•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le seuil d’appui pour un vote de confiance précoce contre Jason Kenney serait atteint

Jason Kenney.

La gestion de la crise sanitaire par Jason Kenney a été très critiquée au sein de son parti.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Le seuil nécessaire d’associations de circonscriptions a été franchi pour forcer un vote de confiance dans les trois mois contre le chef du Parti conservateur uni, Jason Kenney, selon ce que 18 présidents locaux albertains ont annoncé lundi matin.

Dans une lettre envoyée au président du PCU, Ryan Becker, les présidents d’associations de circonscription indiquent qu’au moins 22 groupes locaux ont voté une motion exigeant ce vote de défiance, soit le seuil minimal requis par les règlements du parti.

Ils demandent donc la mise en place d’une assemblée générale spéciale avant le 1er mars 2022. Le parti doit tenir une assemblée au cours de la fin de semaine, mais le vote sur la direction de l’organisation politique n’est prévu que les 8 et 9 avril 2022.

Selon le président de l’association de circonscription de Calgary-Fish Creek, Jack Redekop, une assemblée spéciale est nécessaire pour permettre le plus de votes possible. Seuls les participants présents à une assemblée générale peuvent voter alors qu’une assemblée spéciale permet un vote pour chaque membre où qu’il se trouve.

M. Redekop a ajouté qu’avril n’était pas une date idéale vu que de nombreux fermiers sont en pleine saison de vêlage ou d’ensemencement et que les députés sont généralement en session législative.

« Laissons la base faire entendre sa voix. »

— Une citation de  Jack Redekop, président de l’association conservatrice unie de Calgary Fish-Creek

Ce ne sont pas des bonnes nouvelles [pour Jason Kenney], commente le politologue et vice-doyen du campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, Frédéric Boily.

Ce que ça laisse entendre, c'est que la grogne ne diminue pas, au contraire. La fronde continue de s’organiser et par conséquent, pour Jason Kenney, ça veut dire que la pression sur son leadership continue de monter, résume-t-il.

En plus de la rencontre extraordinaire, les signataires demandent qu’une firme d’audit indépendante gère les codes d’accès électroniques des membres, dont ils ont besoin pour voter, pour assurer la sécurité du vote et s’assurer que chaque membre ne vote qu’une fois.

La Gendarmerie royale du Canada enquête toujours sur un possible vol d’identité lors de la course à la direction du Parti conservateur uni en 2017.

Selon Frédéric Boily, le fait que les membres du parti demandent une intervention externe pour gérer le vote montre que « le degré de méfiance, même de défiance, envers l’exécutif du parti est fort ».

Des divisions internes croissantes

La fronde gronde depuis plusieurs mois au sein du PCU sur fond de divisions autour de la gestion de la crise sanitaire. Plusieurs députés ont critiqué le premier ministre, tantôt pour son relâchement trop rapide des mesures, tantôt pour son recours excessif aux restrictions.

Jack Redekop a toutefois évité les questions sur ces critiques en expliquant que le vote de confiance du chef du Parti est un exercice régulier prévu par les règlements de l’organisation.

Ça a toujours été une question de moment propice pour le Parti, pour les membres et l’Assemblée législative , a-t-il souligné. Notre groupe n’est pas composé en majorité d’individus agressifs, lunatiques, mais d’Albertains moyens, conservateurs et qui veulent donner une voix à la base.

Déclencher le vote de façon précoce, même si ce n’est qu’une semaine ou deux plus tôt que prévu, donne cependant un clair avantage aux opposants de Jason Kenney, selon Frédéric Boily.

Il souligne que les déboires pandémiques du gouvernement seront ainsi encore frais dans la tête des membres du parti, et que le premier ministre disposera de moins de temps pour rallier ceux qui le soutiennent.

Jason Kenney reconnaît la présence de tensions

Lundi, Jason Kenney a reconnu que la gestion de la pandémie avait créé un débat qui polarise et crée de la division dans la province et au sein du Parti conservateur uni.

Ces frustrations se font sentir dans mon propre parti et dans mon caucus. Ce n’est pas un secret, a-t-il dit.

Au bout du compte, c’est ma responsabilité de premier ministre, ainsi que celle du gouvernement, de faire des actions responsables. Nous l’avons fait.

Je crois qu’en fait, la vaste majorité des gens dans mon parti sont unis par nos valeurs et nos buts communs, a-t-il cependant ajouté.

Avec des informations de Stéphanie Rousseau

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !