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Long délai pour un ex-militaire en attente d’une prestation d’invalidité

Un homme souriant sur un patio, une guitare entre les mains.

René Houle avec sa guitare, une de ses activités préférées.

Photo : Radio-Canada / Contribution : Gabrielle Houle

Radio-Canada

Un résident de Dieppe se demande combien de temps s'écoulera avant que sa demande de prestation d'invalidité pour perte d'audition soit traitée.

René Houle, 58 ans, est un ex-militaire qui a aussi occupé des fonctions au sein de la Gendarmerie royale du Canada.

Après une série de tests à la suite d'un accident vasculaire cérébral l'automne dernier, il a appris que son audition diminuait. Les médecins attribuent sa condition à son ancien environnement de travail et à son âge.

Un militaire coiffé d'une casquette tient un téléphone d'une main et une arme de l'autre.

René Houle, jeune militaire, lors d'une mission de maintien de paix des Nations Unies à Chypre, vers la fin des années 80.

Photo : Radio-Canada / Contribution : Gabrielle Houle

Puisqu'il compte 35 ans de service au sein des Forces armées canadiennes et de la Gendarmerie royale du Canada, M. Houle est admissible à recevoir des prestations d'invalidité, selon la définition qui en est donnée sur le site internet du gouvernement du Canada.

Cela lui permettrait de se procurer les appareils auditifs requis pour ses deux oreilles, à un coût estimé de 4000 $.

Mais sa réclamation déposée le 27 janvier dernier n'a toujours pas été traitée, en raison d'une accumulation des dossiers à traiter.

« On m'avait prévenu que la démarche pourrait prendre du temps, même si mon dossier est relativement simple et que ma demande sera probablement approuvée. »

— Une citation de  René Houle

Personne ne peut lui dire quand il obtiendra une réponse.

René Houle affirme que le mois dernier, un représentant du ministère des Anciens Combattants lui a indiqué que certains dossiers en attente remontent à 2019.

Une qualité de vie qui décline

Près d'un plus tard, l'audition de René Houle continue de se dégrader et sa qualité de vie en souffre.

Il a délaissé sa guitare et il peine à se retrouver au sein d'un groupe parce ce que le bruit des conversations lui occasionne un grand inconfort.

Une sortie au restaurant pour célébrer l'anniversaire de sa femme a dû être écourtée parce que les notes aiguës de la musique ambiante occasionnaient un grand inconfort à M. Houle.

Sa compagne Nicole Chartrand, qui est à ses côtés depuis 35 ans, souffre de le voir dans cet état. Il n'a que 58 ans, il vient de prendre sa retraite. Nous devrions pouvoir profiter de la vie, pas nous en éloigner.

Un retard difficile à rattraper

Au ministère des Anciens Combattants, on reconnaît que les délais d'attente actuels pour le traitement des demandes de prestations sont inacceptables.

Selon un porte-parole, Marc Lescoutre, le nombre de réclamations pour invalidité a augmenté de 40 % entre 2015-2016 et 2019-2020, incluant une hausse de 75 % du nombre de nouveaux dossiers. Selon les critères du ministère, les réclamations doivent être traitées dans un délai de 16 semaines.

En date du 30 juin, le nombre de dossiers de réclamation en attente depuis plus longtemps dépassait 15 000.

Marc Lescoutre précise que le nombre de réclamations soumises en 2020-21 a diminué, peut-être à cause de la pandémie. Le nombre de réclamations a cependant augmenté pendant le premier trimestre de l'année financière 2021-22.

Les membres d'une famille, sourire aux lèvres, assis sur un banc  devant un plan d'eau.

René Houle, entouré de ses filles Gabrielle et Céleste et de sa compagne Nicole Chartrand.

Photo : Radio-Canada / Contribution : Gabrielle Houle

Le ministre des Anciens Combattants, Lawrence MacAulay, affirme que le gouvernement Trudeau travaille à accélérer le traitement des demandes. Le gouvernement a prévu à cet effet un financement supplémentaire de 192 millions de dollars, réparti sur deux ans.

Au ministère, on précise que des ajustements ont été apportés au système de réclamations au fil du temps, y compris l'embauche d'employés temporaires, pour simplifier le processus.

Dans certaines situations, des dossiers peuvent bénéficier d'un traitement accéléré. C'est le cas lorsqu'il y a un risque médical ou lorsqu'un ancien combattant doit recevoir des soins palliatifs ou qu'il est très âgé.

Une attente pénible

En attendant de recevoir une réponse, René Houle a le sentiment d'avoir été oublié, même en plein cœur d'un mois consacré au souvenir des anciens combattants.

Ironiquement, pendant des années, mes fonctions m'ont amené à travailler dans le domaine de la santé et de la sécurité. Je sais ce que ça représente quand quelqu'un est blessé et qu'il a besoin de soutien.

Sa compagne espère que le dossier de réclamation recevra une réponse favorable. Ça lui permettrait de reprendre [sa guitare], une activité qui lui apporte beaucoup, et de retrouver une plus vie plus normale, confie Nicole Chartrand.

D'après un reportage de Mrinali Anchan, CBC

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