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Suspension de la production de permis : hausse des prix à prévoir, selon Uber et Lyft

Une voiture Uber avec le logo et quelqu'un assis au volant. On voit son bras qui sort de la fenêtre de la voiture, qui est baissée.

Les conséquences de la suspension des nouveaux permis pour les chauffeurs pourraient être multiples.

Photo : Associated Press / Jeff Chiu

La décision de Toronto de suspendre la production de nouveaux permis pour les chauffeurs de services de hélage électronique, comme Uber et Lyft, aura de nombreuses répercussions, notamment sur le temps d'attente et le prix des trajets, selon certains experts.

La délivrance de nouveaux permis de conduire pour les services comme Uber et Lyft est suspendue jusqu'à ce qu'un programme de formation et d’accréditation obligatoire pour tous les conducteurs soit mis en place.

En date du 1er novembre, Toronto comptait 48 195 chauffeurs de services de hélage électronique comme Uber et Lyft titulaires d'un permis, selon le service des permis et des normes municipales de Toronto (Municipal Licensing & Standards).

Un chauffeur doit avoir deux permis s'il travaille pour les deux entreprises.

Il est profondément injuste de punir les milliers de conducteurs qui veulent gagner un revenu, affirme par courriel un porte-parole d'Uber, ajoutant que des centaines de milliers de Torontois ont besoin d'un service fiable pour les aider à se rendre d'un point A à un point B.

La suspension des permis entraînera probablement des temps d'attente plus longs et des prix plus élevés dans toute la ville de Toronto, ajoute ce porte-parole.

Lyft juge aussi que cette décision entraînera une perte d'occasions de revenus pour les nouveaux conducteurs à un moment où plusieurs tentent de se remettre financièrement de la pandémie.

L'entreprise confirme par ailleurs que les temps d'attente et les prix des trajets pourraient augmenter en raison d'un nombre insuffisant de chauffeurs.

Une question de sécurité

Cette décision a été prise par mesure de sécurité par la grande majorité du conseil municipal, dont le maire John Tory et le conseiller Gord Perks, qui ont appuyé la motion.

Nous avons un très grand nombre de chauffeurs Uber et Lyft, ainsi que des chauffeurs de taxi dans nos rues, affirme Gord Perks.

Certains d'entre eux sont bien formés, mais la plupart ne le sont pas. En conséquence, il existe un risque réel pour les consommateurs qui montent dans un Lyft ou un Uber, dit-il.

La durée de cette suspension dépendra du nombre de prestataires de formation agréés par la Ville, de la durée des programmes de formation offerts et de la capacité des prestataires de formation à former les chauffeurs de taxi, de limousine et de transport privé, explique par courriel le service des licences et des normes municipales de Toronto.

Un homme assis dans son bureau.

Le conseiller municipal Gord Perks

Photo : Radio-Canada / Lyne-Françoise Pelletier

Les efforts de la Ville pour déterminer une formation adéquate ont commencé en juillet 2019 quand le conseil a adopté de nouvelles exigences de formation obligatoire pour les conducteurs de certains véhicules de transport, comme les taxis et les limousines, ainsi que pour les conducteurs d'Uber et de Lyft.

Les conseillers municipaux avaient pris cette décision à la lumière d'un accident mortel impliquant un conducteur d'Uber en 2018.

Le modèle d'affaires d'Uber et de Lyft, c'est de dire : avant, vous aviez de très bonnes normes, mais on va tout simplement se débarrasser de la réglementation pour que ce soit moins cher, explique M. Perks.

Selon le conseiller municipal, ces entreprises auraient refusé de soumettre leurs conducteurs à des évaluations pratiques.

La Ville a des exigences strictes en matière de permis pour les conducteurs qui offrent des services de transport afin d'assurer la sécurité des passagers.

Cependant, la pandémie a retardé la mise en œuvre du programme de formation.

Il n'y a essentiellement pas eu de progrès depuis le mois de mars 2020.

Augmentation de l'attente et hausse des prix à prévoir

Selon l’agence Choix du consommateur (CCC), cette interdiction d'octroyer de nouveaux permis pourrait restreindre l'offre de ces services et augmenter le coût des trajets d'Uber et de Lyft à Toronto.

Limiter le nombre de conducteurs jusqu'à ce que la Ville ait approuvé un programme de formation est un problème que le conseil municipal a créé, croit le directeur des affaires nord-américaines de l'agence, David Clement.

C'est une situation sans précédent, lance-t-il.

