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Un trouble relié aux ovaires favorise le diabète chez la femme

Une personne contrôle son taux de glycémie dans le sang.

Le syndrome des ovaires polykystiques serait indirectement lié à l'apparition du diabète de type 2.

Photo : iStock

Agence France-Presse

Les femmes ne sont pas égales devant le diabète : le syndrome des ovaires polykystiques augmente nettement le risque de devenir diabétique. Mais ce trouble, pourtant courant, est souvent diagnostiqué trop tard pour bien lutter contre l'apparition de la maladie.

Les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques [ont] deux fois plus de risques de développer un diabète de type 2 ou un prédiabète, résumait en octobre l'université de Birmingham, accompagnant la publication d'une étude à laquelle ont participé certains de ses chercheurs.

Ce travail, publié dans la revue Diabetes Care, se distingue par son ampleur, puisqu'il examine de façon rétrospective les données de plusieurs dizaines de milliers de patientes britanniques.

Il confirme un lien déjà bien établi entre le diabète, dont la journée mondiale a lieu ce dimanche, et ce syndrome.

De quoi parle-t-on? Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est l'un des troubles les plus courants chez les femmes en âge de procréer. Il frappe, grosso modo, un dixième d'entre elles, même si les estimations varient.

Représentation de l'appareil reproducteur de la femme.

Représentation du syndrome des ovaires polykystiques, l'ovaire à droite, touché par des kystes, est plus gros.

Photo : iStock / Nerthuz

Ce trouble, lié à une surproduction d'hormones mâles, se traduit surtout par une ovulation perturbée, donc des cycles irréguliers et des difficultés à procréer. C'est l'une des principales causes d'infertilité chez la femme.

Toutefois, ce syndrome ne se résume pas aux problèmes de fertilité. Ainsi, les patientes réagissent souvent peu à l'insuline, l'hormone qui régule la concentration de sucre dans le sang.

Or, cette résistance favorise directement l'apparition d'un diabète de type 2, le plus courant. Cette maladie, qui apparaît en général après 40 ans, est en effet provoquée par la résistance de l'organisme à l'insuline.

Des mécanismes encore méconnus

On sait encore mal quels mécanismes relient le syndrome des ovaires polykystiques et la résistance à l'insuline. Parmi les pistes d'explication, les patientes sont souvent en surpoids, ce qui tend à favoriser une insulino-résistance et donc, par la suite, un diabète.

Cette prise de poids pourrait être liée à une mauvaise régulation de l'appétit à cause d'un autre dysfonctionnement de l'insuline souvent observé chez les patientes syndrome des ovaires polykystiques : une production plus élevée que la normale.

Cependant, même les patientes de poids normal ne sont pas épargnées par le risque plus élevé de diabète, prévient l'endocrinologue Michel Pugeat.

Il met notamment l'accent sur le risque élevé d'un diabète gestationnel, c'est-à-dire pendant la grossesse. Ce diabète a beau s'interrompre après la naissance de l'enfant, il rend plus probable l'apparition d'un diabète de type 2 par la suite.

Plus largement, la production d'insuline et celle d'hormones mâles sont étroitement liées. Cette piste de recherche a de grandes chances d'expliquer les liens entre syndrome des ovaires polykystiques et diabète, même s'il reste largement à déterminer où se situent les causes et les effets.

La pilule contraceptive à la rescousse?

Que faire, en attendant, pour limiter les risques de diabète chez les patientes? L'étude de Diabetes Care donne une piste : les chercheurs ont établi que les diabètes étaient moins fréquents chez les patientes qui avaient pris le principal type de pilule contraceptive, la pilule oestroprogestative.

Cette observation montre pour la toute première fois qu'il y a peut-être un traitement possible pour éviter l'apparition du diabète chez ces patientes, a estimé l'une des chercheuses, Wiebke Arlt.

Ce n'est encore qu'une hypothèse, faite à partir d'observations sur la population, et il faudra la confirmer par des essais cliniques. D'autant que la différence (un quart de cas de diabètes ou de prédiabètes en moins chez les patientes ayant pris ce type de pilule) n'est pas si marquée.

Pour M. Pugeat, cette étude a surtout l'intérêt de montrer que la pilule n'a pas l'effet inverse : augmenter le risque de diabète chez les patientes. C'est, en soi, une information importante, puisque les pilules servent souvent à traiter d'autres manifestations du syndrome, comme une forte acné.

Mais, contre le diabète lui-même, l'endocrinologue juge surtout nécessaire de diagnostiquer le syndrome des ovaires polykystiquesau plus tôt, dès l'adolescence. Les patientes peuvent ainsi être vite invitées à prendre des habitudes (exercice physique, alimentation) qui limitent le risque de diabète.

Or, le syndrome est fréquemment découvert plus tard dans la vie d'une femme, souvent à l'occasion de difficultés à avoir un enfant.

La prévention précoce de ce risque (de diabète) est actuellement non satisfaite, regrette M. Pugeat.

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