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Que fera le ministre Dubé pour offrir un médecin à chaque Québécois?

Un médecin est assis à son bureau et discute avec une patiente.

Le gouvernement veut que les omnipraticiens prennent en charge plus de patients.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, déposera jeudi un projet de loi portant sur la hausse de l’offre de service des omnipraticiens. Ce texte législatif a pour objectif de faire augmenter le nombre de patients des médecins de famille.

Au cours des derniers jours, aussi bien le ministre de la Santé que le premier ministre, François Legault, ont mené une offensive contre les médecins de famille, insinuant que le gouvernement les obligerait à prendre plus de patients. Des propos qui ont soulevé la colère des omnipraticiens.

Le 26 octobre dernier, le premier ministre Legault avait enfoncé le clou en indiquant qu’il avait en sa possession la liste des médecins qui ne travaillaient pas assez à son goût.

Du côté des médecins de famille, on estime que le gouvernement déforme la réalité.

Ils soutiennent que, dans les conditions actuelles, ils ne peuvent pas prendre plus de patients. Partagés entre leurs consultations dans les cliniques et leur travail à l’hôpital, les omnipraticiens affirment que, si le gouvernement leur impose plus de patients, ils devront probablement faire des choix.

Le Dr Sébastien Marin, médecin de famille dans la région de Valleyfield, affirme que les omnipraticiens n’ont pas la capacité de prendre en charge plus de patients.

Tout le monde est exaspéré de la situation. Honnêtement, je ne connais aucun médecin qui se la coule douce actuellement et qui a du temps pour prendre plus de tâches. Tout le monde est très fatigué, a-t-il souligné sur les ondes de RDI mercredi.

« Même si on est forcé de prendre plus de 1000 patients, je ne pourrai pas, et il faudra que je fasse des choix dans mes activités. Actuellement, j’en ai 800 et j’en ai déjà trop. J’ai de la misère à suivre mes patients. Je n’ai pas d’autre choix que de mener mes activités hospitalières, sinon il va y avoir des bris de service. Je suis pris entre l’arbre et l’écorce. »

— Une citation de  Le Dr Sébastien Marin

Si on me demande d'en prendre plus, je vais probablement choisir l’hôpital, a-t-il indiqué.

Une main tendue

Mercredi, le ministre Dubé a qualifié son projet de loi de main tendue. Cependant, les omnipraticiens se disent inquiets des intentions du gouvernement, d’autant plus qu’ils n’ont pas été consultés, soulignent-ils.

Dans les faits, les négociations entre Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) pour le renouvellement de l'entente qui arrive à échéance en 2023 n’avancent pas.

Une des pistes évoquées par le gouvernement serait en partie une rémunération à l’acte.

Du côté des omnipraticiens, on entrevoit d’autres pistes pour trouver une issue à ce problème chronique.

Il faut une refonte complète du système. Actuellement, nous avons 1,5 infirmière pour 10 médecins. Ça ne me décharge pratiquement pas. Ça me prendrait plus de temps infirmière et je pourrais alors voir plus de patients, a estimé le Dr Marin.

Il a également évoqué le fait que les omnipraticiens exercent dans les hôpitaux beaucoup plus que dans le reste du Canada, où les spécialistes prennent une charge plus élevée.

Le Dr Sébastien Martin est catégorique : Si le projet de loi se limite à dire que les médecins de famille doivent prendre 1000 patients, sinon on sort le bâton, ça ne va rien donner. Certains vont quitter les cliniques, les plus vieux prendront leur retraite. Ceux qui font peu de [travail de] clinique vont arrêter d’en faire.

En revanche, si le gouvernement s’engage à financer les GMF de façon adéquate avec plus d’infirmières, plus de travailleurs sociaux et de psychologues, ce qui permettrait aux médecins de famille de déléguer plus [de tâches], ça pourrait fonctionner, avance-t-il.

Au Québec, 800 000 personnes sont inscrites au Guichet d'accès à un médecin de famille, soit deux fois plus qu’à l’arrivée de la CAQ au pouvoir. La promesse du gouvernement à l’époque était de donner un médecin de famille à chaque Québécois qui le souhaite.

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