Avec la réouverture de l'économie et la période des Fêtes, cela arrive au pire moment possible pour les consommateurs qui veulent avoir accès à un service accessible et les conducteurs qui tentent de faire un peu d'argent supplémentaire, selon lui.

Plan rapproché de David Clement, porte-parole de l’organisation Consumer’s Choice Centre.

Le porte-parole de l’agence Choix du consommateur (CCC), David Clement

Photo : Radio-Canada / Christian Noël

Avec moins de chauffeurs sur les routes, les périodes de pointe peuvent rapidement devenir problématiques. Les temps d'attente deviennent plus longs et les prix augmentent en fonction de la demande.

[Les conseillers municipaux] sont restés les bras croisés au cours des 18 derniers mois. Essentiellement, l'inaction de la Ville est ce qui met maintenant ces services de transport en danger à Toronto, ajoute-t-il.

« Je ne sais pas pourquoi la Ville punit les Torontois pour un crime qu'elle a commis en n'approuvant pas un programme de formation. »

— Une citation de  David Clement, directeur des affaires nord-américaines de l'agence Choix du consommateur (CCC)

Pourquoi ne vont-ils pas simplement de l'avant en améliorant [un plan existant], plutôt que de perturber complètement le marché, limitant considérablement l'offre? se demande M. Clement.

Avec le nombre limité de conducteurs d'Uber et de Lyft dans les rues, le temps froid et la période achalandée des Fêtes, ces services de transport seront plus chers pour les consommateurs de la ville, estime M. Clement.

Plus cela s'éternisera, plus la situation empirera pour les consommateurs et pour ceux qui veulent conduire en ville pour certaines de ces sociétés, indique-t-il.

En plus de l'augmentation des prix, cette décision pourrait engendrer une hausse des cas de conduite avec facultés affaiblies, selon lui.

Sécurité et alcool au volant

Avec le temps des Fêtes, Mères contre l’alcool au volant (MADD Canada) prévoit que les sorties dans les bars et les restaurants et les visites chez les amis et la famille seront plus fréquentes.

La décision de la Ville affectera négativement les Torontois. [...] Il est essentiel que les gens disposent d'une gamme de moyens de transport sûrs, pratiques et accessibles afin qu'ils ne prennent jamais le risque de conduire avec les facultés affaiblies, souligne Eric Dumschat, directeur juridique auprès de l'organisme.

Uber Canada et MADD Canada travaillent ensemble depuis quelques années pour sensibiliser la population aux dangers de la conduite avec les capacités affaiblies et pour rendre disponibles des solutions de transport de rechange.

Ce sont des services très importants qui sont accessibles en appuyant simplement sur un bouton, affirme l'avocat.

Une personne tient un téléphone intelligent.

Avec le temps froid, la demande de services comme Uber et Lyft risque d'augmenter alors que le nombre de conducteurs est restreint.

Photo : Reuters

L'avocat explique que les services de transport comme Uber et Lyft sont abordables, faciles à utiliser et pratiques lorsque les gens quittent les restaurants ou les bars, surtout pendant les Fêtes.

Uber est une importante option de rechange à la conduite avec les capacités affaiblies, ajoute-t-il.

Le temps presse, selon l'organisme, qui espère que la Ville de Toronto mettra tout en œuvre pour que la formation soit prête le plus tôt possible.

Chaque année, des milliers de Canadiens sont blessés en raison de la conduite avec les capacités affaiblies et des centaines d'autres sont tués, affirme M. Dumschat.

Propositions de programmes acceptées

Depuis le 9 novembre, la Ville accepte les propositions de programmes de formation pour les conducteurs de véhicules de voiturage, y compris les chauffeurs de taxi, de limousine et de services de hélage électronique comme Uber et Lyft.

Une ronde de soumissions est en cours et une autre aura lieu en 2022.

Les prestataires de services qui souhaitent être reconnus par la Ville ont jusqu'au 10 décembre pour soumettre leur plan de formation.

Les logos de Lyft et d'Uber sur le pare-brise d'un véhicule.

Les nouveaux conducteurs de Lyft et d'Uber ne pourront pas travailler à Toronto tant qu'une formation pour améliorer la sécurité ne sera pas prête.

Photo : Associated Press / Gene J. Puskar

Les formations soumises devront être approuvées par le service des licences et des normes municipales avant de pouvoir être recommandées par la Ville.

Ces soumissions seront examinées individuellement par les membres du groupe d'experts en vue d'une réunion de groupe au début du mois de janvier.

Les programmes de formation approuvés seront éventuellement mis à disposition par l'entremise d'une liste sur le site Internet de la Ville.

Aucun échéancier n'a été précisé.

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