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COVID-19 : hausse anticipée de patients aux soins intensifs en Ontario

Trois hommes portant un masque passent dans la rue à côté d'un mendiant assis au sol, qui porte lui aussi un masque.

Les autorités de santé publique pressent les Ontariens de continuer à adhérer aux consignes sur le port du masque et la distanciation physique.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Le nombre de patients aux soins intensifs en Ontario pourrait grimper de 20 à 100 % d'ici la fin de décembre, selon les dernières projections de modélisation du Groupe consultatif scientifique ontarien de lutte contre la COVID-19.

La province fait face à une résurgence des cas de COVID-19 depuis le début du mois.

Le taux d'infection est à la hausse dans 26 des 34 unités sanitaires actuellement, selon le Groupe consultatif scientifique ontarien de lutte contre la COVID-19.

Ces experts, qui ont conseillé le gouvernement Ford tout au long de la pandémie, citent comme facteurs la levée de certaines restrictions et les températures plus froides qui mènent à plus d'activités à l'intérieur où le risque de transmission du coronavirus est plus élevé.

Le nombre moyen de nouveaux cas par jour en Ontario au cours des sept derniers jours est passé de 349 le 31 octobre à 537 vendredi, soit une hausse de plus de 50 %.

Jeudi, l'Ontario a recensé 642 nouvelles infections, soit un sommet inégalé depuis le 9 octobre.

Vendredi, la province enregistre 598 nouveaux cas. Près de 63 % de ces infections touchent des personnes qui n'étaient pas pleinement vaccinées ou dont le statut d'immunisation est inconnu.

À l'heure actuelle, 88,6 % des Ontariens de 12 ans et plus ont eu au moins une dose et 85,3 %, deux doses.

Pour l'instant, les nombres d'hospitalisations et de patients aux soins intensifs demeurent relativement stables, grâce à la vaccination, disent les experts.

Toutefois, le Groupe consultatif scientifique ontarien de lutte contre la COVID-19 prévient que la donne risque de changer avec la montée des infections.

Le Groupe projette trois scénarios. Le plus plausible, selon ces experts, fait état de 200 patients aux soins intensifs d'ici la fin de décembre, soit une hausse de près de 54 % comparativement à la situation actuelle.

« On a vu en Europe et ailleurs au Canada que les cas peuvent augmenter rapidement et mener ensuite à une hausse des hospitalisations, du nombre de patients aux soins intensifs et des décès. »

— Une citation de  Groupe consultatif scientifique ontarien de lutte contre la COVID-19

Bilan du 12 novembre en Ontario :

  • 598 nouveaux cas de COVID-19, y compris 63 cas à Toronto, 55 dans la région de Simcoe Muskoka, 43 dans la région de Peel, 37 à Ottawa, 37 dans la région de Durham, 32 dans la région de York et 32 dans la région de Sudbury
  • 95 nouveaux cas dans les écoles; 2 écoles sont fermées
  • 4 décès de plus
  • 462 nouvelles guérisons
  • 4400 personnes présentement infectées (+131)
  • 207 hospitalisations (-44), y compris 130 patients aux soins intensifs (-2)
  • 13 468 doses de vaccin administrées jeudi
  • 30 230 tests de dépistage au cours des dernières 24 heures; taux de positivité de 2,5 %

Plus de restrictions?

Mercredi, le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr Kieran Moore, a annoncé que la limite de capacité ne serait pas levée le 15 novembre pour les boîtes de nuit et les bars de stripteaseuses, notamment.

Certains experts comme le professeur Colin Furness de l'École de santé publique Dalla Lana de l'Université de Toronto pensent que la province devrait aller encore plus loin. L'épidémiologiste affirme que les autorités devraient entre autres réduire de moitié le nombre de spectateurs permis dans les stades.

De son côté, le Groupe consultatif scientifique ontarien de lutte contre la COVID-19 applaudit à la décision du gouvernement de suspendre tout déconfinement supplémentaire, mais ne juge pas nécessaire pour l'instant d'imposer de nouvelles restrictions provinciales.

Alexandra Hilkene, l'attachée de presse de la ministre de la Santé, Christine Elliott, affirme que les dernières projections de modélisation confirment que le gouvernement a adopté la bonne approche en matière de déconfinement, soit « prudente et graduelle ».

« Nous nous attendions à une augmentation des cas, alors que plus d'activités se déroulent à l'intérieur et que la province lève de façon sécuritaire et graduelle certaines mesures. L'achalandage dans les hôpitaux et aux soins intensifs en Ontario demeure stable et la province continue à avoir l'un des taux de personnes présentement infectées les plus bas au pays. »

— Une citation de  Alexandra Hilkene, porte-parole de la ministre de la Santé

La province promet de continuer à surveiller la situation, mais ajoute que le taux de vaccination en Allemagne par exemple est bien plus bas que celui de l'Ontario. Par ailleurs, le masque n'est pas exigé dans autant d'endroits publics en France et au Royaume-Uni, notamment, fait valoir le bureau de la ministre Elliott.

De son côté, le Groupe consultatif scientifique ontarien de lutte contre la COVID-19 note qu'il y a des failles importantes dans la couverture vaccinale dans les communautés et certains groupes d'âge en Ontario, que ce soit chez les Premières Nations ou les moins de 30 ans.

En entrevue avec Radio-Canada jeudi, le directeur scientifique du Groupe, Peter Jüni, s'est aussi dit préoccupé par la montée des cas dans certaines régions comme Sudbury. Selon lui, d'autres bureaux locaux de santé publique pourraient devoir imposer des restrictions locales comme l'a fait celui de Sudbury.

Le Dr Jüni se dit « relativement optimiste » à l'approche de Noël, mais tout en invitant les Ontariens à adhérer aux consignes de la santé publique sur le port du masque et la distanciation physique comme avant l'Action de grâce. Il souligne que le risque de transmission du coronavirus augmente alors que la population passe plus de temps à l'intérieur avec la baisse des températures.

Pour Noël, ça dépend entièrement de nous-mêmes, de ce que fera la population, dit-il.

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