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Le recrutement pose un défi au secteur technologique de Calgary

Des cables branchés à des serveurs informatiques.

En 2020, 51 investissements en capital de risque ont été conclus pour un total de 455 millions de dollars, soit le double par rapport à 2019, selon la Venture Capital Association of Alberta (VCAA) et la Canadian Venture Capital and Private Equity Association (CVCA).

Photo : Getty Images / Sean Gallup

Amazon, Plug and Play, Infosys, Mphasis... Ces derniers mois, de grands noms du monde des technologies ont annoncé vouloir s'installer à Calgary. Des milliards de dollars d'investissement et des milliers d'emplois sont promis, mais l'Alberta a-t-elle assez d'ingénieurs et d’informaticiens?

Non, il n’y a pas assez de talents, répond en riant Scott Hirsch. La réponse est claire pour celui qui est le directeur de la technologie de TalentMarketplace, une société établie à Vancouver, qui aide les entreprises à recruter des ingénieurs qualifiés dans les technologies de l'information.

« Il n'y a pas assez d'étudiants qui sortent des universités pour répondre à cette forte demande des entreprises qui veulent s'installer à Calgary dans les trois prochaines années. »

— Une citation de  Scott Hirsch, recruteur, TalentMarketplace

Le marché de l’emploi dans ce secteur est difficile, confirme Jeanette Sutherland, directrice responsable de la main-d'œuvre au sein de l'Agence de développement économique de Calgary.

La chasse aux talents ressemble à une guerre au niveau mondial, explique-t-elle. Les trois professions les plus demandées à Calgary sont développeur polyvalent, gestionnaire de projet informatique et analystes de données.

En mars, Vince O'Gorman, président de l'entreprise albertaine Vog App Developpers, a déclaré à CBC News que, sur une échelle de 1 à 10, la difficulté pour trouver des travailleurs qualifiés était à son maximum. Le secteur technologique de Calgary a explosé en 2020. Les entreprises ont déjà épuisé le bassin de talents disponibles.

Défis plus grands pour les petites entreprises

L'annonce qui a soulevé tous les espoirs au sein du gouvernement de Jason Kenney remonte à la décision d'Amazon d'installer à Calgary son deuxième centre canadien pour sa division infonuagique.

Plus de 900 emplois sont promis. 

Selon le recruteur Scott Hirsch, Amazon ne devrait pas avoir de problèmes pour embaucher. Il ne restera que peu de travailleurs pour les entreprises plus petites qui n'offrent pas de conditions salariales aussi attrayantes ni une ligne qui fera bien sur un curriculum vitæ , ajoute-t-il toutefois.

Quelle est la solution pour que le secteur trouve tous les cerveaux dont il a besoin? Investir massivement dans l'éducation, explique Jeanette Sutherland. 

Des tours du centre-ville de Calgary.

Plusieurs entreprises choisissent Calgary plutôt que Vancouver ou Toronto en raison de ses loyers plus attractifs et ses avantages fiscaux.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Réorienter les cerveaux du secteur pétrolier

Selon elle, le gouvernement provincial et Ottawa doivent aider le secteur albertain, notamment en formant les cadres de l'industrie du pétrole et du gaz qui veulent se reconvertir.

Des efforts ont déjà porté leurs fruits, notamment grâce au programme EDGE UP, lancé en 2019, qui a permis d’accompagner près de 400 travailleurs de l’énergie vers le monde numérique.  

« Durant un projet pilote, nous avons observé qu'un grand nombre de ces ingénieurs en milieu de carrière possédaient déjà la moitié des compétences pour être analystes de données ou chefs de projet informatique. »

— Une citation de  Jeanette Sutherland, Agence de développement économique de Calgary

Patience et rapidité

Le bout du tunnel n’est pas si loin non plus, selon Jim Gibson, de l’École de technologie numérique avancée, SAIT. Nous devons être patients. Sur ce marché de l’emploi, la demande et l’offre ne sont pas synchronisées, mais elles le sont bientôt.

Jim Gibson dit travailler étroitement avec le gouvernement provincial pour accélérer la création de nouveaux programmes.

Dans le monde de la technologie, on peut démarrer une entreprise, lever 100 millions de dollars de fonds en un rien de temps, dit-il. En éducation, lancer un nouveau programme peut prendre deux à trois ans. Nous essayons d'accélérer tout cela.

Scott Hirsch estime que les établissements devraient promouvoir davantage les débouchés pour les programmes dans les métiers de l’informatique afin d'inciter plus de personnes à s'y inscrire. 

Si les entreprises à Calgary n’arrivent pas à recruter localement, selon Scott Hirsch, il y a deux autres solutions : faire venir des travailleurs qualifiés d’Inde et du Brésil, ou muter une partie des équipes à l’étranger, en télétravail, pour un salaire plus bas.

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