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Changements climatiques : des Inuit du Labrador répertorient les routes blanches

De la neige blanche et de la glace sur la mer.

De la glace de mer dans les environs de Hopedale en février.

Photo : Avec la gracieuseté de Jason Edwards

Radio-Canada

Des Inuit du Labrador répertorient les routes blanches qui disparaissent en raison des changements climatiques. Les habitants de Makkovik, une communauté côtière du Labrador, en sont les témoins.

Ces résidents avaient l’habitude de se déplacer depuis leur ville vers Cape Strawberry, au nord, et vers des îles plus au sud sans trop se faire de souci.

La glace sur la mer de Hopedale, Makkovik, Postville et d’autres villes servait autrefois à se déplacer et à chasser.

Tout cela a changé depuis quelques années. Depuis 20 ans, la glace sur la mer a cédé assez fréquemment en hiver, explique Barry Andersen, qui est le dirigeant (angajukKâk) de la communauté inuit. Il faut vraiment faire attention aux conditions de glace, à la direction des vents et à des détails de ce genre si on doit se déplacer.

Il s’agissait d’un trajet direct pour se rendre aux camps ou aller à la chasse au phoque ou au canard au printemps, ajoute Barry Andersen.

L’hiver dernier, pour la première fois de mémoire d’homme, aucune motoneige ne pouvait se rendre à la pointe de Ford’s Bight en sécurité. Les temps changent.

Cartes géographiques

Afin de consigner ces changements, des cartes géographiques immenses ont été étalées dans les centres communautaires de Makkovik, Nain et Postville, afin que les aînés et les détenteurs du savoir puissent y faire les tracés des routes qu’ils empruntaient et détailler à trois chercheuses de l’Université Dalhousie les changements observés au fil des ans.

Breanna Bishop, May Wang et Katrina Anthony ont visité diverses communautés pour améliorer leur compréhension des changements climatiques.

Elles se sont aussi rendues à Rigolet et Hopedale en 2019 avant que la pandémie ne les oblige à prendre une pause.

Selon Breanna Bishop, des changements substantiels se produisent en raison des changements climatiques, surtout avec les banquises, d’où l’intérêt de consigner les connaissances des Inuit sur des cartes, selon la doctorante, notamment les aires d’eau libre en hiver, les secteurs dangereux, les trajets empruntés et les changements observés dans le temps, précise-t-elle.

Le format géant des cartes permettait de tracer les routes à vol d’oiseau.

Une carte avec des dessins en trois dimensions glaciers sur le dessus.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À Makkovik, des personnes ont tracé les routes qu'elles empruntaient dans le passé pour se déplacer sur la glace de mer.

Photo : Avec la gracieuseté de Jason Edwards

Les plus jeunes ont été invités à observer leurs aînés pendant qu’ils traçaient les routes.

Il est utile de partager ces connaissances. Ça peut appuyer les récits et d’autres connaissances mises en commun dans la communauté, explique Breanna Bishop, qui admet que l’étendue des tracés franchis sur la glace était impressionnante.

La prudence est de mise

Les chercheuses espèrent que les informations alimenteront les discussions dans la communauté au sujet des routes blanches, en plus de servir dans leurs recherches, en tant que support visuel, lors de la planification liée aux changements climatiques.

Breanna Bishop indique que la recherche l’aide à comprendre comment les gens perçoivent et comprennent les changements climatiques et les changements environnementaux. Elle ajoute que les chercheuses vont partager le fruit de leur cueillette avec les communautés.

Pour sa part, Barry Andersen s’est réjoui de la participation nombreuse à Makkovik.

Il espère que les gens se montreront plus prudents à la lumière des connaissances et des récits qui seront partagés.

Il faut prendre garde à la houle en tout temps, et pas seulement à l’automne ou en été, dit-il. Il y a des remous pendant toute l’année maintenant. Nous devons nous montrer plus vigilants et être attentifs à ce qui nous entoure.

Avec les informations de Heidi Atter de CBC

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