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Les Québécois abusent moins souvent de l’alcool

Une bouteille et un verre de whisky avec des glaçons.

Les Québécois consomment en moyenne 4,5 verres d'alcool par semaine. (Archives)

Photo : iStock

La consommation excessive d'alcool a diminué au Québec au cours des cinq dernières années. Malgré les mesures de confinement et le stress lié à la pandémie de COVID-19, les Québécois ont été moins nombreux en 2021 à dépasser les limites de consommation d’alcool à faible risque qu’ils ne l’avaient été en 2017.

C’est l’un des principaux éléments qui ressortent de la 5e enquête menée par CROP pour Éduc’alcool sur la relation des Québécois avec l’alcool (2021) et dont les résultats ont été dévoilés jeudi.

Les niveaux de consommation recommandés varient en fonction du sexe. Afin d’éviter l’intoxication et les complications qui l’accompagnent, Éduc’alcool précise que les femmes ne devraient pas prendre plus de trois verres en une même occasion. Chez les hommes, la limite est de quatre verres.

Un homme avec un chapeau de fête est endormi sur le plancher après une fête bien arrosée.

L'enquête de CROP révèle une diminution des abus d'alcool chez les consommateurs québécois. (Archives)

Photo : iStock

L’enquête réalisée par CROP révèle que les limites de consommation recommandées ont été davantage respectées en 2021 comparativement à 2017, et ce, chez les femmes comme chez les hommes.

La proportion de femmes ayant dépassé au moins une fois la limite de trois consommations d’alcool en une même occasion au cours des 12 derniers mois est passée de 53 % en 2017 à 46 % en 2021.

On observe une baisse similaire du côté des hommes. En 2017, 64 % des consommateurs de sexe masculin avaient dépassé au moins une fois la limite de quatre consommations en une même occasion dans la dernière année. Dans l’enquête 2021, cette proportion a chuté à 56 %.

Méthodologie :

Les résultats du sondage reposent sur 1500 entrevues réalisées en ligne entre le 10 et le 28 septembre 2021. Lors de leur compilation, les résultats ont été pondérés sur la base des estimations démographiques afin de refléter la distribution de la population du Québec selon le sexe, l'âge, la région de résidence et la langue maternelle des répondants.

Source : CROP

Pour le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, la diminution des épisodes de consommation excessive est un très bon signe.

Il y a de bonnes nouvelles dans ce sondage et la première est indiscutablement le fait que les Québécois respectent beaucoup plus qu'il y a cinq ans les limites de consommation d'alcool recommandées, souligne-t-il en entrevue à Radio-Canada.

Hubert Sacy en entrevue dans les studios de Radio-Canada.

Le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, affirme que « la modération demeure une valeur extrêmement importante pour les Québécois ». (Archives)

Photo : Radio-Canada

Cela ne signifie pas pour autant que les Québécois boivent moins d’alcool. Si leur fréquence de consommation de boissons alcoolisées a légèrement diminué, passant de 1,7 fois par semaine en 2017 à 1,6 fois en 2021, le nombre de verres qu’ils prennent en moyenne chaque semaine, lui, a augmenté, passant de 4,4 à 4,5.

Boire modérément

Hubert Sacy précise à ce propos que l’augmentation ou la diminution de la quantité d’alcool n’est pas le principal critère à prendre en compte lorsque vient le temps d’évaluer les habitudes de consommation des Québécois.

Quelqu'un qui boit deux verres par semaine, quand bien même doublerait-il sa consommation à quatre verres, on est totalement à l'intérieur des limites recommandées, alors que quelqu'un qui en buvait 40, même s'il a coupé sa consommation de 25 % [pour] tomber à 30, eh bien, il reste bien au-delà des limites, fait remarquer le directeur général d’Éduc’alcool.

Autrement dit, pour citer le célèbre slogan de l’organisme, la modération a bien meilleur goût.

« Il est préférable de boire de petites quantités d'alcool plus ou moins régulièrement que de boire comme un trou une fois par semaine ou pour fêter un événement au cours duquel on s'intoxique. »

— Une citation de  Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool

L’enquête menée par CROP pour Éduc’alcool a évidemment été menée dans le contexte très particulier de la crise sanitaire, souligne la maison de sondage.

Impacts variables

Elle note que des Québécois ont dit avoir augmenté leur consommation d’alcool, que ce soit en raison de l’ennui ou pour réduire le stress relié à la COVID-19, tandis que d’autres ont plutôt affirmé l’avoir diminuée par manque d’interactions sociales.

La pandémie a affecté les Québécois dans leur relation avec l’alcool, même si on ne peut prévoir si son effet se prolongera dans le temps, indique CROP.

Parmi les autres faits saillants du sondage, on apprend que les Québécois sont aujourd’hui plus conscients des risques et des conséquences sur le fœtus de la consommation d’alcool durant la grossesse.

En 2017, 75 % des participants au sondage jugeaient inacceptable qu’une femme enceinte consomme de l’alcool, à l’occasion, pendant sa grossesse. Cette année, ce taux est passé à 82 %.

Une femme enceinte, un verre de vin rouge à la main.

Les Québécois sont de plus en plus nombreux à réprouver la consommation d'alcool durant la grossesse. (Archives)

Photo : iStock

L’enquête révèle en outre que les Québécois sont plus nombreux qu’ils ne l’étaient à savoir qu’on retrouve la même quantité d’alcool dans verre de bière (12 oz), un verre de vin (5 oz) et un verre de spiritueux (1 ½ oz).

Crédibilité renforcée

Le sondage met également en lumière la notoriété croissante d’Éduc’alcool en tant qu’organisme de référence en matière de consommation d’alcool. Son taux de crédibilité, soit le pourcentage de répondants qui jugent qu’Éduc’alcool est très crédible ou assez crédible, est demeuré à 95 %.

Cette crédibilité a cependant augmenté en force, puisque que 55 % des participants au sondage de 2021 jugent Éduc’alcool très crédible, comparativement à 46 % en 2017.

Honnêtement, on peut difficilement demander mieux, mais avoir une telle crédibilité en soi, ça ne veut rien dire, tempère Hubert Sacy. L'important, c'est de s'en servir pour aider à responsabiliser les Québécois face à leur consommation d'alcool et à promouvoir auprès d'eux l'idée que la modération a toujours bien meilleur goût.

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