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Moscou se défend à l’ONU d’envoyer des migrants à la frontière Bélarus-Pologne

Des migrants sont assis dans un camp, près d'un feu.

La Pologne estime que de 12 000 à 15 000 migrants se trouvent au Bélarus.

Photo : belta/afp via getty images / Leonid Shcheglov

Agence France-Presse

La Russie et le Bélarus n'aident pas des migrants à affluer vers la frontière entre ce pays et la Pologne, a affirmé jeudi l'ambassadeur russe adjoint auprès de l'ONU, en assurant par ailleurs que son pays n'avait aucun plan pour envahir l'Ukraine.

Non, absolument pas, a affirmé au sujet d'une aide éventuelle aux migrants le diplomate Dmitry Polyanskiy, avant une réunion d'urgence à huis clos du Conseil de sécurité convoquée à la demande de l'Estonie, de la France et de l'Irlande sur la crise migratoire à la frontière entre le Bélarus et la Pologne.

Interrogé sur des mouvements d'avions de chasse constatés dans le ciel du Bélarus, Dmitry Polyanskiy a expliqué qu'il s'agissait d'une réponse au déploiement massif de gardes polonais armés à la frontière polono-bélarusse.

Nous avons des obligations dans le cadre de l'unité entre la Russie et le Bélarus, a-t-il ajouté. S'il y a une concentration de ressources militaires à la frontière avec le Bélarus, nous devons réagir. Ce sont juste des vols de reconnaissance, rien de plus, c'est une activité normale, a-t-il insisté.

Les migrants sont des gens qui sont venus légalement au Bélarus et qui cherchent à entrer dans des pays européens, notamment l'Allemagne. Ils ne sont pas autorisés à franchir la frontière, sont poursuivis, battus. C'est une honte totale et une violation complète des conventions internationales, a estimé Dmitry Polyanskiy, en jugeant qu'une sortie de crise ne peut passer que par le dialogue.

Le diplomate russe a critiqué l'absence de transparence côté polonais sur la crise, où, à la frontière, a-t-il affirmé, les journalistes et les ONG n'ont pas d'accès, contrairement, selon lui, au côté de la frontière du Bélarus.

Évoquant une inclinaison masochiste, l'ambassadeur russe adjoint a aussi estimé que la demande des Européens d'une saisie du Conseil de sécurité était honteuse.

Une instrumentalisation d'êtres humains

Après la réunion d'urgence qui a duré un peu plus d'une demi-heure, l'Estonie, la France, l'Irlande, les États-Unis, la Norvège et le Royaume-Uni ont publié une déclaration commune condamnant une instrumentalisation orchestrée d'êtres humains par le Bélarus afin de déstabiliser la frontière extérieure de l'Union européenne et les pays voisins.

Interrogé pour savoir si le déploiement de forces militaires russes à la frontière de la Russie avec l'Ukraine voulait dire que Moscou avait l'intention d'envahir ce pays, Dmitry Polyanskiy a assuré que cela n'avait jamais été planifié, jamais été fait, et que cela ne se réalisera jamais. Sauf si nous sommes provoqués bien sûr, par l'Ukraine ou par quelqu'un d'autre, a-t-il toutefois précisé.

N'oubliez pas que les navires de guerre américains en mer Noire agissent de manière très provocatrice, a-t-il dit. Il est de plus en plus difficile chaque jour d'éviter un affrontement direct en mer Noire, a ajouté le diplomate. Nous avons le droit de concentrer des troupes où nous voulons, ce n'est pas un territoire ukrainien, c'est un territoire russe, a-t-il insisté.

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