo-démocrate de Vancouver-Est

Mme Rempel Garner a déclaré que la recherche de solutions doit se concentrer sur les causes plutôt que sur les symptômes de l'aggravation de l'agression et du harcèlement.

Il doit y avoir un regard coordonné à ce sujet plutôt qu'une approche dispersée avec des solutions de pansement, et cela doit se produire rapidement, a-t-elle déclaré.

Mme Blaney a ajouté que davantage de travail doit être fait à l'intérieur et à l'extérieur du Canada en ce qui concerne la façon dont les femmes politiques sont perçues et traitées.

Je sais que parfois ces attaques personnelles semblent être un peu plus concentrées sur certaines des femmes en politique. Nous devons continuer à nous attaquer à cela et trouver des moyens de lutter contre toute forme de sexisme que nous observons.

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