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Alphonso Davies de retour là où tout a commencé

La supervedette canadienne Alphonso Davies est à Edmonton pour y disputer deux matchs avec l’équipe nationale de soccer, qui tente d’obtenir une première qualification pour la Coupe du monde depuis 1986.

Alphonso Davies s'entraîne avec l'équipe canadienne de soccer au stade du Commonwealth d'Edmonton.

Alphonso Davies s'entraîne avec l'équipe canadienne de soccer au stade du Commonwealth d'Edmonton.

Photo : The Canadian Press / JASON FRANSON

C’est un début de novembre tout à fait normal à Edmonton. Le ciel est gris, il vente et le mercure oscille autour de zéro. Il n’y a pas encore de neige au sol, mais ça ne saurait tarder. Rien pour empêcher les joueurs de l’académie de soccer de l’école secondaire St. Nicholas de s’entraîner à l’extérieur.

C’est là que nous avons rendez-vous avec Marco Bossio, l’entraîneur-chef et directeur de l’académie de soccer de l’école.

Parce qu’avant d’épater les amateurs de soccer partout dans le monde, c’est sur ce terrain un peu dégarni que le talent d’Alphonso Davies s'est d’abord exprimé.

Dès ses premières touches de balle, Marco Bossio savait qu’il avait affaire à un jeune surdoué.

« Il se démarquait tout de suite, ses capacités athlétiques étaient immenses, il était rapide, fort, il était naturellement doué. »

— Une citation de  Marco Bossio, entraîneur-chef d'Alphonso Davies au secondaire
Marco Bossio en entrevue en bordure de terrain.

Marco Bossio a dirigé Alphonso Davies alors qu'il jouait à l'école secondaire St. Nicholas d'Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Aussi talentueux soit-il, c’est surtout grâce à sa détermination qu’Alphonso Davies a gravi les échelons du soccer pour se rendre au sommet.

S’il est juste de dire que, sportivement, tout a commencé pour lui dans la capitale albertaine, son histoire a débuté avant.

Né dans un camp de réfugiés au Ghana de parents qui ont fui la guerre civile au Liberia, Alphonso Davies arrive au Canada à 5 ans. La famille Davies passe un peu de temps à Windsor, en Ontario, avant de s’établir pour de bon à Edmonton, où le jeune Alphonso s’initie au soccer grâce à un programme pour enfants défavorisés.

Pour ceux qui suivent sa trace à l’école St. Nicholas, le parcours d’Alphonso Davies constitue une grande source d’inspiration.

Pour moi, venir ici et savoir qu'Alphonso a grandi comme un immigrant et [est venu] ici, c’est quand même intense [...] Pour lui, aujourd'hui, d’avoir son poster dans le gym, ça montre beaucoup de dedication [volonté], relate Joseph Albert, 14 ans, des étoiles plein les yeux.

Joseph Albert sur le terrain.

Le jeune joueur Joseph Albert suit les traces d'Alphonso Davies.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Champion d’Europe avec son prestigieux club du Bayern Munich, vedette incontestée de la sélection canadienne, Alphonso Davies demeure toutefois proche de la communauté qui l’a vu grandir.

La dernière fois qu’il est venu [à l’école], il a presque dû mettre de la glace sur ses mains tellement il a signé des autographes! Il n’oublie pas d’où il vient, ça en dit long sur le genre de personne qu’il est, soutient Marco Bossio.

Deux joueurs de soccer du Bayern Munich prennent la pose accroupis avec le trophée remis à l'équipe gagnante de la Ligue des champions de l'UEFA au soccer.

Alphonso Davies et son coéquipier Joshua Zirkzee après leur victoire en finale de la Ligue des champions

Photo : Getty Images

Une ville fière

À Edmonton, c'est toute la communauté sportive qui est heureuse de voir le latéral gauche briller.

Même chez les professionnels du FC Edmonton, équipe de la Canadian Premier League, l’enthousiasme est évident, à quelques jours du premier match du Canada.

Aujourd’hui à la barre de l’équipe de deuxième division nord-américaine, Alan Koch a également dirigé Alphonso Davies lorsque celui-ci faisait ses débuts dans les rangs professionnels, avec l’organisation des Whitecaps de Vancouver.

L’entraîneur sud-africain estime que c’est tout le soccer canadien qui peut être fier du numéro 19.

« Nous travaillons et jouons dans un sport mondial. Avoir une vedette mondiale qui vient d'ici est une marque de reconnaissance pour tous ceux qui ont interagi avec lui, à Edmonton et partout au Canada. »

— Une citation de  Alan Koch, entraîneur du FC Edmonton
Alan Koch, un ballon sous le pied, sur le terrain.

L'entraîneur-chef du FC Edmonton Alan Koch

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Les joueurs qui l’ont côtoyé se réjouissent de le voir revenir chez lui le temps de deux matchs avec le Canada.

C’est le cas du milieu de terrain Shamit Shome, lui-même natif d’Edmonton.

C’est une grande chose que le retour d’Alphonso à Edmonton. Je suis très excité de regarder ce match, je pense que toute la communauté du soccer est très excitée, c’est une chose très spéciale, dit en français l’ancien de l’Impact de Montréal.

Un joueur transformateur

Alphonso Davies vient tout juste d’avoir 21 ans, mais il est considéré comme l'un des meilleurs joueurs sur la planète à sa position. Si, sur le terrain, sa progression ne semble pas encore terminée, ses performances changent déjà la perception du soccer canadien à travers le monde, estime son ancien coéquipier et ex-capitaine de l’équipe canadienne Patrice Bernier.

Alphonso Davies lors d'un match.

Le Canadien Alphonso Davies, la plus grande vedette de l'équipe nationale de soccer masculin

Photo : AP / Kamil Krzaczynski

Là, maintenant, on ne regarde plus les Canadiens de la même façon. [Avant, le Canada,] ça voulait dire dire "pays de hockey". Là, on dit : "Ah! qui peut être le prochain Alphonso Davies?" Il a ouvert une porte, ou il ouvre des portes pour d’autres maintenant, dans les grandes ligues, évoque-t-il en entrevue.

D'après Patrice Bernier, un joueur de sa trempe mériterait d’être encore plus connu chez lui.

Pour moi, il est la star, l’athlète canadien le plus connu au monde. Il faut en parler encore plus! Parce que, pour moi, Alphonso Davies devrait être la figure sportive numéro un au Canada, sans se poser de question, croit son ancien coéquipier.

Nul n’est prophète en son pays, mais jouer deux matchs devant les siens, et peut-être assurer une première qualification au Canada à la Coupe du monde en 35 ans, pourrait bien assurer à Alphonso Davies d’être connu d’un océan à l’autre.

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