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Parler publiquement des problèmes de dépendance peut être bénéfique, selon des intervenants

Le gardien est en uniforme, sans son masque.

Carey Price a admis mardi sur ses réseaux sociaux avoir passé les 30 derniers jours à se faire traiter pour un abus de substances, sans préciser lesquelles.

Photo : USA TODAY USPW

Après la sortie publique du joueur de hockey Carey Price concernant ses problèmes de consommation, plusieurs intervenants pensent que cette annonce encouragera d’autres personnes aux prises avec de tels problèmes à aller chercher de l’aide.

Les intervenants estiment que des annonces comme celle de Carey Price peuvent contribuer à briser les tabous entourant la dépendance et les problèmes de santé mentale, comme l’indique Benoît Lallemand, travailleur de rue à Rouyn-Noranda.

De pouvoir en parler publiquement comme ça, ça va peut-être amener plus de gens à s'ouvrir face à ça et de moins garder ça pour eux, parce que c'est là que ça devient dangereux un peu, c'est quand la dépendance tu as honte d'en parler et que tu gardes ça pour toi, souligne-t-il.

Par contre, la hausse de demandes d'aide après de telles sorties publiques n'est pas nécessairement instantanée, selon Hélène Hamel, directrice des services téléphoniques en dépendance pour le Québec pour l’organisme Drogue aide et référence.

L'effet peut se faire sentir dans quelques semaines, dans quelques mois. C'est très dilué parmi les appels que l'on reçoit. Donc c’est vraiment difficile à quantifier comme effet. Toutefois, chaque fois qu'une personnalité publique parle de santé mentale, de dépendance, on peut penser que c'est positif, rappelle-t-elle.

Le chef de service en santé mentale et dépendance et répondant régional en dépendance pour le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, Daniel Boisvert, abonde dans le même sens.

Habituellement, ce n’est pas immédiat, ce n’est pas dans les jours qui suivent, dit-il. Parfois, c'est le petit plus qui pourrait faire que les gens vont demander de l’aide. Dans les prochaines semaines, on attend des gens qui vont venir nous voir en disant "Ça m’a inspiré".

« Je crois que ce sont de bonnes choses quand les personnalités font des sorties publiques et sont transparentes face à ça parce que ça montre un peu l’exemple que tout le monde peut avoir des problèmes de consommation, tout le monde a des dépendances. »

— Une citation de  Benoît Lallemand, travailleur de rue à Rouyn-Noranda pour Arrimage Jeunesse

L’Abitibi-Témiscamingue compte de nombreuses ressources pour les personnes vivant des problèmes de dépendance.

Daniel Boisvert rappelle que dans toutes les villes de la région, la population peut bénéficier de services d’aide dans les points de service des CLSC, où les usagers seront accueillis par des intervenants professionnels qui vont évaluer le niveau de leurs besoins et établir un plan d’intervention personnalisé.

L’offre est encore totale partout sur tous les territoires. Il n’y a jamais eu de ruptures. On est prêt à accueillir les gens. Il y a très peu d’attente aussi. C’est disponible, il ne faut pas que les gens hésitent, assure-t-il.

De plus, des programmes de prévention sont mis en place à la grandeur du territoire, avec la collaboration de groupes communautaires ainsi que la Sûreté du Québec.

Où trouver de l’aide

  • Ligne d’appel 24/7 pour tout le Québec, de l’organisme Drogue aide et référence : 1-800-265-2626
  • Les Carrefours Jeunesse Emploi de chaque MRC
  • Jeu, aide et référence : 1-800-461-0140 / 1-866-SOS-JEUX
  • Tel-Jeunes : 1-800-263-2266
  • Alcoolique anonymes : 819-797-1016

La directrice générale du Carrefour Jeunesse Emploi du Témiscamingue, Hélène Nickner, nuance que même si l’offre de services est présente, il demeure important de soutenir les personnes avec des problèmes de dépendance tout au long de leur démarche.

Si les gens sont confrontés par exemple à une liste d’attente ou à un certain délai avant de pouvoir accéder au traitement ou à un suivi plus serré, c’est sûr qu’il faut mettre des choses en place pour bien accompagner cette personne-là. Quand le momentum se présente, c’est là qu’il faut agir. Des fois, le délai fait en sorte de retarder le processus et là les gens peuvent changer d’idée, reculer et ne plus avoir envie de le faire, conclut-elle.

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