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Train léger : les élus d’Ottawa refusent une enquête judiciaire, la province s’inquiète

Au loin, un train qui a déraillé, une voiture de police et un périmètre de sécurité.

Le service est interrompu depuis le 19 septembre dernier, à la suite d’un déraillement près de la gare Tremblay (Archives).

Photo : Radio-Canada / Catherine Morasse

Radio-Canada

Une majorité d'élus d'Ottawa a rejeté la demande d'enquête publique judiciaire de deux élues, mercredi, alors que le service reprendra partiellement vendredi après plus d’un mois et demi d’interruption. La province surveille la situation de près.

Voilà des semaines que l'idée d'une enquête publique indépendante pour comprendre les problèmes récurrents du train léger fait son chemin.

En octobre, cette proposition a déjà été rejetée par une majorité d'élus qui préféraient alors demander à la vérificatrice générale, Nathalie Gougeon, d’étudier la question. Celle-ci a laissé entendre son intention de s’attaquer à cette tâche dans les prochains mois. Pour l’heure, rien n’est toutefois confirmé.

Raison pour laquelle les élues Catherine McKenney et Diane Deans sont revenues à la charge avec l’idée d’une enquête publique afin de permettre à des juristes de faire la lumière sur toute cette saga.

Catherine McKenney dans son bureau de l'hôtel de ville d'Ottawa.

Catherine McKenney représente le quartier Somerset à Ottawa (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Mais le maire d’Ottawa, Jim Watson et 12 autres représentants municipaux s'y sont opposés, estimant qu'il n’y a aucun signe d'acte répréhensible ou de malversation pour justifier une telle demande.

Fondamentalement, nous n'avons rien vu d'autre qu'une intuition à ce sujet, pour un appel à un contrôle judiciaire, a déclaré le conseiller Eli El-Chantiry. Aujourd'hui, nous n'avons entendu aucune nouvelle information que nous n'avions jamais entendue auparavant.

Dix conseillers ont appuyé la motion de Catherine McKenney,

L'ombre d'un doute

La possibilité de voir la vérificatrice générale étudier la question ne satisfait pas pleinement Catherine McKenney, pas plus que Laura Shantz, membre du Groupe des usagers du transport en commun d'Ottawa, pour qui une enquête publique est nécessaire pour rebâtir la confiance des usagers.

Ce n’est pas que la vérificatrice générale n’a pas les besoins des usagers à cœur, mais elle est incapable de faire une enquête avec le même niveau de détails et de demander les réponses qu’il nous faut, estime Mme Shantz. Il y a beaucoup de doutes sur les motifs des conseillers [...] beaucoup de gens pensent qu’il y a des choses cachées [...] donc ce serait pour rassurer le public que toutes les choses ont été faites de manière légale et appropriée et que toutes les lois ont été respectées durant le processus.

« Beaucoup d’usagers pensent qu’on a reçu un citron. Ils veulent savoir pourquoi et qui a signé pour ça. [...] Ils veulent savoir pourquoi il y a toujours des problèmes. »

— Une citation de  Laura Shantz, membre du Groupe des usagers du transport en commun d'Ottawa

Un courriel d'un consultant pour l'élaboration du projet de train léger adressé à l'ancien maire d'Ottawa et ministre provincial des infrastructures, Bob Chiarelli, qui l’a transmis récemment à CBC, a semé le doute chez certains conseillers.

Dans la missive, il était reproché à M. Chiarelli son soutien pour une enquête publique sur le train léger qui pourrait nuire à un de ses loyaux amis.

De quoi convaincre la conseillère Carol Anne Meehan de voter en faveur de la motion de Catherine McKenney, mercredi.

Je viens de l'école où quand il y a de la fumée, il y a du feu, a déclaré Mme Meehan.

Depuis le début de ces débats, le maire d’Ottawa, Jim Watson, s’oppose à la tenue d’une enquête publique judiciaire au motif qu’elle ne réglerait pas les problèmes du train léger et servirait uniquement à enrichir des avocats.

Un argument qui ne convainc pas le groupe Horizon Ottawa qui dénonce la décision du conseil municipal.

On n’est pas surpris [...] mais je pense [...] que cette décision devrait encore amener tous les résidents à se demander ce que notre maire et sa gang à l’hôtel de ville ont à cacher. [...] On pourrait avoir beaucoup plus d’informations avec une enquête judiciaire, juge Sam Hersh, membre du conseil d'administration du groupe.

Un homme accorde une entrevue à la caméra , à l'extérieur.

Sam Hersh, représentant du groupe Horizon Ottawa (Archives)

Photo : Radio-Canada

Une enquête de la vérificatrice générale ne sera pas suffisante, poursuit-il.

Je pense qu’elle peut mettre des choses en lumière, mais ce sera très limité. Il n’y aura pas de séances en public, seul le rapport le sera une fois que c’est fini. Ce ne sera pas aussi transparent qu’une enquête judiciaire.

La province surveille Ottawa

Pour la conseillère Diane Deans, qui a secondé la motion présentée mercredi, la Ville a besoin de savoir ce qui s’est réellement passé.

L'histoire est loin d'être terminée, car la province s'en inquiète.

Avec le récent rejet par le conseil municipal d'Ottawa d'une enquête judiciaire sur les problèmes qui affligent la phase 1 du train léger, nous sommes de plus en plus préoccupés par la capacité de la Ville à mener à bien les futures phases des travaux, indique le ministère des Transports, dans un courriel transmis à CBC mercredi en fin de journée. Compte tenu de la taille et de la portée de l'étape 2, nous devons être pleinement convaincus que la Ville sera en mesure d'exécuter avec succès. Par conséquent, nous examinons des options qui augmenteront la surveillance du projet par la province [...]. Cela peut comprendre une enquête judiciaire, un examen par le vérificateur général de l'Ontario et d'autres mesures pouvant nécessiter une loi provinciale. Toutes les options sont sur la table.

Reprise partielle du service vendredi

Point positif pour les usagers, le service reprendra bel et bien sur la Ligne de la Confédération.

Interrompu depuis le 19 septembre dernier, à la suite d’un déraillement près de la gare Tremblay, il sera rétabli partiellement vendredi, a confirmé la Ville d’Ottawa, après d’ultimes tests concluants.

Si tout se passe bien, le train léger pourra reprendre complètement du service d’ici la fin du mois de novembre.

Avec les informations d'Antoine Trépanier et de Kate Porter et Joanne Chianello, CBC

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