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Analyse

La responsabilité de Labeaume dans la défaite de Marie-Josée Savard

Régis Labeaume et la conseillère municipale Marie-Josée Savard lors du conseil municipal de la Ville de Québec, le 18 février 2019.

Régis Labeaume et la conseillère municipale Marie-Josée Savard en février 2019 (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Convaincu que Marie-Josée Savard allait incarner un changement de ton à l'Hôtel de Ville tout en assurant une continuité, Régis Labeaume a imposé sa décision et freiné du même coup son ascension.

La nomination de Marie-Josée Savard à la tête du parti du maire Labeaume a pu d'abord être perçue comme un cadeau sur un plateau d'argent.

La nouvelle venue allait pouvoir compter sur une équipe d'expérience à l'Hôtel de Ville et sur un parti qui avait fait élire le maire Labeaume plusieurs fois depuis 2007.

Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Dimanche, la dauphine du maire a perdu après avoir connu une campagne décevante.

Leader imposée

Le maire sortant a choisi seul la personne qui allait lui succéder.

Il aurait convaincu sa vice-présidente du comité exécutif à faire le saut, il y a plus d'un an. Il lui a confié le mandat de recruter une équipe de candidats et d'élaborer un programme électoral. Il a prévenu les autres membres de l'équipe des mois plus tard, à la toute dernière minute. Devant le fait accompli, ils n'ont eu d'autre choix que d'accepter la décision. Ils n'ont jamais été dans le coup.

Malgré le fait que Marie-Josée Savard était peu connue du grand public, Régis Labeaume n'a pas profité des mois précieux qu'il avait devant lui pour lui permettre de prendre un peu plus de place dans l'espace public. Elle est restée dans l'ombre jusqu'à ce qu'elle soit nommée officiellement candidate. Elle est partie sur le même pied que les autres candidats à la mairie qui souffraient aussi d'un déficit de notoriété.

Marie-Josée Savard, candidate défaite à la mairie de Québec.

Persuadée d’avoir été élue à la mairie de Québec, Marie-Josée Savard avait même présenté son discours de victoire. Lundi, elle a reconnu sa défaite et félicité Bruno Marchand pour son élection. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

Un parti mal préparé

Équipe Labeaume a gagné les quatre dernières élections d'abord et avant tout en raison du maire Labeaume. Chaque élection, il partait avec un capital de sympathie qui était encore très fort. La stratégie était d'en faire le moins possible pour éviter de perdre des appuis.

Cette fois-ci, les choses étaient différentes. Si Marie-Josée Savard est partie avec une avance confortable sur ses adversaires, elle a fait rapidement du surplace. Elle ne perdait pas de points, mais elle n'en gagnait pas non plus.

En aucun temps durant la campagne, on n’a senti dans l'entourage de la candidate à la mairie un changement de cap pour relancer sa course. Même après un débat difficile. Même quand il est devenu évident que Québec forte et fière remontait dans les sondages lentement, mais sûrement.

Le parti ne s'était jamais battu dans un contexte si imprévisible. Il n'a pas su voir venir les coups.

Absence du mentor

Régis Labeaume n'a pas voulu se mêler de la campagne électorale. Pas une fois, il n'a été vu avec sa candidate sur le terrain.

Quand les sondages ont commencé à laisser entrevoir une tendance en faveur de Bruno Marchand, il ne s'est pas manifesté.

Le maire élu de Québec, Bruno Marchand.

Une fois assermenté, Bruno Marchand deviendra le 38e maire de l'histoire de Québec. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

Sa seule présence aux côtés de Mme Savard dans la dernière semaine de campagne aurait pu rassurer les électeurs plus nostalgiques ou convaincre les indécis.

Un bilan à défendre

Mme Savard n'a jamais réussi à s'imposer dans cette campagne. Elle s'est souvent retrouvée à défendre le bilan d'un maire qui a été au pouvoir pendant 14 ans et qui a toujours joué la carte du one man show à l'Hôtel de Ville.

Coincée entre son désir d'assumer la continuité que lui a imposée le maire Labeaume et celui de rester elle-même, elle n'a pas su apporter les nuances nécessaires.

Les dix candidats élus sous la bannière d'Équipe Marie-Josée Savard se retrouvent aujourd'hui orphelins, du chef et du parti.

Le maire Labeaume a voulu déterminer les règles du jeu, sans jamais les assumer.

Il a perdu son pari de la pire façon qui soit : par quelques centaines de votes au fil d'arrivée.

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