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Procès de Kyle Rittenhouse pour meurtre : « Je me suis juste défendu »

Vêtu d'un complet, Kyle Rittenhouse, à la barre, sanglote.

Kyle Rittenhouse a sangloté pendant son témoignage.

Photo : Reuters / POOL

Radio-Canada

Le jeune Américain qui a tué deux personnes l'an dernier lors de manifestations antiracistes, à Kenosha, au Wisconsin, a invoqué la légitime défense lorsqu'il a été appelé à la barre, mercredi.

Accusé de meurtre et de tentative de meurtre, l'Américain de 18 ans qui a plaidé non coupable a livré un témoignage émotif par moments au huitième jour d'un procès qui divise le pays.

Vêtu d'un costume-cravate bleu, le jeune adulte aux allures juvéniles s'est efforcé d'apparaître comme un citoyen posé et responsable, poussé à tirer par des émeutiers violents qui le pourchassaient.

Semblant chercher ses mots, il a éclaté en sanglots lorsqu'il a décrit les affrontements, une situation qui a amené le juge Bruce Schroeder à suspendre son témoignage.

Je me suis juste défendu, a affirmé Kyle Rittenhouse lorsqu'il est retourné à la barre, assurant n'avoir rien fait de mal. J'ai fait ce que je devais faire pour arrêter la personne qui m'attaquait, a-t-il martelé.

« Je n'avais pas l'intention de tuer, je voulais juste arrêter les personnes qui m'attaquaient. »

— Une citation de  Kyle Rittenhouse

Le drame est survenu au cours d'une troisième nuit d'émeutes dans la ville de Kenosha, qui s'était embrasée parce que des policiers blancs avaient grièvement blessé un jeune Afro-Américain, Jacob Blake, lors d'une tentative d'interpellation.

Alors âgé de 17 ans, Kyle Rittenhouse était parti de son village d'Antioch, en Illinois, pour se rendre dans les rues de Kenosha équipé d'un fusil semi-automatique AR-15.

Dans des circonstances confuses, le jeune partisan du président de l'époque Donald Trump avait ouvert le feu, atteignant mortellement deux personnes en plus d'en blesser une troisième.

Disant s'être senti pris au piège, il a soutenu devant les jurés que les deux personnes qui sont mortes, Joseph Rosenbaum, 36 ans, et Anthony Huber, 26 ans, l'avaient poursuivi et avaient saisi son arme, l'amenant à ouvrir le feu pour se protéger. Il a dit avoir ensuite tiré sur Gaige Grosskreutz, l'homme de 26 ans qu'il a blessé, lorsque ce dernier s'est précipité en avant en pointant une arme sur lui.

Une arme cool

Trop jeune à l'époque pour acheter un pistolet, Kyle Rittenhouse a expliqué avoir demandé à un ami d'acheter à sa place un AR-15. Il a reconnu ne pas l'avoir acheté pour chasser ou pour se protéger à son domicile.

« Je trouvais qu'[un fusil semi-automatique AR-15] avait l'air cool. »

— Une citation de  Kyle Rittenhouse

Mais pourquoi aviez-vous besoin d'une arme le soir du drame? lui a demandé le procureur Thomas Binger. J'avais besoin d'une arme pour être capable de me protéger au cas où j'aurais été attaqué, a-t-il répondu sans se démonter.

Le plan était de fournir des premiers secours. Je n'étais dans aucun camp, a-t-il soutenu.

Le procureur a pour sa part souligné ses entorses à la loi : Kyle Rittenhouse conduisait sans permis, avait demandé à un ami de lui acheter son fusil parce qu'il était trop jeune pour le faire et, le soir du drame, avait violé le couvre-feu en vigueur à Kenosha.

Thomas Binger l'a accusé à demi-mot d'avoir cherché les ennuis. Pourquoi êtes-vous allé vers une foule que vous saviez hostile?, lui a-t-il notamment demandé, sans obtenir de réponse.

Le juge Schroeder a par ailleurs fustigé le procureur à plusieurs reprises en raison des questions qu'il posait.

Le mot victimes proscrit pendant le procès

Avant le début du procès, le juge Schroeder a interdit aux procureurs de se référer aux trois personnes ayant reçu des balles comme des victimes ou même des victimes alléguées, estimant que le mot était trop chargé.

Les procureurs doivent plutôt, selon la personne dont ils parlent, utiliser les mots témoin plaignant ou défunts.

Kyle Rittenhouse est devenu un symbole pour la droite américaine, qui a résumé les manifestations contre la violence policière de l'an dernier à celles qui ont dégénéré, y voyant l'œuvre des antifas.

Ses nombreux partisans avaient d'ailleurs payé sa caution fixée à 2 millions de dollars.

À l'inverse, il incarne pour la gauche américaine les excès de la culture des armes et du droit à l'autodéfense invoqué à outrance.

Avec les informations de Washington Post, et Agence France-Presse

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