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9 mois de prison pour Yves Barrette

Palais de justice de Ville-Marie, au Témiscamingue.

Le palais de justice de Ville-Marie, au Témiscamingue (archives)

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Yves Barrette devra passer neuf mois en prison pour avoir causé la mort, par négligence criminelle, d’un enfant de 10 ans.

L’homme de St-Bruno-de-Guigues a plaidé coupable jeudi matin à des accusations de négligence criminelle ayant causé la mort de son petit-fils. Les événements remontent à juin 2017.

La Couronne et la Défense ont soumis une suggestion commune de neuf mois d'emprisonnement, proposition qui a été acceptée par le juge Christian Leblanc.

Le processus judiciaire a été long pour Yves Barrette et la famille de la victime. Quatre ans et demi après les événements qui ont causé la mort de son petit-fils, l’homme a décidé de plaider coupable à des accusations de négligence criminelle causant la mort.

Les événements remontent au 3 juin 2017, alors que l’enfant a grimpé dans une remorque agricole pour faire tomber l’engrais sous les recommandations de son grand-père. Sans savoir que l’enfant s’était déplacé dans la benne à grains, Yves Barrette a enclenché la vis, ce qui a eu pour effet d’ensevelir l’enfant dans le grain. Il est mort par suffocation.

L’avocat de la défense, Maître Jolicoeur, a admis que son client avait enfreint les obligations de Loi sur la santé et sécurité au travail en laissant une personne dans la benne lors du transvidage. C’est d’ailleurs pour cette raison que Yves Barrette a finalement accepté son plaidoyer de culpabilité.

Une sentence attendue

Jeudi matin, plusieurs personnes se sont déplacées au palais de justice de Ville-Marie pour connaître la sentence de l’accusé. La belle-mère de la victime a livré un témoignage touchant en affirmant qu’il était important pour tous les membres de sa famille de se libérer le cœur et les pensées pour ainsi faire leur deuil. Elle a lu des lettres écrites par les sœurs de la victime. Des lettres qui décrivent la douleur vécue au quotidien par la famille depuis la mort de l’enfant.

Annie Bellehumeur a tenu à dire qu’il y a, selon elle, une différence entre un accident et de la négligence.

Nous désirons que le décès de [l’enfant] serve au moins à prendre les bonnes décisions pour pas qu’un autre enfant parte trop vite et qu’une famille vive l’enfer. Aujourd’hui, nous tournons une page de notre histoire, de l’histoire de [l’enfant], nous devons continuer à vivre sans lui. Même après 4 ans et demi, nous ressentons un grand vide , a-t-elle dit, la voix saccadée. 

« Il n’y a pas de bonne sentence »

À la suggestion des deux parties, le juge Christian Leblanc a ordonné une sentence de neuf mois d’emprisonnement à Yves Barrette, affirmant à plusieurs reprises qu’aucune sentence ne pouvait effacer la peine et la douleur vécues par la famille, mais aussi par l’accusé qui doit vivre avec les remords.

Il n’y a aucune sentence que j’aurais pu rendre qui pourra réparer les torts causés à la famille cette journée-là. Ça met fin à un processus qui a duré plus de 4 ans , a-t-il répété.

Il a ajouté que l’emprisonnement de M. Barrette allait démontrer à tous ceux qui œuvrent dans des métiers risqués que la négligence n’a pas sa place.

Tout n’est pas un accident de travail, si vous êtes négligent, si vous n’êtes pas prudent, vous pouvez faire face à de graves accusations , a-t-il conclu.

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