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Archives

Il y a 80 ans décédait Émile Nelligan, figure mythique de la poésie québécoise

Émile Nelligan photographié en noir et blanc en 1899.

Émile Nelligan est décédé il y a 80 ans.

Photo : Archives Publiques Canada

Radio-Canada

Le 18 novembre 1941 mourait Émile Nelligan. Son œuvre, considérée comme le point de départ de la poésie moderne québécoise, ainsi que son destin tragique l’ont transformé en une source d’inspiration pour l’imaginaire et les arts d’ici.

Une poète au destin tragique

Émile Nelligan, comme le rappelle un reportage sur la vie du poète présenté à l’émission Aujourd’hui du 7 novembre 1966, est né à Montréal le 24 décembre 1879.

Aujourd'hui, 7 novembre 1966

Dans ce reportage, le journaliste Wilfrid Lemoine interviewe l’ethnologue et professeur de littérature française à l’Université Laval, Luc Lacourcière.

Ce dernier, qui a consacré en 1952 une importante édition critique de l’œuvre d’Émile Nelligan, nous propose de mieux comprendre sa vie et sa poésie.

Né d’un père irlandais au caractère sévère et d’une mère canadienne-française surprotectrice, Émile Nelligan démontre très jeune un goût marqué pour la poésie.

C’est un élève distrait qui, dès 1897, quitte les bancs de l’école.

Entre 1896 et 1899, il éblouit par les poèmes qu’il compose et récite dans le milieu littéraire montréalais.

Les thèmes qu’il aborde dans ses vers explorent la musique, mais aussi la nostalgie de l’enfance, le rêve, la mort.

Parmi ses poèmes les plus célèbres, on doit citer Le Vaisseau d’or, qui est intégralement lu durant ce reportage.

La romance du vin pour sa part lui vaut un triomphe lorsqu’Émile Nelligan le récite durant une rencontre de l’École littéraire de Montréal le 26 mai 1899.

Ce sera la dernière apparition publique d'Émile Nelligan.

Il est terrassé par la schizophrénie et hospitalisé le 9 août 1899.

Il est alors définitivement interné tout d'abord à la Retraite Saint-Benoît-Labre, puis à l'asile de Saint-Jean-de-Dieu dans l'est de Montréal.

Un neveu d’Émile Nelligan raconte dans le reportage que sa mère ne l’a revu qu’une seule fois, refusant par la suite de le visiter jusqu’au moment où elle meurt en 1913.

Quant à l’inspiration, elle a quitté Émile Nelligan jusqu’à sa mort en 1941.

Dans le reportage, on voit plusieurs photos d’Émile Nelligan et de sa famille ainsi que le quartier du carré Saint-Louis et certains édifices de Montréal tels qu’ils étaient dans la deuxième moitié des années 1960.

Nelligan inspire les artistes québécois…

« Faire chanter en vers un génie qui a écrit des vers éminemment meilleurs que tout ce que j’écrirai dans ma vie, fallait avoir du toupet… »

— Une citation de  Michel Tremblay, 1990

La vie tragique d’Émile Nelligan, la beauté du personnage doté d’un physique d'adolescent à tête d'Apollon et l'élégance de certains de ses vers ont séduit plus d’un artiste au Québec.

Un trait marquant de l’œuvre poétique d’Émile Nelligan est sa musicalité.

Est-il étonnant alors que les musiciens se soient emparés de ses poèmes?

En 1990, le compositeur André Gagnon, l’auteur Michel Tremblay et le metteur en scène André Brassard unissent leurs talents pour créer un opéra qui s’inspire de la vie d’Émile Nelligan.

Édition magazine, 2 mars 1990

Le 2 mars 1990, le journaliste Paul Toutant présente à Édition magazine un reportage sur l’œuvre alors qu’elle est présentée à Montréal.

Suzanne Laberge présente l’émission.

Nelligan est le tout premier opéra québécois commandé par l’Orchestre symphonique de Montréal.

Le fil conducteur de l’opéra nous dévoile le destin d’un poète maudit, de sa jeunesse exaltée à sa déchéance dans la folie et son internement à l’hôpital psychiatrique.

Les chanteurs, notamment Louise Forestier et Yves Soutière, ainsi que la mise en scène d’André Brassard reçoivent l’assentiment du journaliste qui prédit un succès populaire à l’opéra.

Une prédiction confirmée par la suite des choses.

Nelligan sera repris dans les années qui suivent par l’Opéra lyrique de Montréal et le Théâtre du Nouveau Monde.

… et ses œuvres deviennent des trésors nationaux

« Ça empêche pour toujours que ce bien puisse sortir du Québec. »

— Une citation de  Christine St-Pierre, 2007

Nelligan s’est progressivement transformé en mythe chez le public québécois.

En 1974, le gouvernement du Québec désigne Émile Nelligan personnage historique national.

Ses œuvres seront aussi protégées.

Téléjournal, 18 décembre 2007

C’est ce que rappelle la journaliste Claudia Genel dans un reportage présenté au Téléjournal le 18 décembre 2007.

Les tristesses, un carnet de notes et de transcription de poèmes rédigé par Émile Nelligan à l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu en 1929, sont classées bien historique par le gouvernement québécois.

Le collectionneur Pierre Lassonde a acheté le manuscrit alors qu’on s’apprêtait à le vendre aux enchères.

Le mécène a ensuite prêté le carnet au Musée national des beaux-arts du Québec.

Les tristesses sont un document particulièrement précieux, car c’est une des rares œuvres originales existantes de l’auteur.

La ministre de la Culture du Québec Christine St-Pierre a donc décidé d’accorder une valeur patrimoniale au document, ce qui lui garantit d’être protégé comme il le mérite.

En 2015, c’est au tour d’une copie du poème Le Vaisseau d’or écrit de la main d'Émile Nelligan en 1912, qui est classé bien patrimonial par le gouvernement du Québec.

La décision du gouvernement québécois est prise à la suite de l’émoi provoqué par sa possible vente aux enchères sur ebay.

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