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COVID-19 : la santé et le développement des 0 à 5 ans au Québec sous surveillance

De jeunes enfants jouent avec des blocs de construction.

Lors de la crise du SRAS en 2003, il a été établi que le risque de retard dans certaines étapes développementales était de trois à cinq fois supérieur pour les 15 000 enfants ayant vécu la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Si les enfants de 0 à 5 ans sont les moins touchés physiquement par la COVID-19, ils font partie de ceux qui subissent les effets psychologiques les plus importants. Les experts devront surveiller plus particulièrement leur développement dans les prochaines années, conclut le portrait annuel de l’Observatoire des tout-petits sur les plus jeunes du Québec. Le rapport comprend une recension des plus récentes études sur les effets de la pandémie.

Comme le risque d’être hospitalisé en raison de la COVID-19 chez les moins de 18 ans est d’environ 0,3 %, il est probablement encore plus faible chez les bambins de 0 à 5 ans. À ce jour, le Québec ne recense aucun décès pour cette population peu touchée par le virus.

Autre bonne nouvelle : le virus a très peu de chances d’être transmis de la femme enceinte au nouveau-né. Le risque de transmission se situe entre 1,5 % et 5 %, explique Fannie Dagenais, la directrice de l’Observatoire des tout-petits. Aucun virus viable de la COVID-19 n’a été détecté dans le lait maternel. Les anticorps contre la maladie se retrouvent dans le lait et peuvent ainsi protéger le bébé.

Données préoccupantes

Cependant, certaines données enregistrées entre 2016 et 2019 s’avèrent plus inquiétantes. Une proportion de 40 % des enfants âgés de 3 à 5 ans ne respecte pas les recommandations en matière d’activité physique, et 52 % d’entre eux consacrent plus de temps aux écrans. Même si les études ne disposent pas encore d’informations précises liées à la crise sanitaire, tout porte à croire que les activités sédentaires ont augmenté davantage.

C’étaient des données préoccupantes tout juste avant la COVID-19, alors on voudra les suivre de très près. Les études documentent aussi plus de problèmes d’anxiété, de troubles du comportement chez les tout-petits et la difficulté à dormir. Ça a des répercussions sur la qualité et la quantité de sommeil et, donc, sur leur capacité d’attention, indique Mme Dagenais.

En 2019-2020, 1696 enfants de moins de 5 ans avaient reçu un diagnostic de trouble anxio-dépressif, pouvant inclure une phobie sociale, de l’anxiété de séparation ou généralisée. Il y a beaucoup de sentiment d’isolement ou encore des comportements comme de l’hyperactivité ou de l’agressivité, ajoute la conseillère scientifique de l’INSPQ, Andréane Melançon.

L’ampleur des effets de la pandémie de COVID-19 sur le développement des jeunes enfants est encore méconnue, mais des hypothèses issues d’études sur les pandémies précédentes sont inquiétantes. Par exemple, lors de la crise du SRAS en 2003, il a été établi que le risque de retard dans certaines étapes développementales était de trois à cinq fois supérieur pour les 15 000 enfants ayant vécu la pandémie.

Une étude américaine en cours de révision suggère aussi que le développement verbal, moteur et cognitif des enfants nés durant la pandémie est affecté, comparativement à ceux qui sont nés avant, surtout dans les ménages à faible revenu.

Impacts sur les familles

Les impacts des confinements sur la violence conjugale et la vie familiale ne seraient pas négligeables non plus. 10,9 % des mamans avant la pandémie avaient subi de la violence conjugale avant le deuxième anniversaire de leur enfant. On sait que les études ont documenté une augmentation, s’inquiète Mme Dagenais. Elle observe aussi une détérioration de la qualité de l’alimentation chez les enfants, particulièrement dans les ménages à faible revenu qui ont dû se tourner vers les banques alimentaires après avoir subi des pertes d’emplois.

Je pense que ça va prendre quand même du temps avant qu’on puisse aussi voir si ce sont des impacts à court ou à long terme. Ça souligne le besoin d’amasser des données, de continuer de surveiller les indicateurs du développement de l’enfant, poursuit Andréane Melançon.

Vaccination en hausse

L’Observatoire des tout-petits est cependant encouragé par le fait que les parents semblent plus enclins à faire vacciner leur enfant durant la première année de vie. En 2019, 97 % des bébés de moins d’un an avaient reçu tous les vaccins recommandés pour la première année, une augmentation d’environ 10 % par rapport à 2006.

Pour maintenir l’adhésion des parents, Fannie Dagenais croit qu’il faudra une bonne campagne de sensibilisation du gouvernement si les autorités sanitaires recommandent le vaccin contre la COVID-19 aux enfants de moins de 5 ans. Actuellement, Santé Canada l’évalue pour les 5 à 11 ans. C’est difficile de prédire, mais on sait que les parents semblent faire confiance au programme de vaccination québécois, constate Mme Dagenais.

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