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Assaut du Capitole : 41 mois de prison pour un émeutier qui a agressé un policier

Des partisans de Donald Trump, dont certains portent des drapeaux américains ou pro-Trump, grimpent dans le Capitole à travers une fenêtre qu'ils ont brisée.

Des partisans de Donald Trump, lors de l'assaut du Capitole du 6 janvier

Photo : Reuters / Leah Millis

Un homme qui avait frappé un policier à l'extérieur du Capitole lors de l'assaut du 6 janvier dernier a été condamné, mercredi, à purger 41 mois de prison, la peine la plus sévère imposée jusqu'ici à un émeutier.

En août dernier, Scott Fairlamb, un homme du New Jersey âgé de 44 ans, a reconnu sa culpabilité quant aux chefs d'agression d'un policier et d'entrave à une procédure officielle du Congrès dans la foulée d'une entente avec les procureurs.

Il avait initialement plaidé non coupable aux 12 chefs d'accusation qui avaient d'abord été déposés contre lui en lien avec sa participation à l'assaut du Capitole.

Selon le Washington Post, les séquences vidéo présentées en cour par les procureurs le montraient notamment en train de crier son soutien à l'assaut avec des propos vulgaires, de grimper sur l'échafaudage de l'investiture à l'extérieur, d'injurier un policier, de le pousser dans un groupe de personnes et de frapper sa protection faciale, d'entrer brièvement au Capitole armé d'une matraque, puis d'en sortir.

D'après les documents de cour, les vidéos proviennent de la caméra d'intervention du policier agressé, mais aussi de citoyens préoccupés, qui ont notamment envoyé des images publiées par Scott Fairlamb sur Facebook.

Le juge fédéral Royce Lamberth, qui avait été nommé par l'ex-président républicain Ronald Reagan, a qualifié ses actes d'affront à la société et à la loi. Il lui a dit avoir bien fait de plaider coupable plutôt que de prendre le risque de subir un procès devant un jury qui aurait visionné les nombreuses vidéos de ses actions.

Le magistrat s'est davantage rangé derrière la recommandation des procureurs, qui réclamaient une peine de 44 mois.

Je n'ai que des remords

Il est tout simplement essentiel que la sentence de la cour fasse comprendre aux futurs émeutiers qu'il y aura des conséquences très, très sérieuses pour ceux qui ont l'intention de faire obstacle à l'état de droit et à la démocratie, en particulier par des agressions contre les forces de l'ordre, ont argué les procureurs, ajoutant que Scott Fairlamb avait contribué au chaos et à la peur de cette journée.

La défense proposait plutôt 11 mois, soit l'équivalent du temps déjà passé en prison depuis son arrestation, en janvier dernier. La peine retenue correspond cependant au seuil minimal des lignes directrices fédérales, qui prévoient jusqu'à 51 mois pour ce genre de crime.

J'assume l'entière responsabilité de ce que j'ai fait, a déclaré Scott Fairlamb au juge, affirmant que ses gestes du 6 janvier n'étaient pas conformes à ce qu'il est. Je regrette vraiment mes actions de ce jour-là. Je n'ai que des remords, a-t-il soutenu.

Dans les jours suivant les événements, il avait pourtant publié en ligne des vidéos dans lesquelles il ne semblait pas se repentir, disant par exemple : Je le referais.

Le Washington Post décrit Scott Fairlamb comme un propriétaire de gym qui a pratiqué des arts martiaux mixtes et a été condamné à deux reprises pour agression.

C'est le troisième émeutier à être condamné pour des actes délictueux graves. Les deux autres, qui n'étaient pas accusés de violence contre la police, se sont pour leur part vu imposer des peines d'emprisonnement de 8 et 14 mois.

51 mois requis pour le QAnon Shaman

Un homme barbu et un homme vêtu d'un costume viking parlent à un policier.

Jacob Chansley, qu'on voit ici au Congrès le 6 janvier, a été décrit comme un consommateur de drogue qui a des problèmes de santé mentale et croit être un extraterrestre.

Photo : Getty Images / Win McNamee

Dans une autre cause liée à l'assaut du Capitole examinée par le même juge, les procureurs ont par ailleurs réclamé, mercredi, une peine d'emprisonnement de 51 mois pour Jacob Chansley, l’un des assaillants emblématiques du Capitole.

Connu sous le surnom de QAnon Shaman, l'homme aux multiples tatouages qui portait une coiffe à cornes de bison lorsqu'il a fait irruption au Congrès a plaidé coupable, en septembre dernier, d’intrusion illégale et de conduite violente.

Les procureurs font notamment valoir qu'il a attisé l'ardeur d'autres émeutiers autour de lui, proféré des insanités et des menaces et laissé un mot de menaces à l'adresse du vice-président de l'époque, Mike Pence.

Invoquant ses remords sincères, ses problèmes psychologiques et les 317 jours déjà passés en détention, ses avocats ont de leur côté demandé une peine beaucoup plus légère en appelant à la compassion du tribunal.

Avant sa reconnaissance de culpabilité, en septembre dernier, Jacob Chansley encourait 20 ans de prison.

Depuis l'imposition de la première peine, en juin, plusieurs commentateurs ont déploré la clémence de la justice américaine. La première femme condamnée, qui n'avait pas posé de geste violent, s'en est par exemple tirée avec trois ans de probation et des travaux communautaires, alors que d'autres ont écopé de 45 jours de prison.

Sur les 126 plaidoyers de culpabilité enregistrés jusqu'ici, 16 concernent des actes délictueux graves.

Environ 530 autres personnes font face à plus de 2500 accusations. Une trentaine d'entre elles sont accusées de conspiration criminelle.

Une analyse des documents judiciaires publiée lundi par le Washington Post montre que la grande majorité des personnes inculpées en lien avec l'assaut du Capitole – soit 573 personnes sur quelque 650 – ne faisaient pas partie de groupes d'extrême droite ou n'ont pas participé à une conspiration pour attaquer le siège du Congrès.

Avec les informations de Washington Post, et Agence France-Presse

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