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Les éleveurs des Prairies pourraient manquer de nourriture et d’eau cet hiver

Des ballots de foin dans un champ de la Saskatchewan lors de la sécheresse de 2021.

Les éleveurs continuent de sentir les effets de la sécheresse et craignent de manquer de nourriture pour leurs bêtes. (archives)

Photo : CBC / Richard Agecoutay

La Presse canadienne

Les producteurs de bétail continuent de sentir l’effet de la sécheresse dans les Prairies, et certains se préparent à affronter le long hiver avec des réserves de nourriture et d’eau presque à sec.

Dans son ranch près d’Anton, dans le sud de l’Alberta, le président de l’Association canadienne des éleveurs, Bob Lowe, se trouve chanceux : la pluie tombée en fin de saison lui a permis de sauver une partie de sa récolte de foin. Mais tous n’ont pas eu la même chance.

Certains producteurs n’ont rien, dit-il. L’eau est une énorme préoccupation. Dans certains endroits, il n'y a plus d’eau de surface. Je n’ai pas entendu parler de puits à sec encore, mais c’est la prochaine étape.

L’été de 2021 restera dans les annales comme l’un des plus secs en Amérique du Nord. Tant dans les Prairies qu’en Colombie-Britannique ou dans l’ouest de l’Ontario, les fermiers ont dû composer avec les éléments et la météo : chaleurs extrêmes, pluies anémiques, fumée et feux de forêt.

Des provinces inquiètes

Selon un rapport du gouvernement de la Saskatchewan, le rendement des récoltes est bien en dessous des moyennes dans cette province où l’humidité du sol continue d’inquiéter. Il faudra beaucoup de pluie et de neige cet automne et cet hiver pour humidifier les sols et remplir les puits.

Dans plusieurs endroits de la Saskatchewan, l’approvisionnement en nourriture sera insuffisant pour nourrir le bétail et la disponibilité de l’eau est aussi une source d'inquiétude, note le rapport.

Au Manitoba, le gouvernement a aussi sonné l’alarme dans un récent rapport, indiquant que les pâturages de la province ont souffert d’une sécheresse qui se prolonge depuis deux ou trois ans. La condition de la plupart des pâturages va de passable à médiocre.

Ici aussi, on compte sur de généreuses chutes de neige cet hiver.

Les prix du fourrage s’envolent, résultat de la rareté, si bien que les éleveurs obligés d’acheter de la nourriture voient leurs coûts doubler ou tripler par rapport à la normale.

Bob Lowe affirme que des producteurs aux prises avec le stress et le poids financier de cette situation commencent à vendre des troupeaux qu’ils ont mis des années à rassembler.

Programme d'entraide et aide fédérale

La Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) a tenté de venir en aide aux éleveurs en mettant sur pied, plus tôt cette année, l’initiative Hay West, grâce à laquelle les surplus de foin de l’est du pays soient envoyés dans les Prairies.

Depuis le mois d'août, le programme a permis de transporter près de 2,5 millions de kilos (5,5 millions de livres) de fourrage des Maritimes, de l’Ontario et du Québec vers les éleveurs de l'ouest du pays. 50 autres millions de livres de foin attendent d’être acheminés par train ou camion.

Le vice-président de la Fédération canadienne de l’agriculture, Keith Currie, dit cependant que son organisme a besoin de financement pour être en mesure de transporter cette nourriture.

Pour le moment, le coût du transport a largement été couvert par des dons privés. Le Canadien National s’est ainsi engagé à couvrir les frais de transport jusqu’à un montant de 250 000 $.

La Fédération canadienne de l’agriculture demande au gouvernement fédéral de faire sa part. Plus on peut obtenir d'aide, mieux ce sera. Notre demande initiale se chiffre dans les millions de dollars, dit Keith Currie.

Le gouvernement fédéral s’est engagé à verser jusqu’à 500 millions de dollars, en août, pour aider les fermiers touchés par la sécheresse. Cette aide leur sera versée par le biais du programme fédéral-provincial Agri-relance.

Une industrie à sauver

Keith Currie indique qu’il faut assurer que l’industrie de l’élevage ne soit pas décimée au point où il faudra des années pour la remettre sur pied.

Selon des experts, 20 % des troupeaux pourraient être vendus au cours de l’automne et de l’hiver, alors que des éleveurs sont forcés de réduire la taille de leur élevage pour éviter la faillite.

Notre priorité continue d’être les animaux de reproduction pour que nous ayons toujours des troupeaux dans les années à venir, explique Keith Currie.

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